NPD: Niki Ashton se lance à son tour dans la course à la chefferie

La néodémocrate Niki Ashton entend faire reposer sa campagne sur la lutte contre les privatisations et le libre-échange.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne La néodémocrate Niki Ashton entend faire reposer sa campagne sur la lutte contre les privatisations et le libre-échange.

Et de quatre. C’est au tour de la députée Niki Ashton de se lancer dans la course à la succession de Thomas Mulcair à la tête du NPD. L’élue qui représente la vaste circonscription de Churchill–Keewatinook Aski, dans le nord du Manitoba, entend camper sa formation résolument à gauche pour rameuter les militants qui ont été séduits par les sirènes libérales à l’élection de 2015.

« La dernière élection a été difficile pour nous », a concédé Mme Ashton lors du lancement de sa campagne, organisé dans un espace communautaire de travail du centre-ville d’Ottawa. « Nous avons perdu des appuis significatifs. Le message a été clair : les Canadiens veulent que nous leur offrions un changement fondamental. Il n’est plus suffisant de proposer d’y aller à petits pas, car cela n’a souvent pas réussi à contester les politiques des gouvernements libéraux et conservateurs successifs. »

Elle a même volé à Elvis Gratton son slogan — comme un certain Preston Manning l’avait fait à la fin des années 1990 — pour inviter ses militants à « penser grand » (« Let’s think big »).

Mme Ashton a emprunté au discours révolutionnaire en soutenant qu’il était temps de « contester le pouvoir des élites du Canada », de tenir tête « à la classe dominante » afin de « dénoncer le système » et de « reprendre notre pays ». Du même coup, son discours ressemblait aussi à s’y méprendre à celui du président Donald Trump lorsqu’elle a parlé des ravages causés par le libre-échange dans les villes manufacturières, des pertes « de bons emplois bien rémunérés » et de « l’éviscération de notre économie ».

Mme Ashton entend faire reposer sa campagne sur la lutte contre les privatisations et le libre-échange. Questionnée par les journalistes à ce sujet, la candidate n’a pas fourni beaucoup de détails, affirmant que ceux-ci viendraient en cours de campagne. Néanmoins, elle a rappelé la privatisation en 1997 du port de Churchill et de la voie ferrée Hudson Bay (en voie d’être renversée par le retour des actifs à une communauté autochtone) et fait référence à la rumeur voulant que le gouvernement de Justin Trudeau songe à privatiser les aéroports canadiens. Quant au libre-échange, elle a évité de dire si elle estime, comme Donald Trump, que l’ALENA était une mauvaise entente qui doit être annulée.

« Il est temps qu’on commence à dire dans ce pays : “Ce que vous privatisez, nous le nationaliserons ; ce que vous déréglementez, nous le réglementerons ; les accords commerciaux injustes que vous mettez en place, nous les remplacerons par des accords commerciaux justes.” » Niki Ashton a indiqué qu’elle militerait pour la fin des droits de scolarité postsecondaire, de même que pour l’accès universel aux médicaments.

Les députés Peter Julian, Guy Caron et Charlie Angus ont déjà lancé leur campagne à la chefferie. Le prochain leader du NPD sera choisi en octobre pour remplacer Thomas Mulcair, qui s’est fait montrer la porte par les militants lors du congrès en 2016.

Mme Ashton avait tenté de devenir chef du NPD lors de la précédente course, en 2012. Au premier tour, elle avait terminé dernière, avec moins de 6 % des voix. Son nom avait été éliminé.