Des élus veulent protéger leur droit de critiquer l’islam

La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, et une soixantaine de ses collègues libéraux ont manifesté leur soutien à la députée Iqra Khalid, qui a déposé la motion contre l'islamophobie.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, et une soixantaine de ses collègues libéraux ont manifesté leur soutien à la députée Iqra Khalid, qui a déposé la motion contre l'islamophobie.

Dans la foulée de l’attentat à la mosquée de Québec qui a fait six morts, est-il encore possible de critiquer certaines pratiques se réclamant de l’islam sans se faire taxer d’islamophobie ? Des députés fédéraux se le demandent. Et c’est en partie pour préserver la liberté d’expression qu’ils refusent d’appuyer une motion condamnant la discrimination religieuse systémique.

La motion 103 pilotée par la députée libérale Iqra Khalid enjoint à la Chambre des communes de « reconnaître qu’il faut endiguer le climat de haine et de peur qui s’installe dans la population » et de « condamner l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques ». La motion demande aussi qu’un comité parlementaire entame une étude pour suggérer à Ottawa une approche « pangouvernementale » de lutte contre l’islamophobie.

La motion a été déposée en décembre, mais la récente fusillade à Québec lui donne une nouvelle couleur. Elle a été débattue pour une première fois mercredi soir à la Chambre des communes et devrait être mise aux voix au printemps. Si les libéraux et les néodémocrates ont annoncé qu’ils voteront en bloc en sa faveur, les conservateurs sont déchirés et une grande majorité d’entre eux voteront contre. Le Bloc québécois s’y oppose aussi. Peu ont accepté de prononcer le mot, mais le niqab occupe les esprits.

Maxime Bernier est du lot des opposants. « Il y a un courant dans l’islam, qui ne se limite pas nécessairement aux islamistes radicaux, qui dit que personne ne devrait critiquer cette religion ou s’en moquer. Rappelez-vous juste la controverse entourant les caricatures du prophète Mahomet il y a quelques années », écrit-il sur son blogue. Il confirme au Devoir que le voile islamique fait partie des choses qu’il craint de ne plus pouvoir critiquer à cause de M-103.

Certains, comme Pierre Lemieux, un autre conservateur se portant candidat à la succession de Stephen Harper, craignent que le contexte émotif créé par l’attentat de Québec pousse des élus à appuyer aveuglément la motion. Plusieurs déplorent que le concept d’islamophobie n’y soit pas défini, d’où leurs craintes qu’elle ait pour effet de limiter la liberté d’expression.

Ainsi, M. Lemieux écrit dans une lettre à ses partisans que « la motion 103 [suppose] que toute critique de l’islam est du discours haineux ». Sa rivale Lisa Raitt se demande si la motion pourrait un jour déboucher sur une loi interdisant le fait de « critiquer la charia ou les mutilations génitales ». Pour sa part, Andrew Scheer juge la motion inutile, car le Code criminel interdit déjà l’incitation à la haine.

Au Bloc québécois, on rejette les prémisses de la motion quant à l’existence d’un « climat de haine ». « Si on amendait cette motion pour en retirer ces irritants, on serait d’accord avec le fait de condamner l’islamophobie », explique le chef par intérim Rhéal Fortin. Thomas Mulcair se dit pour sa part en faveur, car « la priorité, c’est de dénoncer une évidence, soit qu’il y a une recrudescence de haine contre les musulmans ».

La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, ainsi qu’une cinquantaine de députés libéraux se sont présentés mercredi midi devant les caméras en compagnie d’Iqra Khalid pour dire haut et fort leur appui à sa motion. « Nous sommes plus que jamais déterminés à bâtir une société ouverte, inclusive, avec comme principe le vivre-ensemble, le respect et la lutte contre la discrimination », a plaidé Mme Joly. Mme Khalid a assuré que « ce n’est pas vrai » que M-103 ferait taire les critiques de l’islam.

Lors du débat, elle a répliqué à ses détracteurs tels que Kellie Leitch, qui lui reprochent d’accorder un traitement différencié à l’islam : « On m’a demandé de changer le libellé de ma motion pour en retirer le mot “islamophobie”. Je ne le ferai pas, pas plus que je ne parlerais de l’Holocauste sans dire que la vaste majorité des victimes étaient des Juifs et que l’antisémitisme en était la racine. On ne peut pas s’attaquer à un problème sans l’appeler par son vrai nom. »

Liberté d’expression

L’histoire démontre que les conservateurs sont allergiques à toute mesure légale visant à limiter la liberté de parole. En 2013, ils ont abrogé l’article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne qui interdisait de disséminer des propos « susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable ». Les conservateurs estimaient cette notion trop floue et préféraient l’article 319 du Code criminel qui interdit le discours haineux s’il « est susceptible d’entraîner une violation de la paix ».

