Les dépenses militaires du Canada et de ses alliés ont toutes diminué depuis 10 ans

Le Canada figure au sixième rang des pays les plus dépensiers de l’OTAN en matière de défense depuis la dernière décennie.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le Canada figure au sixième rang des pays les plus dépensiers de l’OTAN en matière de défense depuis la dernière décennie.

Les États-Unis augmenteront de façon importante leur budget de défense et veulent que leurs alliés de l’OTAN fassent de même. Mais une analyse des budgets des plus gros dépensiers en la matière indique qu’ils ont tous diminué, non seulement au Canada, mais chez les Américains également.

Le Canada figure au sixième rang des pays les plus dépensiers de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en matière de défense, et ce, depuis la dernière décennie. En chiffres absolus, les États-Unis sont de loin les premiers au palmarès — avec un budget de 664 milliards $US projeté cette année —, suivis de la Grande-Bretagne (60,3 milliards), la France (43,6 milliards), l’Allemagne (40,7 milliards), et l’Italie (21,9 milliards). Suit au sixième rang le Canada, avec un budget de défense prévu cette année de 15,4 milliards en dollars américains selon les chiffres de dépenses pris en compte par l’OTAN pour ses calculs.

Tendance généralisée

« Tous les gros dépensiers ont diminué », note David Perry, analyste en défense à l’Institut canadien des affaires mondiales. « La tendance générale de la part de tous les gros dépensiers de l’OTAN, en termes de part des dépenses par rapport au PIB, est à la baisse. » Depuis 2006, l’OTAN invite ses membres à dépenser l’équivalent de 2 % de leur PIB en défense. La part du budget canadien a augmenté en chiffres absolus, mais diminué de 17 % si on la compare au PIB, dénote l’analyse effectuée par M. Perry. Le Canada demeure néanmoins au sixième rang parmi les dépensiers, puisque ses alliés ont eux aussi vu la part de leurs dépenses en défense par rapport au PIB diminuer. Celle des États-Unis a baissé de 12 %, celle de la Grande-Bretagne, de 12 %, la France, 29 %, l’Allemagne, 8 %, et l’Italie, 38 %.

« Le Canada se démarque en ayant systématiquement dépensé une moindre part de son PIB en défense, si on le compare aux plus gros dépensiers », explique M. Perry. Le budget de la défense canadien oscille autour de 1 % du PIB depuis 2006 — un sommet de 1,39 % du PIB a été atteint en 2009, pour redescendre à 0,98 % du PIB l’an dernier. Mais malgré ces fluctuations, le Canada est demeuré au sixième rang des pays membres de l’OTAN.