Martine Ouellet couronnée chef

Martine Ouellet a été désignée chef du Bloc québécois à la suite du désistement du seul autre candidat pressenti, Félix Pinel, qui n’a pu réunir les 1000 signatures nécessaires à sa mise en candidature.
Photo: Jacques Boissinot la Presse canadienne Martine Ouellet a été désignée chef du Bloc québécois à la suite du désistement du seul autre candidat pressenti, Félix Pinel, qui n’a pu réunir les 1000 signatures nécessaires à sa mise en candidature.

Le Bloc québécois n’aura donc pas de course à la chefferie cette fois-ci. L’unique rival de Martine Ouellet s’étant désisté, la voie lui a été laissée libre pour devenir de facto chef du parti souverainiste, en promettant un nouveau rôle pour le Bloc, en plus de la défense traditionnelle des intérêts du Québec : la promotion active de la souveraineté. Les éminences grises du mouvement souverainiste, Bernard Landry et Gilles Duceppe, la somment de ne pas oublier de défendre aussi les intérêts internationaux et canadiens au nom du Québec.

« J’en suis venue à la conclusion que la meilleure place pour préparer l’indépendance est à Ottawa, parce que tous les pouvoirs qu’il nous manque pour être un nouveau pays à l’ONU sont à Ottawa », a fait valoir Martine Ouellet, en confirmant qu’elle était l’unique candidate et donc nommée chef du Bloc québécois en fin de journée.

Favorite des partisans de l’ancien chef Mario Beaulieu, Martine Ouellet reprend d’ailleurs le plan de match de son prédécesseur en souhaitant faire du Bloc un véhicule pour préparer l’indépendance sur le terrain. « C’est certain qu’il va y avoir un peu une évolution dans le rôle du Bloc québécois, a-t-elle confirmé. Un rôle de défendre les intérêts du Québec très clairement et les consensus au Québec, on va continuer ce rôle-là. Mais aussi un rôle de préparer l’indépendance du Québec. »

L’ancien premier ministre Bernard Landry salue cet objectif. « C’est ce dont le Bloc a besoin […] d’un message clair, précis pour mobiliser tous les indépendantistes, a-t-il indiqué au Devoir. On voit bien qu’elle est déterminée carrément et solidement à faire l’indépendance du Québec. Et c’est une qualité. »

C'est certain qu'il va y avoir un peu une évolution dans le rôle du Bloc québécois

 

M. Landry, comme l’ancien chef du Bloc Gilles Duceppe, estime cependant que le parti souverainiste à Ottawa ne doit surtout pas cesser de défendre aussi les intérêts du Québec à l’international. « On ne peut pas le traiter comme une simple province. […] Même quand il n’est pas indépendant, le Québec est une nation. Et il doit jouer le rôle qu’il peut avec son statut, dans le concert des nations », a insisté M. Landry.

Un discours repris par Gilles Duceppe, qui rappelle que le Bloc en avait débattu avant de trancher qu’il « faut se prononcer sur tout, parce qu’on paie sur tout. Quand on paie, on a notre mot à dire. Or, si on ne touche pas à ces questions-là, on fait erreur ». Des questions comme les positions internationales du Canada, les missions de la Défense nationale ou des politiques fédérales dans l’Ouest canadien.

Bien qu’elle ait adopté le même discours que Mario Beaulieu avant elle et qu’elle ait pour l’instant pris position sur des enjeux ayant une résonance principalement québécoise — Énergie Est, la vente de sièges sociaux comme celui de Rona, la protection de la gestion de l’offre dans la renégociation de l’ALENA —, Martine Ouellet assure qu’elle discutera aussi de dossiers plus canadiens ou internationaux.

« C’est clair que ce sont des dossiers [les affaires étrangères, la défense] que nous regarderons et sur lesquels j’aurai l’occasion de me positionner avec mes collègues députés du Bloc québécois. » La semaine dernière, Mme Ouellet n’a pas pris position en point de presse sur la politique de boycottage, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël pour dénoncer les colonies juives et sur laquelle les députés bloquistes s’étaient prononcés.

Coopération avec Lisée

La course à la direction du Parti québécois étant elle aussi derrière elle, Martine Ouellet souhaite un rapprochement du Bloc et du PQ. Elle propose la tenue de caucus conjoints à l’occasion.

