Décret anti-immigration de Trump: le Canada accordera des permis de résidence temporaire

Le ministre de l’Immigration du Canada, Ahmed Hussen
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le ministre de l’Immigration du Canada, Ahmed Hussen

Le gouvernement canadien offrira des permis de résidence temporaires aux personnes qui pourraient se retrouver coincées au pays en raison de l’interdiction de séjour aux États-Unis imposée vendredi par le président américain, Donald Trump.

En conférence téléphonique, le nouveau ministre canadien de l’Immigration, Ahmed Hussen, a assuré dimanche que les binationaux ressortissants d’un des sept pays visés par un récent décret du président Trump peuvent toujours voyager aux États-Unis. Ceux qui détiennent un passeport d’un de ces sept pays, mais également une résidence permanente au Canada, peuvent aussi se rendre chez les voisins du Sud. 

Or, l’ordre exécutif de Donald Trump vise bel et bien les citoyens de ces sept pays qui sont de passage au Canada, a affirmé le ministre Hussen. « Je vous assure que j’utiliserai mon autorité en tant que ministre pour donner à ces personnes coincées au Canada un permis de résidence temporaire », a-t-il déclaré.

Dimanche, Affaires mondiales Canada n’avait encore reçu aucune demande en ce sens.

Passeport canadien
Aux 35 000 personnes qui détiennent la citoyenneté canadienne et celle d’un des pays visés par le décret, le ministre a recommandé de voyager avec un passeport canadien.

« Des représentants de Transports Canada sont en contact avec les compagnies aériennes et nous pouvons confirmer que l’impact est minimal », a assuré Ahmed Hussen. « À 13 h cet après-midi [dimanche], nous n’avions été avisés d’aucun cas de voyageur coincé dans un aéroport canadien. »

Vendredi, le président américain, Donald Trump, a signé un décret qui suspend l’admission de réfugiés aux États-Unis pendant 120 jours. La décision entraîne aussi la suspension, pour une durée indéterminée, de l’admission de réfugiés syriens, en plus d’interdire d’entrée les ressortissants de sept pays, à savoir l’Irak, la Syrie, l’Iran, le Soudan, la Libye, la Somalie et le Yémen.

De leur propre aveu, les autorités canadiennes ont été informées de ces restrictions à travers les médias. « Nous avons ensuite pu confirmer avec les autorités américaines que l’information diffusée par les médias était la même que celle qui allait être publiée [par la Maison-Blanche] », a déclaré le conseiller à la sécurité nationale du premier ministre, Daniel Jean.

À plusieurs reprises, le ministre Ahmed Hussen a répété dimanche que les autorités canadiennes surveillaient la situation de près.