Les conservateurs avaient en tête la mésaventure du commentateur de droite Ezra Levant, qui après avoir reproduit dans le Western Standard les caricatures danoises de Mahomet avait fait l’objet d’une plainte d’un imam en vertu du pendant albertain de l’article 13. La poursuite avait finalement été abandonnée.

Ezra Levant est d’ailleurs un des instigateurs d’un rallye tenu hier soir à Toronto pour dénoncer M-103 et auquel quatre aspirants chefs du Parti conservateur ont assisté : Brad Trost, Chris Alexander, Pierre Lemieux et Kellie Leitch.

Notons que si le conservateur Michael Chong appuie la motion 103, il abolirait l’article 319 du Code criminel au motif que seule la liberté d’expression totale peut combattre le discours haineux.

Les transgenres aussi

Le malaise conservateur à propos de la liberté d’expression se manifeste aussi ces jours-ci à propos du projet de loi C-16, qui établit l’identité sexuelle comme un motif illicite de discrimination. Adopté à la Chambre des communes, le C-16 poireaute au Sénat depuis novembre parce que les conservateurs ajournent le débat sans arrêt. Seulement sept sénateurs ont pris la parole à ce jour.

Des conservateurs comme Maxime Bernier et Pierre Lemieux reconsidèrent leur appui initial à C-16 à la lumière du cas de Jordan Peterson. Ce professeur de l’Université de Toronto refuse d’utiliser, comme le lui demandent des étudiants rejetant la binarité sexuelle, des pronoms inventés tels que « ze », « zir » ou « zim » ou le pronom pluriel « they » au lieu des pronoms sexués « he » et « she ». Le professeur, qui estime ne pas avoir à bâtarder la langue anglaise, se fait accuser de transphobie. Les deux élus craignent que C-16 soit utilisé pour le punir.

Selon Maxime Bernier, de tels gens ne militent pas pour l’égalité, qu’il dit défendre. Ce sont plutôt des « activistes de la gauche radicale qui tentent de déconstruire les normes sociales traditionnelles et d’imposer leur perspective marginale à tout le monde, y compris en nous forçant à changer notre façon de parler ».

54 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 16 février 2017 02 h 13

    En appuyant la Motion 103, la Gauche est en train d'appuyer l'obscurantisme et le dogmatisme religieux. L'islamophobie est un oxymoron, une contradiction que les islamistes veulent utiliser pour museler toute critique de leurs pratiques religieuses. La gauche fait l'aveuglement volontaire en niant les fondements et les principes des lumières qui défendent l'égalité de tous les citoyens/citoyennes devant la loi. On ne veut pas créer deux zones de citoyens: ceux qui appuient nos lois et ceux qui ne les aiment pas. Ceux qui veulent composer avec la modernité et la minorité qui veut vivre dans le passé. Je trouve que les islamistes ont vraiment du culot en prétendant d'être victimes de discrimination, pendant qu'eux-mêmes prononcent des paroles de haine dans leurs prieres contre les mécréants et les infidèles. L'islamophobie est un prétexte pour demander des privilèges outre de ceux dont tous les citoyens/citoyennes se réjouissent. La gauche fait de l'aveuglement volontaire contre ses propres valeurs.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 16 février 2017 07 h 57

      Bravo Madame Alexan ! Je suis pleinement d'accord avec vous et j'endosse votre position...L'islam est une vieille religion dont les préceptes figés dans le temps emmênent des incohérencces qui ne cadrent plus avec les exigences de liberté, d'égalité et de fraternité qui construisent et font évoluer l'humanité...Interdire tous dires ou toutes critiques contre l'Islam sous prétexte de combattre l'Islamophobie revient à donner à cette religion une importance politique condamnable que l'on refuse aux autres religions... IL est surprenant que les Élus libéraux et néo-démocrates soient tombés dans le piège tendu par cette motion de la député musulmane d'origine iranienne, laquelle motion cherche à donner à l'Islam une protection que n'ont pas les autres religions...Oserait-t-on prendre des mesures pour interdire la Christianophobie, par exemple...Je n'en suis pas certain...La critique rétroactive est un des facteurs permettant à nos sociétés d'évoluer et de construire le Bien en combattant le Mal...Or interdire toutes critiques à l'égard de l'Islam revient à interdire à cette religion le devoir de changer et d'évoluer pour s'adapter au monde moderne...Ce dont elle aurait pourtant grandement besoin...