Quant à son choix de rester députée à Qubéec tout en étant chef du Bloc au fédéral, Mme Ouellet maintient que les rôles sont tout à fait conciliables. Gilles Duceppe, de son côté, estime toujours qu’ils sont « incompatibles ». Quant à M. Landry, il « n’y [voit] pas de problème particulier ».

Critiques, mais ralliement

Félix Pinel, candidat du Bloc dans Rivière-des-Mille-Îles en 2015, a tenté jusqu’à mardi — date limite pour les mises en candidature — d’obtenir les 1000 signatures requises, dans 25 circonscriptions, pour se porter candidat. Mais en vain. Dénonçant « l’étapisme » du PQ et du Bloc, M. Pinel a reproché aux bloquistes d’avoir amputé d’un mois la période pour recruter de nouveaux membres qui appuieraient sa candidature. Concluant que « certains pourront ainsi procéder au couronnement qu’ils espéraient tant », M. Pinel se rallie néanmoins à Mme Ouellet, qui, se réjouit-il, est « résolument nationaliste et indépendantiste convaincue ».

Le Bloc avait prévu un débat de ses aspirants chefs samedi. Ce sera plutôt un événement pour confirmer la nomination de Martine Ouellet à la tête du parti.

14 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 15 mars 2017 01 h 23

    la politique, quel monde, décevant

    elle est une femme aux capacités extraordinaires dommage que les gens du PQ ne s'en sont pas rendus compte, elle va au moins occupée un poste ou elle aura une tribune ou des gens vont l'écouter

    • Gaetane Derome - Abonnée 15 mars 2017 16 h 52

      Je pense qu'ils le savent..Mme Ouellet a des capacités qu'il ne faut jamais sous-estimer.Elle ne lâchera pas le projet souverainiste,c'est une femme intelligente et une battante.Je lui fais confiance tant qu'a moi..

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 mars 2017 04 h 46

    Bref !

    « La semaine dernière, Mme Ouellet n’a pas pris position en point de presse sur la politique de boycottage, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël pour dénoncer les colonies juives et sur laquelle les députés bloquistes s’étaient prononcés. » (Marie Vastel, Le Devoir)

    De cette citation, double question :

    Que vient faire la politique du BDS sur ou contre Israël pendant le couronnement de Mme Ouellet à la tête du BQ ?

    Le jour où le Québec parviendra à l’indépendance, va-t-on le « boycotter » en faveur des communautés autochtones ?

    Bref ! - 15 mars 2017 -

    • Eid Harb - Inscrit 15 mars 2017 12 h 47

      Si dans un Québec indépendant, l'État québécois met en pratique des politiques ségrégationnistes, d'expropriations et de confiscation de terres autochtones, bref établit un régime apartheid, on espère bien que la communauté civile internationale exercera un boycott à son endroit!

    • Patrick Boulanger - Abonné 15 mars 2017 13 h 39

      « Le jour où le Québec parviendra à l’indépendance, va-t-on le « boycotter » en faveur des communautés autochtones ? »?

      M. Blais, si dans un Québec indépendant, les Québécois ne respectent pas les autochtones, j'espère vraiment que l'on va être boycotté!

      Sincèrement,

      Patrick Boulanger

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 16 mars 2017 07 h 35

      « … les Québécois ne respectent pas les autochtones, j'espère vraiment que l'on va être boycotté! » (Patrick Boulanger)

      Possible !

      Mais, de son indépendance éventuelle, le Québec, n’ayant aucun antécédent de droits territoriaux, contrairement à ceux des Communautés autochtones, pourrait être « boycotté » si jamais celles-ci décidaient de revendiquer simplement leurs terres ancestrales devant l’ONU qui, d’histoire-mémoire, leur appartiennent de droits !

      In contrario, Israël, possédant de tels droits avant même de ceux présumés des « palestiniens », a raison d’habiter ses terres et, par conséquent, de lutter contre les politiques BDS à son endroit ; des politiques qui insultent ou méprisent son histoire-mémoire, ses politiques intérieures légitimes et non apartheid ainsi que sa démocratie actuelle !

