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Polémique après l’interdiction d’entrée d’une Montréalaise aux États-Unis

Manpreet Kooner est née à Montréal de parents indiens arrivés au Canada dans les années 1960.
Photo: Facebook Manpreet Kooner est née à Montréal de parents indiens arrivés au Canada dans les années 1960.

L’interdiction d’entrée aux États-Unis d’une Canadienne a tourné à la polémique lundi au Parlement, où l’opposition a reproché le silence du gouvernement de Justin Trudeau face à la politique migratoire du président américain Donald Trump.

Manpreet Kooner, une citoyenne canadienne résidant à Montréal habituée à de courts séjours d’agrément aux États-Unis, a été refoulée dimanche à la frontière sous prétexte qu’elle n’avait pas de visa et après avoir été interrogée pendant 6 heures. On lui aurait indiqué qu'elle devait obtenir un visa pour pouvoir entrer aux États-Unis.

Selon les accords entre les deux pays, un ressortissant canadien est dispensé de visa pour entrer aux États-Unis et inversement.
 

Manpreet Kooner affirme s’être heurtée à un tel refus à l’entrée de l’État du Vermont. La femme de 30 ans a fait valoir qu'elle voyageait avec un passeport canadien et qu’elle n’avait aucun dossier criminel. Mme Kooner a par ailleurs indiqué qu’elle voyageait en compagnie de deux personnes qui n’ont pour leur part pas été interrogées par les douaniers.

 

Une porte-parole de l’Agence américaine de protection et de contrôle frontalier a dit ne pas pouvoir commenter des cas particuliers. Elle a toutefois souligné que la possession d’un document de voyage valide ne garantit pas que l’on puisse entrer aux États-Unis.

Questions à Ottawa

Le chef du Nouveau parti démocratique, Thomas Mulcair, a vivement interpellé lundi le premier ministre Justin Trudeau en lui demandant de « prendre position contre la politique raciste des États-Unis ».

 
Selon Thomas Mulcair, la douane américaine applique arbitrairement des interdictions d’entrée liées aux origines. Domiciliée à Montréal, Manpreet Kooner est née au Canada de parents indiens.

Justin Trudeau a répondu que son gouvernement travaillait en collaboration avec l’administration américaine afin d’assurer aux frontières « un endroit où les Canadiens et où les biens et services, peuvent transiter efficacement et rapidement ».

« Nous ne parlons pas de biens et services. Nous parlons d’une citoyenne canadienne née au Canada, refoulée illégalement à la frontière américaine », a tonné Thomas Mulcair.


Un douanier américain aurait avoué comprendre que Mme Kooner puisse penser être la victime de la politique de Donald Trump, selon son témoignage à CBC.

Un visa... impossible
À la fin de son interrogatoire, il lui a été demandé d’aller chercher un visa d’entrée auprès des services consulaires américains à Ottawa. Elle s’y est rendue lundi, mais l’ambassade américaine s’est révélée impuissante… puisqu’elle n’a pas besoin de visa.

Contactée par l’AFP, l’ambassade des États-Unis à Ottawa n’avait pas retourné l’appel lundi en fin de journée.

6 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 6 mars 2017 18 h 47

    Cessons ...

    Cessons tout simplement d'aller aux États-Unis! Moi je n'y mettrai pas les pieds.

  • Jean Lefebvre - Inscrit 6 mars 2017 20 h 55

    Et ça commence!

    Peut-être est-elle tombé sur quelques agents de la douane pas trop trop intelligents, mais peut-être aussi qu'ils ont reçus des directives non divulguées au grand public. Pour l'instant je me sens, comme Canadien, froissé et inquiet. Je dois traverser les douanes cet été pour voyage d'affaire... pas sur que j'ai le goût de prendre le risque de me faire interroger pendant six heures... Prendre note que lorsqu'on est aux douanes, ont est en réalité sur le terrain Américain, plus en sol Canadien. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent de nous à cet instant. Brrrr...

    • Bernard Terreault - Abonné 7 mars 2017 11 h 08

      Pas de problème si vous avez une peau blanche et n'avez jamais frayé avec des gens aux idées suspectes.

  • Loraine King - Abonnée 6 mars 2017 21 h 02

    Nézet-Séguin au Met

    Je songeais à m'acheter des billets pour entendre Peter Mattei et René Pape sur une même scène à New York en février 2018 (Parsifal). Dois-je risquer l'achat de billets pour le Met, de billets d'avion alors que je n'ai aucune idée si je peux franchir la frontière? Peut-être qu'on vend une assurance pour ce genre de chose? Le gouvernement canadien a une responsabilité ici. Il doit avertir les citoyens canadiens qu'ils peuvent être interdits d'entrer aux ÉU sans raison valable. Les Canadiens ne devraient pas planifier des vacances aux États-Unis comme ils l'ont fait toute leur vie si la situation a changé à ce point. Est-ce prudent de laisser des agences de voyages vendre au Canada, disons des croisières dans les Antilles à partir de la Floride ? Est-ce que le gouvernement doit focer les agences à assurer un remboursement complet en cas d refus sans raison valable à la frontière ?

    • Bernard Terreault - Abonné 7 mars 2017 11 h 10

      Même message qu'à M. Lefebvre, ci-haut.

  • Jean-François - Abonné 7 mars 2017 00 h 06

    N'y allez pas!

    C'est pourtant simple;

    Pourquoi aller aux USA?

    Ce pays ne mérite pas notre présence point final.

    Il y a mieux ailleurs: coûts,culture, bouffe et j'en passe.

    Been there done that comme ils disent aux USA.