    • Olivier Therrien - Abonné 16 février 2017 10 h 55

      Mme Alexan,
      je trouve que vous faites un gros procès d'intention envers la communeauté musulmane. Personellement, je trouverais très pertinent de décrire l'Islamophobie dans la loi. Mais à part cela, je considère que l'esprit de la loi est bon. Il est vrai que l'Islam reçoit le plus de préjudice et de préjugés par la population, car la populaiton est plus facilement identifiable donc la stigmatisation plus facile (avec l'amalgame musulman = arabe). Je cerne mal l'idée des deux zones de citoyens (ceux pour la loi et ceux contre), car peu importe la loi, il y aura toujours ces deux franges. De plus, vous seriez gentille de me trouver une mosqué au Québec où des paroles de haines sont prononcée ou dans des prières reconnues par la communeauté. Je vais terminer cela avec une constatation de ma vision, j'ai vu beaucoup de gens insulter, stigmatiser, haïr etc l'Islam (basé sur l'incompréhension) que de musulman voulant m'Islamiser ou simplement m'imposer leurs valeurs.

    • André Joyal - Abonné 16 février 2017 11 h 28

      Mme Alexan, Je m'attendais et, à vrai dire, espérais que vous ne tardiez pas à réagir à ce projet des libéraux d'Ottawa.Vous ne me décevez pas. Puisse des lecteurs de QS vous lire et,si possible,...réfléchir sur vos propos.Je sais: je leur demande beaucoup.

    • Pierre Fortin - Abonné 16 février 2017 13 h 06

      Bien dit encore une fois, Madame Alexan.

      Si on veut agir correctement, il faut penser correctement et pour cela, il faut d'abord nommer les choses correctement. Si les mots ont encore un sens, l'islamophobie est comme toutes les phobies une peur irrationnelle qu'il ne suffit pas de dénoncer pour empêcher qu'elle se manifeste.

      Croire qu'on puisse légiférer pour réprimer cette islamophobie désignée est un non-sens. On peut l'interdire, mais cela revient à l'ignorer en vouant à l'exclusion ceux qui l'éprouvent. Il n'y a que l'éducation qui puisse permettre de désamorcer une peur irrationnelle.

      Hans Köchler, professeur de philosophie politique, tient un discours très instructif sur la question :

      « Cela nous montre aussi l’importance, pour l’action autodéterminée, de l’éducation qui consiste à canaliser l’intelligence et le discernement impartis à chaque individu jusqu’à l’âge adulte – sans endoctrinement idéologique, et pour ainsi dire assimilée à un support de l’effort personnel de l’individu sur la voie de la détermination individuelle. En ce sens, l’âge adulte – compris philosophiquement comme l’action dirigée par le logos – est l’essence de la citoyenneté dans une communauté apaisée fondée sur la raison et non sur l’irrationalité et l’affect. Dans ce contexte, l’âge adulte ainsi conçu est aussi l’essence même de la démocratie. [...] »

      Source : http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2017/nr-1-3-

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 16 février 2017 15 h 50

      Madame Alexan, bravo pour ce message franc et courageux.

      Je ne qualifierais pas ces manœuvres de gauchistes, mais plutôt multiculturalistes. Le cabinet Trudeau n'est pas gauchiste, mais le vecteur du multiculturalisme. D'ailleurs le clivage gauche/droite a fait place au clivage conservateur/ultralibéral.

    • Michaël Lessard - Abonné 17 février 2017 17 h 32

      Ce n'est pas une loi.

      C'est une motion : une opinion de la Chambre des communes, que voici...

      « Que la Chambre :

      a) reconnaisse que la société canadienne n’est pas à l’abri du climat de haine et de peur que peuvent entraîner des événements comme les récents actes de violence insensée dans une mosquée de Québec;

      b) condamne toutes formes de racisme systémique, d’intolérance religieuse et de discrimination à l’égard des musulmans, des juifs, des chrétiens, des sikhs, des hindous et des autres communautés religieuses;

      c) charge le Comité permanent du patrimoine canadien d’entreprendre une étude sur la façon dont le gouvernement pourrait

      (i) établir une approche pangouvernementale de réduction ou d’élimination de tous les types de discrimination au Canada, tout en assurant l’adoption de politiques fondées sur les faits qui soient d’application globale et axées sur la communauté,

      (ii) recueillir des données pour contextualiser les rapports sur les crimes haineux et évaluer les besoins des communautés touchées; le Comité fera rapport de ses conclusions et recommandations à la Chambre dans les 240 jours civils suivant l’adoption de la présente motion, étant entendu que, dans son rapport, le Comité formulera des recommandations que pourra appliquer le gouvernement afin de mettre davantage en valeur les droits et libertés garantis dans les lois constitutionnelles, y compris la Charte canadienne des droits et libertés.»

