Guy Caron brigue la chefferie du NPD

Guy Caron en conférence de presse à Gatineau, lundi
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Guy Caron en conférence de presse à Gatineau, lundi

Et de trois. Le Québécois Guy Caron ajoute son nom à la liste de candidats à la succession de Thomas Mulcair, en promettant de convaincre les électeurs que le NPD peut lui aussi offrir une solution de rechange économique crédible.

Économiste de formation, M. Caron en fait la pierre angulaire de sa campagne. Trop souvent, les néodémocrates ont laissé leurs rivaux conservateurs et libéraux « définir quelle serait une économie progressiste », a déploré le député de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques. « Le devoir des progressistes est de proposer un plan crédible et audacieux pour changer un système économique qui laisse tomber la majorité des Canadiens », a-t-il fait valoir lundi à Gatineau, accompagné de son épouse et de ses deux jeunes enfants. M. Caron a promis, d’entrée de jeu, un revenu de base permettant à tous les Canadiens d’atteindre le seuil de faible revenu. Les détails devront cependant attendre une annonce subséquente.

Les défis du siècle

Les deux plus grands défis du XXIe siècle seront, à son avis, « la lutte contre l’inégalité des revenus et la lutte contre les changements climatiques ».

À ce sujet, il s’est placé en porte-à-faux de son rival Peter Julian dans la course. Le député de Colombie-Britannique a promis, en se lançant dans l’arène la semaine dernière, qu’il ferait campagne contre Énergie Est.

Guy Caron est moins catégorique. Il dit s’opposer « personnellement » au projet qui traverserait sa circonscription de Rimouski, car « tant du point de vue environnemental que du point de vue économique, il n’y a pas un argument très fort ». Mais pour ce qui est de la position d’un NPD sous sa gouverne, M. Caron se contente de critiques générales du processus d’évaluation environnementale. « Dans le cas d’Énergie Est, comme tout autre projet de pipeline, il est inconcevable qu’un projet soit appuyé dans le contexte où, présentement, on n’a aucun système qui permet de les évaluer adéquatement », a-t-il martelé, en reprenant essentiellement la position de Thomas Mulcair lors de la dernière élection — qui lui avait valu plusieurs critiques.

Guy Caron rejoint dans la course M. Julian et le député Charlie Angus, du nord de l’Ontario. M. Julian est bilingue. M. Angus comprend le français, mais s’exprime très difficilement dans la langue de Molière. M. Caron estime qu’il est « absolument essentiel » que le prochain chef du NPD soit bilingue. S’il n’a pas voulu qualifier le niveau de bilinguisme de son rival ontarien, préférant laisser les membres en juger, il a cependant rapporté n’avoir « jamais » eu de conversation en français « de façon prolongée » avec M. Angus.

Les néodémocrates choisiront leur prochain chef au mois d’octobre. Les candidats participeront à un premier débat mi-mars à Montréal. La députée manitobaine Niki Ashton et le chef adjoint du NPD ontarien, Jagmeet Singh, sont toujours en réflexion.