Chefferie du NPD: les quatre candidats mettent la table lors d’un premier débat

Les députés Guy Caron, du Québec, Charlie Angus, de l’Ontario, Niki Ashton, du Manitoba, et Peter Julian, de la Colombie-Britannique
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Les députés Guy Caron, du Québec, Charlie Angus, de l’Ontario, Niki Ashton, du Manitoba, et Peter Julian, de la Colombie-Britannique

Ottawa — Les quatre aspirants à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont tenté dimanche de mettre la table pour les prochains mois de la course, lors d’un débat cordial de 90 minutes.

Les députés Guy Caron, du Québec, Charlie Angus, de l’Ontario, Niki Ashton, du Manitoba, et Peter Julian, de la Colombie-Britannique, actuellement les quatre candidats en lice pour succéder à Thomas Mulcair, étaient réunis sur scène dans un hôtel du centre-ville d’Ottawa.

Ils ont répondu à des questions sur le commerce, le président américain Donald Trump et la voie à suivre vers l’atteinte du pouvoir à l’occasion des prochaines élections générales.

Mme Ashton a affirmé que les néo-démocrates devaient se pencher plus largement sur une énergie qui a été sapée par les élections en 2015 ayant relégué le parti au statut de deuxième opposition à Ottawa.

« Nous ne sommes pas seulement un parti qui est ici pour remporter des élections, nous sommes un parti qui est ici pour réaliser du changement politique pour 2019 et au-delà », a-t-elle fait valoir.

Le NPD avait obtenu un résultat historique en 2011 sous la gouverne du chef Jack Layton en devenant l’opposition officielle à la Chambre des communes, mais a perdu des dizaines de sièges aux mains des libéraux en 2015 avec M. Mulcair comme chef.

Mulcair éludé
Les candidats ont évité de parler du mandat de M. Mulcair dans leurs propos, dimanche, la plupart faisant plutôt mention de leur relation avec M. Layton et de l’inspiration qu’ils y ont puisée.

M. Caron a fait un lien entre les inégalités économiques et la montée du populisme.

« Ce qu’il faut réaliser aussi, c’est l’importance de la lutte contre les inégalités économiques. Le fait qu’il y a des inégalités économiques si grandes et croissantes est ce qui nourrit des gens comme Donald Trump, qui nourrit en fait les mouvements populistes que l’on peut voir présentement en France et en Allemagne », a déclaré M. Caron.

Après la « vague orange » ayant déferlé sur le Québec en 2011, le NPD a aussi fait moins bonne figure dans la province, et les candidats ont abordé ce que devrait être, à leur avis, la stratégie au Québec.

« Il faut reconnaître le fédéralisme asymétrique, il faut défendre le bilinguisme, il faut faire de la place aux mouvements sociaux qui ont des racines profondes au Québec, je pense au mouvement étudiant, je pense au mouvement des femmes, je pense au mouvement environnemental », a déclaré Mme Ashton en français.

Charlie Angus a expliqué ce qui doit absolument être fait pour qu’une nouvelle « vague orange » puisse éventuellement déferler dans la province.

« D’abord, il faut qu’on parle en français partout jusqu’au niveau du chef ou de la chef de notre parti. Deuxièmement, il faut écouter ce que les militants disent, et en écoutant le membership, j’ose croire que lors des prochaines élections, on va être capable de reprendre beaucoup de ces comtés qu’on a perdus en 2015 », a-t-il fait valoir.

Dans son discours d’ouverture, le député de la Colombie-Britannique Peter Julian en a profité pour démontrer qu’il connaît le Canada, d’un bout à l’autre.

« Je suis arrivé au Québec, au Saguenay, pour aller à l’école et apprendre le français. J’ai écouté Rock et belles oreilles pour apprendre la langue, j’ai enseigné l’anglais pour payer les études. Ayant vécu dans l’est et ayant grandi dans l’Ouest canadien, je sais qu’on partage des valeurs importantes. Une de ces valeurs, c’est de vouloir protéger l’environnement et lutter contre les changements climatiques », a dit M. Julian.

Espoir
À l’échelle du pays, un espoir réside pour le NPD dans le fait que des Canadiens ont effectivement voté pour des politiques progressistes aux élections de 2015 sous la forme du programme des libéraux, et ce que le NPD doit faire est de tendre la main à ceux-ci lorsqu’ils réaliseront que les libéraux n’ont pas respecté leurs promesses, a soutenu M. Angus.