    • Raymond Labelle - Abonné 17 février 2017 20 h 45

      M. Lessard, vous citez le texte de la motion conservatrice. Entre autres, elle a enlevé les références spécifiques à l'islamophobie de la proposition libérale.

      Voici le texte de la motion libérale, que j'ai retrouvé sur le site du parlement du Canada à l'adresse suivante - vous pourrez constater les différences:

      http://www.parl.gc.ca/Parliamentarians/fr/members/

      "Que, de l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait :

      a) reconnaître qu’il faille endiguer le climat de haine et de peur qui s’installe dans la population;

      b) condamner l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques et prendre acte de la pétition e-411 à la Chambre des communes, ainsi que des problèmes qu’elle a soulevés;

      c) demander que le Comité permanent du patrimoine canadien entreprenne une étude sur la façon dont le gouvernement pourrait

      (i) établir une approche pangouvernementale pour la réduction ou l’élimination du racisme et de la discrimination religieuse systémiques, dont l’islamophobie, au Canada, tout en assurant l’adoption de politiques fondées sur les faits, qui soient d’application globale et axées sur la communauté,
      (ii) recueillir des données pour contextualiser les rapports sur les crimes haineux et pour évaluer les besoins des communautés touchées; le Comité devrait présenter ses conclusions et ses recommandations à la Chambre dans les 240 jours civils suivant l’adoption de la présente motion, pourvu que, dans son rapport, le Comité devrait formuler des recommandations que pourra appliquer le gouvernement afin de mettre davantage en valeur les droits et libertés garantis dans les lois constitutionnelles, y compris la Charte canadienne des droits et libertés".

      Lien à la motion conservatrice: http://www.cpac.ca/fr/faits-saillants/jeudi-motion

    • Raymond Labelle - Abonné 17 février 2017 21 h 00

      La motion conservatrice veut inclure toutes les religions, plutôt que d'en désigner une plus que les autres, mais on pourrait aussi ajouter l'intolérance et la discrimination contre l'irreligion - contre les athées et les agnostiques.

    • Carmen Labelle - Abonnée 18 février 2017 14 h 20

      Olivier Therrien, vous ne cherchez pas bien loin quand vous dites que vous n'avez pas vu beaucoup de musulmans insulter ceux qui les critiquent ni vouloir imposer leur vision de la société. Le simple fait de vouloir baîllonner la critique( on ne parle pas de contrer les propos haineux, c'est-à-dire ceux qui prônent la mort ou le banissement ou la violence mais d'empêcher la simple liberé d'expression,fondement de la démocratie) est une volonté d'imposer une vision anti-démocratique de la société. L,argument le plus largement invoqué par les partisans du baîllon, c'est qu'on a pas le droit de critiquer les religions et les livres saints. Regardez ailleurs que seulement sur les blogs, sites ou pages FB qui confortent votre position, vous en verrez amplement des insultes envers ceux qui exercent leur droit à la liberté d'expression et veulent protéger ce droit.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2017 22 h 25

      Et pour confirmer que le texte cité par M. Lessard est celui de la motion conservatrice, voici un lien au canal parlementaire (CPAC) citant ce texte, et sa source: http://www.cpac.ca/fr/faits-saillants/jeudi-motion

  • Yvan Lachapelle - Abonné 16 février 2017 02 h 23

    Ras le bol

    J'en ai vraiment assez d'entendre parler de religion.Peu importe laquelle,ce sont les plus grandes arnaques de l'histoire de l'humanité.Le seul et unique but de ces supercheries,est d'enrichire quelques ignobles individus qui exploitent et profitent de la population qui se laisse endormir par ces charlatans.

    • Olivier Therrien - Abonné 16 février 2017 10 h 29

      L'Islam n'enrichi personne, on ne parle pas ici du vatican! le fonctionnement de l'Islam est par mosqué et non une grande structure tel que l'Église Catholique! Alors si vous avez un exemple je suis partant.

