Kellie Leitch accusée de faire preuve de «racisme intolérable»

La banderole déroulée sur le bureau de circonscription de Kellie Leitch exigeait sa démission.
Photo: Source Algibbons Twitter La banderole déroulée sur le bureau de circonscription de Kellie Leitch exigeait sa démission.

Le chef néodémocrate Thomas Mulcair estime que la candidate conservatrice Kellie Leitch fait preuve d’un « racisme intolérable » en proposant de faire passer un test de valeurs aux immigrants — un engagement qu’elle a réitéré mardi, malgré les sévères reproches d’un député de son propre parti.

En entrevue avec le réseau anglais de Radio-Canada, mardi, Mme Leitch a rejeté les critiques d’un de ses adversaires dans la course à la direction du Parti conservateur, Michael Chong, qui a dit lundi que l’attaque à Québec « n’était pas un accident », accusant certains politiciens « d’alimenter la peur et les préjugés ». M. Chong a précisé plus tard qu’il parlait bien de Mme Leitch et de Donald Trump.

Pendant cet entretien, Mme Leitch s’est dite « choquée » par les propos de M. Chong et a affirmé qu’elle avait l’intention d’aller de l’avant avec sa proposition du test de valeurs. « Je parle d’une politique fondée sur le bon sens qui permettrait des entrevues avec des individus, tous les individus, peu importe leur endroit d’origine », a-t-elle expliqué.

Interrogé sur la question mercredi matin, Thomas Mulcair a aussi déploré que Mme Leitch ait acheté une publicité dans les journaux cette semaine pour faire la promotion de son test de valeurs. « Moi, je trouve ça extrêmement grave qu’une élue à la Chambre des communes puisse tenir de tels propos », a-t-il expliqué.

 
Banderole

Par ailleurs, une grande banderole évoquant l’attentat à la mosquée de Québec a été déroulée dans la nuit de mercredi au bureau de circonscription de Kellie Leitch, invitant la députée à démissionner.

La Police provinciale de l’Ontario a reçu un appel mercredi matin et mène son enquête sur la banderole déroulée sur l’immeuble d’un étage situé à Collingwood, sur la baie Georgienne.

Selon les premiers éléments de l’enquête, un individu serait monté sur le toit de l’immeuble pendant la nuit et aurait déroulé l’immense banderole, qui descendait presque jusqu’au sol.

Ponctuée du mot-clic «#pasmadéputée », la banderole exigeait la démission de Mme Leitch — qui n’a pas caché ses sympathies pour le nouveau président américain, Donald Trump.

On y lisait aussi que « la haine nous menace tous », les noms des six musulmans tués dimanche soir dans la salle de prière de la mosquée de Sainte-Foy, à Québec, y étant cités.

La candidate dans la course à la direction du Parti conservateur a promis de faire passer aux nouveaux arrivants un test sur « les valeurs canadiennes ». En entrevue à la chaîne américaine Fox Business Network, le mois dernier, Mme Leitch a aussi estimé que les travailleurs canadiens se sentent laissés de côté par les « élites ».

1 commentaire
  • Jean-Marc Plante - Inscrit 2 février 2017 10 h 15

    Mauvais destinataires

    Le seul élément à retenir du test des valeurs canadiennes de Kellie Leitch serait de l'appliquer non pas aux candidats à l'immigration, mais aux candidats à une élection fédérale. Nul doute qu'elle y échouerait lamentablement et qu'on pourrait enfin passer à autre chose.