Ce qui arrivera en 2019 est que M. Trudeau s’excusera aux Canadiens, tout en leur disant que s’ils ne votent pas pour les libéraux, un « idéologue de droite » sera élu premier ministre, a affirmé M. Caron, disant que le NPD se devait d’être prêt à offrir une réponse plus appropriée.

Au cours de cette campagne à la chefferie, quatre débats sont organisés par le parti, et trois par d’autres instances. Ils doivent se dérouler dans les deux langues officielles.

Les éventuels candidats ont jusqu’au début de juillet pour se manifester.

Le prochain chef du NPD sera connu en octobre.

2 commentaires
  • Bernard Dupuis - Abonné 12 mars 2017 11 h 50

    De la mystification au réalisme?

    Qui, au Québec, s’intéresse encore à ce qui se passe au NDP-NPD ?
    Une telle indifférence étonne si l'on considère le passé assez récent de la politique canadienne.

    Dans l'opposition, malgré la présence massive de député provenant du Québec, le NDP-NPD n'a pas réussi à «scorer» (pour utiliser le franglais de Jack Layton) le moindre point pour le Québec. La raison en est que les députés fédéralistes provenant du Québec ne sont pas là pour véritablement défendre les intérêts légitimes du Québec. Ils sont là pour représenter le gouvernement fédéral du Canada hors Québec. Rien d'étonnant au fait que personne au NDP-NPD ne peut faire trembler le gouvernement peu importe si c’est celui de Harper ou celui de Trudeau. Mme Laverdière nous en a donné une autre preuve cette semaine en apparaissant en conférence de presse en parlant pour ne rien dire.

    La preuve que les députés NDP-NPD ne sont pas différents de leurs semblables libéraux et conservateurs au Québec, c'est leur propension à faire parvenir des dépliants bilingues dans les foyers québécois. Ainsi, ils laissent croire que le Québec est une province bilingue comme toutes les autres et que le français et l'anglais sont ici deux langues égales. Ils dévalorisent le français sur son propre territoire. Ils incitent les émigrants à l'utilisation de l'anglais.

    Non seulement le NDP-NPD n'a pas empêché l'élection d'un gouvernement conservateur ou libéral, mais il a contribué à affaiblir le Québec comme jamais dans l'histoire récente.

    En faisant élire une foule de «poteaux» parachutés de Toronto, de McGill et de Concordia, ils ont réussi à faire en sorte que le Québec n'a plus de défenseurs de son droit à l'autodétermination parmi les partis fédéralistes. Si au moins, le Québec pouvait avoir droit à la redistribution des richesses du Canada, cela pourrait donner raison à Jack Layton qui promettait que la « bonne entente canadienne » pouvait être bénéfique pour les Québécois les plus pauvres. Or, les réformes conse

  • Bernard Dupuis - Abonné 12 mars 2017 11 h 57

    De la mystification au réalisme (suite)

    Or, les réformes conservatrices que le NDP-NPD est impuissant à empêcher prouvent le contraire. Le Québec paie encore, par ses taxes et impôts, près de 24% du budget canadien, mais continue à subir les attaques des conservateurs et maintenant des libéraux qui le font passer pour un assisté social fraudeur de l’assurance emploi.

    Non seulement les députés NDP-NPD sont impuissants à faire respecter les promesses de Jack Layton, mais en plus ils cautionnent une loi qui met la nation québécoise en tutelle. Ce n’est pas avec Ruth Hellen « oh! My gosh » Brosseau, Guy Caron et compagnie que la voix du Québec sera entendue à Ottawa.

    Je me souviens de cette fameuse promesse faite par Jack Layton lors du débat des chefs. Le NPD présentera, disait-il, un projet de loi qui permettra d’appliquer la loi 101 aux établissements sous compétences fédérales. À l’objection de Gilles Duceppe faisant valoir que cela ne sera pas possible puisque le NDP-NPD ne sera pas au pouvoir, Jack Layton de répondre que grâce à la «bonne entente» fédérale, il réussira à convaincre le gouvernement d'adopter ce projet de loi. On constate les résultats réels aujourd’hui. Le gouvernement fédéral refuse de regarder la question de manière intelligente.

    Quand nous disons que l’élection du NDP-NPD ne s’explique que grâce à une mystification du chef charismatique Jack Layton, c’est à ce genre de promesses complètement incroyables faites par celui-ci que nous faisons référence. Comment se fait-il que les Québécois se soient laissés mystifier de la sorte? Cette mystification tire-t-elle à sa fin?

    Bernard Dupuis, 12/03/2017