Le cas de Fadwa Alaoui rebondit à Ottawa

Les partis d’opposition font pression sur le premier ministre, Justin Trudeau, afin qu’il dénonce officiellement le décret migratoire de Donald Trump.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Les partis d’opposition font pression sur le premier ministre, Justin Trudeau, afin qu’il dénonce officiellement le décret migratoire de Donald Trump.

La mésaventure de la Québécoise Fadwa Alaoui, refoulée à la douane américaine samedi après avoir été interrogée sur sa religion, a rebondi à la Chambre des communes mercredi.

Depuis la signature le 27 janvier du décret du président américain, Donald Trump, qui interdit l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, les partis d’opposition font pression sur le premier ministre, Justin Trudeau, afin qu’il dénonce officiellement ce décret présidentiel.

Mercredi, c’est le Nouveau Parti démocratique qui a saisi la balle au bond, en abordant le cas de Fadwa Alaoui, de ses deux enfants et de sa cousine, tous interdits d’entrée à la frontière de Philipsburg. « Il s’agit de citoyens canadiens, des résidants de Brossard. Il se trouve qu’ils sont musulmans. On les a questionnés sur leur religion et sur leur opinion quant à Donald Trump avant de leur dire qu’ils ne pouvaient pas entrer aux États-Unis. Les décisions de Trump affectent les Canadiens, maintenant. Pourquoi le premier ministre ne se tient-il pas debout pour les défendre ? » a demandé Thomas Mulcair pendant la période des questions.

Justin Trudeau a répondu en insistant sur le grand nombre de Canadiens qui traversent quotidiennement la frontière séparant le Canada et les États-Unis. « Nous sommes en train de travailler avec le gouvernement américain, a-t-il attesté. Non seulement notre ambassadeur et les gens de mon bureau, mais plusieurs ministres, dont la ministre des Affaires étrangères, qui est là aujourd’hui, travaillent pour justement parler des [façons d’]améliorer les processus entre nos deux pays, y compris défendre les droits des Canadiens. »

 

Des centaines d’interdictions par jour

Environ 1,2 million de personnes tentent de traverser les douanes américaines tous les jours. Entre 300 et 500 personnes sont interdites d’entrée, selon Dave Long, porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Omar Alghabra, a quant à lui invité les Canadiens qui rencontrent des problèmes à la douane à contacter le centre d’aide d’urgence du gouvernement canadien. « Bien sûr que nous voulons être avisés de ce genre de cas », a-t-il assuré, en laissant entendre que son ministère n’a pas remarqué de hausse dans le nombre de demandes au cours des dernières semaines.

Quant à Fadwa Alaoui, elle n’a ni contacté le centre d’aide d’urgence ni porté plainte au service des douanes américaines. Elle doit cependant rencontrer la députée libérale de Brossard, Alexandra Mendès, ce jeudi.

1 commentaire
  • Loraine King - Abonnée 9 février 2017 06 h 32

    La république et le virage vers le totalitarisme

    La démocratie n'accorde aucun droit d'entrer dans un pays étranger juste le droit d'en sortir.

    Au Canada, quand une personne se présente avec un document d’autorisation de voyage qui contient une fausse déclaration, le ministre intervient rapidement. Dans ce célèbre cas, dès le lendemain un député de l’Europe pouvait critiquer les politiques canadiennes sur toutes les tribunes du Québec. Le Canada, son gouvernement et ses administrateurs sont respectueux des droits de la personne et responsables d’une application juste et équitable des règles à la frontière, comme se doit de le faire un état démocratique.

    Les douaniers américains avaient le droit d’interdire l’entrée aux États-Unis sans plus d’explication. Mais voilà qu’ils se sentent investis par leur chef d’état du devoir d’interroger des femmes sur leurs opinions politiques, leurs pratiques religieuses, de saisir leur téléphone et de s’introduire dans leur vie privée, même si elles ont tous les documents requis pour franchir la frontière sans ennui.

    Les États-Unis sont une république qui prend le virage vers le totalitarisme. La république, on le constate, peut rapidement s’autopeluredebananiser.

    Le Canada doit émettre un avertissement sur son site web concernant ces problèmes à la frontière. Et pourquoi pas, avertir les voyageurs vers les États-Unis de faire preuve d’une grande prudence en raison du taux de criminalité élevé dans certaines villes américaines.