Le Bloc québécois choisira son prochain chef le 22 avril

Le président du Bloc québécois, Mario Beaulieu
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le président du Bloc québécois, Mario Beaulieu

Le Bloc québécois choisira son nouveau chef le 22 avril prochain. Les délégués bloquistes réunis en conseil général, à Boucherville samedi, ont voté pour que soit officiellement lancée leur course à la chefferie.
 

Les dates de la course étant fixées, les bloquistes attendent maintenant que Martine Ouellet confirme qu’elle briguera la direction de leur parti dimanche. La députée péquiste a convoqué la presse à Montréal, dimanche matin.

En vertu des règles adoptées samedi, les aspirants-chefs auront jusqu’au 14 mars pour se porter candidats — en récoltant 1000 signatures réparties dans au moins 25 circonscriptions et en versant 15 000 $ au parti. Le vote se tiendra, par Internet et par téléphone, les 20, 21 et 22 avril pour un dévoilement du résultat le 22 avril en soirée.

« C’est la voix des membres, des militants, de la base. La démocratie du Bloc s’est exprimée aujourd’hui », a réagi Martine Ouellet, samedi midi. « Je réfléchissais en fonction de 2017 », a-t-elle consenti, en s’abstenant de confirmer la conclusion de sa réflexion qu’elle annoncera dimanche matin.

Débats animés

Deux camps s’affrontaient, depuis quelques semaines. Si le vote a été plutôt catégorique sur le plancher du conseil général samedi, dont la majorité a entériné un vote en 2017, le caucus de son côté était fort divisé. Cinq députés préféraient une course en 2017 — ceux qui appuient une candidature de Martine Ouellet —, contre cinq autres qui militaient pour reporter la course à la chefferie en 2018.
 

Le député de Montcalm, Luc Thériault, a fait un plaidoyer au micro réclamant que la course soit reportée d’un an, d’avril 2017 à juin 2018. « Ce n’est pas une question d’individus », a-t-il argué, en notant cependant qu’une course rapide s’avérerait à un couronnement à son avis de Martine Ouellet. M. Thériault s’est en outre opposé à l’idée évoquée par Mme Ouellet d’être chef du Bloc tout en demeurant députée péquiste à l’Assemblée nationale.
 

« Et voilà », n’a pu s’empêcher de commenter Martine Ouellet, qui était assise dans la salle à titre d’observatrice.

Le député de Terrebonne, Michel Boudrias, a adressé une réplique sentie à M. Thériault, en appelant la salle à appuyer une course à la chefferie immédiate. « La seule chose qui vaille, c’est d’être prêts les premiers », a-t-il scandé, sous les applaudissements qui laissaient présager l’issue du vote du plancher.
 

La tension était palpable en début de journée, certains déplorant une « guerre de clans ». Des courriels auraient été envoyés par les partisans d’une course en 2018. Des tracts avaient été imprimés et distribués par ceux d’une course en 2017, arguant que « 3 ans d’intérim, c’est NON!».
 

Un membre du bureau national a même senti le besoin de défendre ses collègues, face aux reproches du camp 2018, qui estime qu’une course rapide aidera Martine Ouellet. « On a discuté entre nous, et il n’y avait pas une personne qui avait en tête qui sera candidat ou non. Non. C’était pour le bien du parti », a expliqué William Fayad.

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, ne s’inquiète néanmoins pas pour la suite des choses. « Je m’en remets à la décision des membres. J’avais une préférence pour 2018, je ne m’en suis pas caché [...] Le plus important, c’est qu’on les fasse, ces débats. Une fois que c’est dit, on va se rallier. »
 

Martine Ouellet sur les rangs?
Martine Ouellet s’était présentée au conseil général à titre d’observatrice afin de suivre les débats sur le calendrier de la course. Elle était accompagnée, au fil de la journée, d’un petit groupe d’adjoints politiques qui travaillent pour les députés bloquistes qui l’appuient — Xavier Barsalou-Duval, Michel Boudrias, Marilène Gill. L’ancien chef Mario Beaulieu avait appuyé Mme Ouellet lors de sa campagne à la chefferie au Parti québécois.

L’idée de Martine Ouellet de cumuler ses fonctions à l’Assemblée nationale et à la tête du Bloc, si elle est élue chef, crée toujours un malaise chez certains bloquistes.

« Je persiste et je signe. Le Bloc québécois mérite un chef à temps plein, a martelé Luc Thériault. Je l’invite à réfléchir et à s’affranchir de ce poids qui va la suivre tout au long du parcours, si jamais elle devenait chef le 22 avril. »

Une erreur
Un avis partagé par l’ancien chef Gilles Duceppe, qui a qualifié le choix d’une course ce printemps d’« erreur » en entrevue avec La Presse canadienne. M. Duceppe avait plaidé pour une course en 2018, en entrevue avec Le Devoir fin décembre, estimant que cela aurait permis aux bloquistes de ne pas se choisir un chef dans l’ombre des courses du Parti conservateur et du NPD de même qu’à Martine Ouellet de terminer son mandat à Québec. « Elle aurait aussi bien pu y aller en 2018 », a-t-il affirmé à l’agence de presse.

L’ancien candidat Félix Pinel, qui a porté les couleurs du Bloc dans Rivière-des-Mille-Îles en 2015, a annoncé cette semaine qu’il sauterait aussi dans l’arène. « C’est sûr que, pour une personne dont l’occupation principale n’est pas la politique, ça peut complexifier les choses. Mais j’ai bon espoir de réussir », a indiqué cet enseignant de 39 ans, qui a commencé à récolter des signatures d’appui samedi. M. Pinel avait voté pour Mme Ouellet lors de la course à la chefferie du Parti québécois, a-t-il admis, mais il ne partage pas sa stratégie référendaire. M. Pinel fait partie des souverainistes qui estiment que l’élection d’un parti indépendantiste à Québec suffit à proclamer l’indépendance du Québec.

Notre couverture en direct du conseil général du Bloc québécois:

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