      Si, de ce qui précède, les antécédents de droits territoriaux présumés (ceux des autochtones et d’Israël), se ressemblant de légitimité, les autorités politiques, notamment celles du BQ, favorables à tout mouvement de type BDS sur et contre Israël, seront-elles en mesure d’inviter le peuple québécois et les nations à boycotter Québec ?

      Entre-temps … ?!? … - 16 mars 2017 -

    • Eid Harb - Inscrit 16 mars 2017 10 h 38

      Vous êtes pas mal dans les patates M. Blais. Vous vous référez à quelle histoire-mémoire de l'État d'Israël au juste? Le récit mythique nationaliste des sionistes? Celui de la bible? Il me semble que vous avez bel et bien gobé la propagande du hasbara! Les historiens israéliens eux-mêmes vous dirons qu'il n'existe pas une histoire juive commune et monolithique, comme si les juifs étaient un peuple ethniquement et culturellement homogène. Il n'en est rien. Il existe bien des peuples juifs (au pluriel). Ces mêmes historiens vous dirons qu'il n'a jamais eu d'exile massive au début du 1e siècle. Les hébreux du temps de l'occupation romaine fussent les palestiniens d'aujourd'hui, largement arabisés et convertis à l'Islam et au Christianisme. Or, il y a une mutation culturelle et non pas génétique. L'idée selon laquelle l'unique peuple juif retourne à la terre de ses ancêtres, "une terrre sans peuple, pour un peuple sans terre", est aussi une pure fabrication du mouvement sioniste et qui a déjà été déboulonner à maintes reprises par les historiens et archéologues israéliens (Illan Pappé, Shlomo Sand, Avi Shlaim, Theodor Katz, Benny Morris, etc.) Il y a maintenant un consensus général parmi les académiciens israéliens soutenant cette thèse. L'écrasante majorité des israéliens sont de décendances européennes, des populations caucases qui se sont convertis au judaïsme au tournant du 7e siècle, notamment en Europe de l'Est.

      Alors désolé, mais Israël n'a aucun droit de confisquer des terres et de démolir des maisons qui ne lui appartiennent pas, ni de déplacer une population étragères afin d'occuper ces terres, une pratique qui contrevient à la 4er convention de genève, ainsi qu'à de nombreuses résolutions onusiennes (242, 194, etc.) Lisez le récent rapport de l'ONU qui conclut qu'effectivement Israël a établi un régime d'apartheid:

      https://www.unescwa.org/publications/israeli-practices-palestinian-people-apartheid-occupation

      Bonne lecture et bon désendoctrinement

    • Eid Harb - Inscrit 16 mars 2017 10 h 42

      "Si j'étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n'est pas le leur.
      Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ?
      David Ben-Gourion (le 1er Premier Ministre israélien) : Cité par Nahum Goldmann dans "le Paradoxe Juif", page 121

      "Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n'est pas dénué d'idéalisme et d'auto-sacrifice."
      David Ben-Gourion : Cité page 91 du Triangle Fatidique de Chomsky qui est paru le livre de Simha Flapan "Le Sionisme et les Palestiniens" – page 141-2, citant un discours de 1938.

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 17 mars 2017 07 h 08

      « Vous êtes pas mal dans les patates M. Blais. Vous vous référez à quelle histoire-mémoire de l'État d'Israël au juste? » ; « Les hébreux du temps de l'occupation romaine fussent les palestiniens d'aujourd'hui, » (Eid Harb)

      De cette double citation, cette douceur + une :

      A De l’Histoire-Mémoire d’Israël et parmi les sources consultées, celles de la Torah, du Tenack, du Talmoud figurent parmi elles, et ;

      B Le pays qu’occupait Rome, du temps de la Pax Romana, s’appelait Israël, un pays où cohabitaient pacifiquement les Communautés juives (fils d’Israël), arabes (fils d’Ismaël) ; un pays qui, nommé Palestina, et occupé par des puissances étrangères, s’en est libéré depuis 1948. Durant cette « occupation », la présence de la communauté juive n’a jamais fait défaut !

