Abandon de la réforme électorale: Trudeau craignait d’amplifier des «voix marginales»

Le premier ministre Justin Trudeau était de passage à Iqaluit jeudi.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau était de passage à Iqaluit jeudi.

Le premier ministre Justin Trudeau laisse entendre que l’une des raisons expliquant pourquoi il a abandonné l’un de ses engagements-clés de la campagne électorale de 2015 est qu’il craint que des partis représentant des voix marginales obtiennent trop de pouvoir au Parlement, citant la candidate à la direction du Parti conservateur Kellie Leitch parmi ces voix.

Jeudi, alors qu’il se mêlait à la foule à Iqaluit, il a ainsi demandé à une femme si elle croyait que Mme Leitch devrait avoir son propre parti.

Ces remarques ont été captées avec un micro par des chaînes de télévision, pendant que M. Trudeau conversait avec une femme qui lui parlait de réforme électorale. Il lui a expliqué pourquoi il ne croyait pas que le système de vote actuel devrait être remplacé par une représentation proportionnelle.

Mme Leitch, une députée de l’Ontario qui souhaite remplacer l’ancien premier ministre Stephen Harper à la tête du Parti conservateur, a lancé une proposition controversée visant à filtrer les immigrants potentiels et les réfugiés avec un test sur les « valeurs canadiennes », une idée qui a été comparée à celles avancées par le président des États-Unis, Donald Trump.

La femme a indiqué que Mme Leitch faisait partie d’une autre conversation, mais M. Trudeau l’a assurée du contraire. Il a expliqué que si un parti représentant des voix marginales détient 10, 15 ou 20 sièges à la Chambre des communes, il détient du même coup la balance du pouvoir.

M. Trudeau avait pourtant promis à plusieurs reprises qu’il changerait la façon dont les Canadiens allaient voter aux élections fédérales à temps pour le scrutin de 2019. Il a cependant abandonné cet engagement la semaine dernière.

18 commentaires
  • James R Godin - Inscrit 10 février 2017 13 h 47

    Réellement; qui alors définira ce qui est marginal ?

    Je crois que Trudeau l'Ancient aurait posé la question suivante à qui lui aurait fait part d'une telle proposition; il me semble l'entendre:

    " ...n'est-il pas préférable que les citoyens débattent de leur "idées" au Parlement au lieu d'avoir à les défendre dans la rue?"

    Et puis non; je crois que l'Ancient n'aurait pas eu assez d'arrogance, et en avait-il, pour minimiser son interlocuteur de cette façon.

    Peut être le temps est venu de ne plus employer le dicton "tel père, tel fils.

    • Sylvain Bolduc - Abonné 10 février 2017 19 h 23

      En français on dit: Ancien...

    • Cyril Dionne - Abonné 10 février 2017 19 h 37

      Et dire que les voix marginales étaient tous libérales. Ah ben!

    • James R Godin - Inscrit 10 février 2017 20 h 46

      Ne disais- t-on plas Pline le Jeune, Pline l'Ancient?

  • Yvon Hachey - Inscrit 10 février 2017 14 h 01

    Démocratie canadienne

    Belle conception de la démocratie, ce n’est pas assez que les médias manipule l’opinion publique, encore faut-il que les électeurs puissent s’exprimer selon les barèmes politiques que l’on attend d’eux par le biais des partis politiques légitimes «centristes», il ne faut surtout pas s’écarter de la norme, le système politique uninominal à majorité simple par compté y pourvoit depuis le XIXe siècle. Écartons toute voix discordantes qui serait susceptibles de remettre en question les dogmes du développement. Ce n’est pas grave si on élit un gouvernement avec moins de 50% des voix, ce n’est certes pas antidémocratique diront certains, cela assure de la stabilité; nous ne sommes pas prêt à écouter ceux et celles qui auraient des idées différentes ou novatrices d’envisager des solutions à ce monde si complexe, ne soyons pas dérangés et ne remettons pas en question nos croyances. Ce n’est donc pas important de corriger les aberrations électorales que suscite régulièrement ce système électoral. Ne vous étonnez pas non plus de constater que les idées politiques au sein de la population du Québec ainsi que celle du Canada n’évoluent pas, puisque l’expression des idées et de la démocratie sont limitées par le biais de ses institutions et du nouveau clergé de la rectitude politique qui récite sa litanie «à cœur de jour» en plus de nous rappeler sans cesse que nous faisons partie d’une «province». C’est le temps de clore ce court texte par une célèbre citation de Louis Hémon, dans son roman «Maria Chapdelaine» écrit en 1912 : «Au pays de Québec, rien ne doit mourir et rien ne doit changer…»