    • Josée Lacourse - Abonnée 16 février 2017 13 h 37

      La deuxième source de revenu de l'Arabie Saoudite est le tourisme religieux, évidemment après le pétrole. Je me demande comment on peut parler des religions sans connaitre minimalement ce que sont les pratiques sociales de celles-ci. Ce n'est parce que l'Islam religieux n'a pas la structure institutionnelle des religions occidentales qu'elle n'a pas de processus d'accumulation monétaire. Le gouvernemt d'Arabie Saoudite est à la fois une structure religieuse et politique. Il faut décentrer le regard des catégories occidentales en toute bonne anthropologie...

    • Steve Dubois - Abonné 16 février 2017 15 h 04

      tout à fait, un des pilliers de l'islam est le pélerinage à la Mècque, ce qui représente des retombées économiques faramineuses pour l'Arabie saoudite, avec un potentiel d'environ 1,5 milliards de touristes

  • Gilles Racette - Abonné 16 février 2017 05 h 05

    Une fois n'est pas coutume,

    mais on pourra considérer que j'aurai été au moins une fois dans ma vie d'accord avec les positions de Maxime Bernier.

  • Marc Lacroix - Abonné 16 février 2017 05 h 17

    Se placer au dessus de la mêlée !

    Selon Maxime Bernier... Ce sont plutôt des : « activistes de la gauche radicale qui tentent de déconstruire... à changer notre façon de parler ».

    Désolé Maxime, mais cette histoire n'a rien à voir avec la gauche ou la droite, mais il s'agit plutôt de gens "religieux" qui prétendent mettre leur croyance au-dessus de toute critique !

    Le multiculturalisme canadien est atteint d'une dangereuse inflammation. Le virus de la — rectitude politique aigüe — attaque tout ce qui est à sa portée, et il s'agit là d'une bêtise de haut calibre, car un chat reste un chat et une organisation humaine reste une organisation humaine ! Toutes les religions sont gérées par des êtres humains, elles ont été fabriquées par des humains, mais elles tentent de se placer au-dessus de toute critique pour se donner une certaine "grandeur".

    Je ne veux pas dire que tout dans les religions est mauvais — je suis croyant —, mais je sais aussi que de nombreux religieux ont concocté une religion genre "opium du peuple", qui interdit que ses adeptes fassent preuve de jugement et je ne vise pas uniquement que l'Islam. Le catholicisme a eu ses "heures de gloire" à ce sujet (croisades et chasse aux hérétiques), et de nombreux groupes protestants sont en fait, au service d'un ego religieux hypertrophié qui loin d'améliorer l'humanité, lui enlève toute possibilité de réflexion. Même de prétendus athées ont succombé à ce virus, car certains d'entre eux tentent aussi de se donner une assurance hors de portée de l'humanité: Dieu ne se prouve pas, pas plus qu'on ne peut prouver sa non-existence. Nous ne pouvons qu'avoir l'intuition d'un sentiment de grandeur, d'infini que nous ne pouvons pas capturer avec des mots humains.

    Ce caractère "d'intouchabilité" qu'on veut donner à l'Islam ressemble aux poursuites faites par Rome contre Galilée (le méchant homme) qui disait que la Terre n'était pas le centre de l'univers..., mais ça se passait en 1633 !

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 16 février 2017 18 h 32

      Quand je lis "Dieu ne se prouve pas, pas plus qu'on ne peut prouver sa non-existence." je suis toujours sidéré par la deuxièeme partie de la phrase. Comment fait-on pour prouver la non-existence de quelque chose. Par ses effets ? Mais si quelque chose n'existe pas comment peut-elle avoir des effets ? Élémentaire me direz-vous, pour prouver que quelque chose n'existe pas il faut prouver qu'il n'a pas d'effet ! ........On peut imaginer la suite ou alors lire "La cantatrice chauve " de Ionesco !
      Pierre Leyraud

  • André Chevalier - Abonné 16 février 2017 05 h 25

    Islamophobie ou anti-islamisme

    Je suis contre toute idéologie ou religion qui a pour ambition de m'imposer une façon de vivre ou de penser en se substituant à la démocratie.
    Je suis donc anticommuniste, antifasciste et également anti-islamiste dans la mesure où cette religion est incompatible avec la démocratie tel que l'a proclamé Adil Charkaoui.
    Le terme islamophobie a été imposé par les islamiste pour faire accroire que la peur de l'islamisme est injustifiée.