Un débat pour attirer l’attention

Kevin O’Leary a prononcé quelques mots dans un français qui n’avait rien à envier à celui de certains de ses compétiteurs.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Kevin O’Leary a prononcé quelques mots dans un français qui n’avait rien à envier à celui de certains de ses compétiteurs.

Taxe sur le carbone, gestion de l’offre et « vrai » conservatisme ont accaparé la majorité des discussions entre les candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada, qui participaient lundi soir à un débat organisé par les associations conservatrices de Lac-Saint-Louis et Pierrefonds-Dollard, à Montréal.

Le débat bilingue, qui n’était pas officiel parce que non organisé par le parti, a par ailleurs servi à répéter des idées déjà martelées à plusieurs reprises par chacun des candidats. Ils ont presque tous répété l’adresse de leur site Web personnel, d’ailleurs, peut-être pour attirer l’attention sur la plateforme qu’ils présentent.

Sur la scène, il y avait 11 des 14 candidats de cette course, réunis devant près de 400 personnes. L’aspirant chef que tout le monde semblait attendre, Kevin O’Leary, a vite brisé le suspense entourant la possibilité qu’il s’exprime en français. « Mes amis québécois, le français, c’est important pour moi. Je suis avec mon professeur de français tous les jours. Je suis né à Montréal, mon fils étudie à Montréal », a-t-il lancé en ouverture dans un français qui n’avait rien à envier à celui de certains de ses compétiteurs.

O’Leary ciblé

Il obtient la faveur des membres du Parti conservateur, devant Maxime Bernier, selon un sondage de iPolitics publié lundi. Sans surprise, il a été la cible de la majorité des attaques, qui portaient notamment sur le conservatisme de ses idées ou sur les grandes périodes de temps qu’il passe aux États-Unis. À ses opposants qui martelaient l’importance du libre-échange ou d’un « petit gouvernement », Kevin O’Leary a répondu en reprenant des thèmes chers au premier ministre, Justin Trudeau. « Les LGBTQI, c’est fait. La marijuana, c’est fait. Les droits liés à la procréation, 100 % », a-t-il lancé.

Steven Blaney, hyperactif, s’est levé pour rappeler son opposition à la légalisation de la marijuana. « Les Canadiens ne devraient pas être des cochons d’Inde », a-t-il lancé, avant que la foule le hue. C’étaient les premières huées ; l’élu de Lévis allait en recevoir d’autres.

C’est avec l’autre candidat québécois, Maxime Bernier, qu’il a eu les échanges les plus relevés, au sujet de la gestion de l’offre. Le premier souhaite l’abolir, tandis que Steven Blaney avait traîné un verre de lait pour illustrer son soutien à ce système de gestion des approvisionnements.

Taxe sur le carbone

L’ensemble des candidats s’en sont par ailleurs donné à coeur joie pour dénoncer la taxe libérale sur le carbone. Michael Chong, seul dans son camp, a maintenu son appui. Autre constante : le désir de Kellie Leitch d’imposer un « filtre des valeurs » à imposer aux nouveaux arrivants. « Nous devons rencontrer chacun des immigrants […] et nous assurer qu’ils partagent nos valeurs canadiennes », a affirmé la conservatrice, appelée à répondre à une question sur l’attentat récent dans une mosquée de Québec.

Le débat était animé par l’ex-organisateur libéral et rédacteur en chef du Suburban, Beryl Wajsman. Seuls 11 candidats y ont participé. Brad Trost et Pierre Lemieux n’ont pas pu monter sur scène en raison de « problèmes de communication », tandis que Deepak Obhrai avait un conflit d’horaire. Le prochain débat est prévu le 28 février, à Edmonton.
 

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