      Bref ! - 17 mars 2017 -

    • Eid Harb - Inscrit 17 mars 2017 13 h 23

      Vous avez complétement fait fi du reste de mon argumentaire, il est plus facile de soutenir nos fabulations quand on décontextualise une citation. La voici une seconde fois dans son contexte: "Les historiens israéliens eux-mêmes vous dirons qu'il n'existe pas une histoire juive commune et monolithique, comme si les juifs étaient un peuple ethniquement et culturellement homogène. Il n'en est rien. Il existe bien des peuples juifs (au pluriel). Ces mêmes historiens vous dirons qu'il n'a jamais eu d'exile massif au début du 1e siècle. Les hébreux du temps de l'occupation romaine fussent les palestiniens d'aujourd'hui, largement arabisés et convertis à l'Islam et au Christianisme. Or, il y a une mutation culturelle et non pas génétique. L'idée selon laquelle l'unique peuple juif retourne à la terre de ses ancêtres, "une terrre sans peuple, pour un peuple sans terre", est aussi une pure fabrication du mouvement sioniste et qui a déjà été déboulonner à maintes reprises par les historiens et archéologues israéliens (Illan Pappé, Shlomo Sand, Avi Shlaim, Theodor Katz, Benny Morris, etc.) Il y a maintenant un consensus général parmi les académiciens israéliens soutenant cette thèse. L'écrasante majorité des israéliens sont de descendances européennes, des populations caucases qui se sont convertis au judaïsme au tournant du 7e siècle, notamment en Europe de l'Est."

      A) Vos sources ne sont pas des documents historiques, mais religieuses, des textes "sacrés" pour les croyants ne sont pas des références crédibles ni valides pour un historien. Vos références théologico-historiques renvoient à la notion de Dieu en tant qu'agent immobilier qui octroie des terres à des peuples. Si vous croyiez sincèrement en cela, on a plus rien à se dire, vous vivez dans un monde de délire mystique!

      B) La Palestine n'est pas libre, elle est occupée, jusqu'à ce jour, par des européens blancs (génétiquement démontrable) qui se sont CONVERTIS au judaïsme il y a quelques siècles de cela.

      Bre

  • Luc André Quenneville - Abonné 15 mars 2017 11 h 37

    le bloc québécois

    c'est «loser» comme parti. Il n'a plus sa raison d'être. Il devait être temporaire. L'indépendance, ça se fera pas à Ottawa. Et pourquoi elle ne libère pas son comté au provincial? Ça ne fait aucun sens sinon la preuve de son gros égo. Tu ne peux pas avoir une fesse à Québec et l'autre à Ottawa. Ça ne fait aucun sens. Martine Ouellet, comme dans Iznogoud, veut être calife à la place du calife. Pathétique!

    • Sylvain Auclair - Abonné 15 mars 2017 14 h 30

      L'indépendance se fait partout.

    • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 15 mars 2017 19 h 52

      Aussi longtemps que nous enverrons 50 milliards à Ottawa...nous aurons TOUJOURS notre mot à dire...en plus d'avoir l'opportunité de voter pour pour quelqu'un qui veut que le Québec devienne un pays.

  • Michèle Lévesque - Abonnée 15 mars 2017 16 h 49

    Elle sera parfaite


    "Martine au Bloc" : elle sera parfaitement dans son élément et sûrement parfaite dans son rôle. Une femme forte, convaincue, décidée. Un peu intempestive et électron libre, mais ça dit aussi qu'elle ne se laisse pas impressionner. Très intelligente, organisée et articulée aussi.

    J'ai bien aimé l'intervention de Ms Landry et de Duceppe sur la parole québécoise à l'internationale et le payeur-parleur.

    Pour le candidat M. Pinel, on imagine les jeux de coulisses, mais le fait qu'il se rallie à Mme Ouellet parce qu'elle est "« résolument nationaliste et indépendantiste convaincue »" est sagesse. Le Bloc a besoin d'une vedette et qui mieux que Martine Ouellet pourrait mieux tenir ce rôle laissé vacant depuis Duceppe ?

    A+ aussi pour le travail plus concerté entre le Bloc et le PQ : désormais, il n'y aura plus ce doute flottant sur l'orientation souverainiste à même la défense des intérêts du Québec à Ottawa. Fin aussi, espérons-le, pour les jeux d'égo entre partis et chefs de partis qui ne mènent à rien sinon qu'à diviser de précieuses énergies.

    Bravo !