Devant l’afflux de migrants, le Manitoba interpelle Ottawa

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister
Photo: Christopher Katsarov Archives La Presse canadienne Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister

Devant l’afflux de migrants, le premier ministre conservateur du Manitoba, Brian Pallister, a demandé jeudi l’aide du gouvernement fédéral canadien, en souhaitant que Justin Trudeau trouve une solution avec le président Donald Trump.

Selon le chef du gouvernement provincial, les arrivées de migrants traversant illégalement la frontière canado-américaine ont « plus que doublé » au cours des dernières semaines, de même que les coûts de leur prise en charge.

M. Pallister a dit avoir écrit au premier ministre Justin Trudeau, il y a plus d’une semaine, pour réclamer davantage de financement afin d’offrir des services à ces nouveaux arrivants.

Vendredi, le secrétaire américain à la Sécurité intérieure John Kelly est attendu à Ottawa pour y rencontrer son homologue canadien Ralph Goodale et le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen, afin d’aborder notamment le dossier des réfugiés.

Ahmed Hussen a déclaré jeudi que les autorités canadiennes et américaines étaient en « contact permanent » sur les problèmes liés aux contrôles frontaliers et qu’il « en discutera » vendredi avec M. Kelly.

Ressources limitées

« C’est un problème du Canada, nous avons besoin du Canada pour le régler », a martelé Brian Pallister en conférence de presse, tout en précisant que « le Manitoba accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant de toutes les provinces canadiennes » et que la « forte hausse » d’arrivées de migrants met à l’épreuve les ressources de la province.

Le premier ministre provincial a demandé de l’argent fédéral pour couvrir les coûts de traitement des demandes d’asile, des services de protection et de placement des mineurs, ou encore les services d’aide à l’emploi et au logement des réfugiés.

Brian Pallister a enjoint le gouvernement fédéral à prendre la situation en main et à « faire son travail ».

Soutenir les communautés

En conférence de presse sur un autre sujet, jeudi à Montréal, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a soutenu que le gouvernement fédéral surveillait la situation de près pour s’assurer que tous les organismes concernés ont toutes les ressources nécessaires.

Il a indiqué que le gouvernement s’était assuré que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et l’Agence des services frontaliers du Canada réaffectent certaines ressources pour mieux faire face à la situation.

M. Goodale a ajouté que le gouvernement devait aussi se préparer à la possibilité que certains migrants puissent vouloir s’établir ailleurs que dans la province où ils sont entrés illégalement.

« Il y a des témoignages, jusqu’à maintenant, qui nous laissent croire que dans ce cas-ci, au Manitoba, l’objectif final [des migrants] n’est pas Winnipeg. Mais ce serait peut-être Vancouver, Toronto ou Ottawa », a-t-il expliqué.

« Nous sommes tous ensemble là-dedans. Nous voulons nous assurer que le Manitoba a les ressources nécessaires, mais aussi les communautés locales où les migrants arriveront au final », a-t-il ajouté.

À Emerson, au Manitoba, le nombre d’entrées illégales a bondi en flèche dans les derniers mois, tout comme à Hemmingford, au Québec. Les migrants évitent les postes frontaliers, car en vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, ils seraient renvoyés vers le premier pays où ils ont demandé l’asile — dans ce cas-ci les États-Unis. S’ils entrent illégalement au Canada sans être appréhendés avant, ils peuvent toutefois rester et faire une demande de réfugié.

1 commentaire
  • André Mainguy - Inscrit 10 mars 2017 10 h 36

    Aide au Manitoba pour faire face à l'afflux d'immigrés

    Bravo au Manitoba d'avoir fait une demande d'aide d'Ottawa en matière de réfugiés qui franchissent illégalement la frontière canadienne.

    La protection des frontières est de juridiction fédérale, le Québec doit inviter le Canada de prendre ses responsabilités, parce qu'un flou va se produire, inévitablement, suite aux politiques de Donald Trump.