Marcel Prud’homme, ex-sénateur et député, n’est plus

Marcel Prud'homme à la Chambre des Communes, en 2009
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Marcel Prud'homme à la Chambre des Communes, en 2009

Véritable institution à Ottawa, l’ancien sénateur et député libéral Marcel Prud’homme s’est éteint mercredi à l’âge de 82 ans.

Député libéral de 1964 à 1993, puis sénateur indépendant de 1993 à 2009, Marcel Prud’homme a consacré 45 ans de sa vie à la politique. L’huissier du bâton noir, J. Greg Peters, a annoncé son décès dans un courriel envoyé aux sénateurs mercredi. Il aurait fait une chute samedi et était hospitalisé depuis aux soins intensifs, selon les informations du Devoir.

Connu pour son franc-parler, Marcel Prud’homme a mené plusieurs batailles en matière de politique internationale. Ses divergences d’opinion sur le sujet avec le gouvernement libéral l’ont mené à claquer la porte du parti en 1993. Le premier ministre de l’époque, Brian Mulroney, l’avait alors nommé sénateur indépendant l’après-midi même, racontait-il au moment de prendre sa retraite du Sénat en 2009.

Marcel Prud’homme a notamment été un ardent défenseur de la cause palestinienne. Dans son discours d’adieu à la Chambre haute, il sommait encore une fois le Canada de participer plus activement à la résolution du conflit israélo-palestinien, un « cancer qui n’a cessé depuis plus d’un demi-siècle […] de ronger le monde ».

Malgré sa retraite, il n’avait pas pour autant abandonné la vie politique qui l’avait passionné et il se présentait toujours à diverses réceptions diplomatiques d’Ottawa ces dernières années.

Marcel Prud’homme a été député libéral de la circonscription de Saint-Denis — un comté de la région de Montréal correspondant aujourd’hui à celui de Papineau, représenté aux Communes par Justin Trudeau — pendant 29 ans en étant réélu à huit reprises. Au fil de ses années aux Communes puis au Sénat, il aura servi sous neuf premiers ministres.

Sa carrière politique aurait pu être fort différente, puisqu’à ses débuts en politique en 1960 il avait prévu briguer une circonscription provinciale sous les couleurs du Parti libéral du Québec. Le chef du parti de l’époque, Jean Lesage, lui a toutefois demandé de céder sa place à une nouvelle recrue ; un dénommé René Lévesque.