N’importe qui sauf Kevin O’Leary?

L’ex-ministre ontarienne Lisa Raitt
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L’ex-ministre ontarienne Lisa Raitt

Lisa Raitt sonne l’alarme : une course à la chefferie de 14 candidats pourrait très bien faire gagner Kevin O’Leary, et ce serait une grave erreur pour l’avenir du Parti conservateur à son avis. L’ex-ministre suggère donc aux derniers de la course d’abandonner, pour le bien de la formation.

L’ex-ministre ontarienne n’a jamais caché qu’elle ne porte pas M. O’Leary dans son coeur. Avant même que l’homme d’affaires se lance dans la course, Lisa Raitt lançait un site Web dénonçant sa candidature.

« Il ne faut jamais sous-estimer les conséquences inattendues d’une course aussi divisée que celle-ci. […] Je veux avertir les gens du fait que, si Kevin O’Leary est chef de notre parti, nous allons avoir énormément de difficulté à nous faire élire en 2019 », a-t-elle argué en entrevue au Devoir mercredi. « M. O’Leary sera une personne qu’on devra défendre chaque fois qu’on fait du porte-à-porte, en raison de ce qu’il a dit dans le passé », a-t-elle déploré en évoquant ses apparitions télévisées ou ses propos sur les femmes.

Lisa Raitt estime qu’au moins sept candidats parmi les quatorze devraient se poser des questions. « Tout le monde devrait faire de l’introspection de leur orgueil et déterminer ce qui vaut mieux pour le parti. » Mme Raitt souhaite participer à cette conversation. Elle croit cependant qu’elle figure parmi les sept autres candidats qui peuvent gagner. « Ça ne veut pas dire que je me cherche une porte de sortie, parce que ce n’est pas le cas. »

 

Oui, mais pas moi

Si plusieurs candidats conviennent que la course est trop chargée, aucun ne veut se porter volontaire pour se retirer du lot.

Chris Alexander ne se sent « pas ciblé du tout ». « Oui, je pense que ce serait mieux de rétrécir [le nombre de candidats] et faire en sorte que ce soit une course entre les candidats sérieux. Mais en commençant par le retrait de ceux et celles qui ne parlent pas français », a-t-il fait valoir en français. Kevin O’Leary, Kellie Leitch, mais aussi Lisa Raitt devraient du coup tirer leur révérence à son avis.

Divers sondages suggèrent que M. O’Leary, M. Bernier et Mme Leitch se suivent comme premiers choix des membres conservateurs. Un coup de sonde de Mainstreet mené pour iPolitics la semaine dernière donnait 22 % pour O’Leary, 19 % pour Bernier, 8 % pour Leitch. Andrew Scheer et Lisa Raitt suivent autour de 7 %. Erin O’Toole, Michael Chong et Steven Blaney oscillent autour de 4 %, tandis que les autres — notamment M. Alexander — seraient en deçà des 2 % comme premiers choix des conservateurs sondés. Les candidats notent toutefois que ces sondages ne tiennent pas compte du vote préférentiel de la course, qui n’équivaut pas à un vote populaire.

Steven Blaney se classe en queue de peloton. Mais lui non plus n’a « pas du tout » l’intention de céder sa place. « Cette course à la chefferie, c’est vraiment la bataille de ma vie que je mène pour les familles agricoles. […] J’ai le couteau dans les dents. Puis je veux vraiment. »

Andrew Saxton a la même lecture que Chris Alexander. « 86 % des Canadiens croient que le premier ministre devrait être bilingue. Je suis d’accord. Les candidats qui ne sont pas bilingues, y compris Lisa Raitt, devraient quitter la course », a-t-il écrit au Devoir en français.

Brad Trost, un conservateur social, a fait valoir que « les gens devraient apprendre à respecter le droit démocratique des autres de faire campagne ».

L’équipe de Kevin O’Leary n’était pas joignable, mercredi après-midi.


 
1 commentaire
  • Nicole Delisle - Abonné 2 mars 2017 08 h 58

    Une défaite conservatrice prévisible s'il est élu!

    Si les membres conservateurs élisent ce riche populiste à leur tête, c'est qu'ils n'ont rien compris des enjeux au Canada et qu'ils risquent de s'aliéner une bonne partie de la population. Les Canadiens ne sont pas prêts à élire un homme de la trempe de M. Trump! Il est faux de croire que de ne pas être bilingue n'apporte rien de plus pour être élu et que ce n'est pas une obligation. Cet monsieur ne semble avoir aucun respect pour personne, ne veut faire aucun effort et croit que le poste peut s'acheter avec de l'argent! Son arrogance et son style "je me fouts de tout" déplaît au plus haut point. Souhaitons-lui une défaite majeure pour le porter à la réflexion!