  • Louis Saint-Jacques - Abonné 10 février 2017 14 h 04

    Démocratie malade

    Par cette décision, les leaders des formations politiques dominantes (libéraux et PQ au provincial, libéraux et conservateurs au fédéral, républicains et démocrates aux USA) nous démontrent une fois de plus les raisons de promettre des réformes et de rien changer par la suite, ce serait suicidaire.

    Imaginez les verts et le Bloc québecois forcer des gouvernements de coalition, ce serait maintenir en laisse les vieux partis, fini le clientélisme à la Harper (destruction du registre d'armes à feu, soutien aux parents avec chèques quelques mois avant les élections,...) ou les promesses pour se faire élire non tenues par la suite.

    Imaginez une coalition CAQ, QS et PQ mettre fin au règne libéral qui profitent de la division du votre francophone et pour les libéraux de l'accès assuré du vote anglophone et allophone.

    Imaginez un Donald Trump en coalition avec un tiers parti.

    Les réformes électorales ne sont pas les bienvenues parce qu'elles menacent l'hégémonie des vieux partis et bien que le Parti Québecois soit relativement jeune et il est considéré comme maintenant pour beaucoup dont M. Plamondon.

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 10 février 2017 18 h 51

      En efet, dans la plupart des pays démocratiques, les gouvernements sont des coalitions. La coalition et la concertation entre les divers partis sont indispensables pour gouverner dans les intérêts de l’ensemble des citoyens et non pas dans l’intérêt d’un seul parti.

      Gouverner un pays par une coalition est beaucoup plus démocratique que de laisser la gouverne dans les seules mains du plus fort.

      La soumission de tous les membres d’un groupe à un seul individu du groupe qui agit en roi et maître est une caractéristique de plusieurs sociétés animales. La direction d’un groupe animal par le plus fort d’entre eux est voulue par la nature essentiellement pour la protection et la survie du groupe ou de l’espèce. C’est la notion de troupeau.

      Dans le cas des sociétés humaines développées, la vraie démocratie s’éloigne de ce paradigme de troupeau. Oui, dans une société humaine développée il y a un chef et des dirigeants, mais il y a aussi des citoyens intelligents qui conservent leur capacité personnelle d’agir et de penser par eux-mêmes.

  • Gérard Garnier - Inscrit 10 février 2017 14 h 46

    Représentativité ou efficacité ?

    Le problème est connu depuis des décennies pour ne pas dire des siècles : un gouvernement démocratique doit-il être l'image fidèle de son électorat ou doit-il pouvoir gouverner ? Représenter le poids pondéré de toutes les opinions aboutit à ne plus rien représenter. Faut-il que la minorité conservatrice la plus archaïque ou révolutionnaire la plus extrême puisse tout bloquer au nom de son droit à être vue ? Et ne parlons pas de l'ambitieux qui se moque de tout sauf d'avoir le pouvoir. Les faits montrent que la proportionnelle est une fausse bonne solution. Cela ne marche pas car ce sont les prémices à l'anarchie sur laquelle se sont bâties bien des dictatures. La meilleure solution est que les minoritaires, dont les idées peuvent être très créatrices, se fondent dans de grands partis et les influencent de l'intérieur. Ce sera la démonstration de la qualité de leurs choix, ou de leur nullité. Le système canadien n'est pas idéal. Mais il a l'avantage de fonctionner. C'est une énorme qualité par rapport à celui de bien des pays, dont certains se disent avancés. Améliorons le un peu en révisant par exemple les circonscriptions électorales mais ne le bouleversons pas. Pouvoir vivre dans un pays où les électeurs sont respectés est devenu rare à notre époque.

  • Francois Cossette - Inscrit 10 février 2017 14 h 49

    Et voila !!!!

    La parole de tous les trudeau nà jamais eu de valeurs. De pere en fils.... des gens dans paroles pour ne pas dire autre chose,