Unilinguisme français de Trudeau : le Commissaire aux langues officielles enquête

Le premier ministre a plaidé qu’il voulait parler français parce qu’il se trouvait au Québec.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le premier ministre a plaidé qu’il voulait parler français parce qu’il se trouvait au Québec.

Ottawa — Le Commissaire aux langues officielles a reçu neuf plaintes liées à la décision de Justin Trudeau de répondre uniquement en français à des questions posées en anglais, mardi, lors de son passage dans les Cantons-de-l’Est.

Le premier ministre a irrité des anglophones en décidant de répondre en français seulement à des questions posées en anglais lors d’une séance de discussion ouverte à Sherbrooke, mardi. Une de ces questions portait justement sur l’accès aux services en anglais au Québec.

Le premier ministre a alors plaidé qu’il voulait parler français parce qu’il se trouvait au Québec. De même, en Ontario, il avait répondu en anglais, vendredi dernier, à une personne qui lui avait posé une question en français. Cette décision n’avait pas soulevé de vagues.

Mercredi, alors que les critiques se multipliaient sur les médias sociaux, M. Trudeau a admis qu’il aurait pu répondre en partie en anglais à la citoyenne de Sherbrooke qui lui avait posé une question en anglais sur l’accès aux services en anglais.

Le porte-parole du Commissaire aux langues officielles, Nelson Kalil, a indiqué jeudi que le bureau mènera une enquête sur ces plaintes, afin de déterminer si le premier ministre a enfreint la Loi sur les langues officielles. Comme le commissaire ne peut mener une enquête sur un individu en particulier, c’est le Bureau du conseil privé — le « ministère du premier ministre » — qui est visé.

Selon M. Kalil, l’enquête pourrait prendre de trois à six mois.

« Les prochaines fois, je vais m’assurer d’amener un peu plus de bilinguisme », a promis M. Trudeau mercredi. Mais un organisme de défense des droits des anglophones, le Quebec Community Groups Network, réclame des excuses et une rencontre avec le premier ministre. « Nous sommes consternés, déçus et particulièrement ébranlés du fait que le premier ministre a fait la sourde oreille », a indiqué Geoffrey Chambers, vice-président de l’organisme.


 
4 commentaires
  • Pierre Marcotte - Inscrit 19 janvier 2017 16 h 51

    Le massacre de notre langue se poursuit

    Neuf plaintes pour une réponse verbale en français, au Québec? Il faut avoir un épiderme mince comme du graphène pour croire que la langue anglaise est menacée au Québec.
    Plusieurs candidats à la chefferie du parti conservateur ne sauraient pas commander une poutine en français et il ne faudrait pas s'en froisser, mais que le PM du "plusss beau pays du monde" réponde à une question -à une personne statistiquement bilingue- en français, et des anglos montent sur leurs grands chevaux.

    À quand une décomplexification de l'utilisation de notre belle langue? C'est à croire que les anglos ne nous aiment pas vraiment.

  • Robert Beauchamp - Abonné 19 janvier 2017 18 h 49

    Qui se plaint toujours?

    Est-ce que le commissaire va enquêter sur Trudeau qui a répondu en anglais à une question posée en français à Peterborough?

  • Bernard Morin - Abonné 19 janvier 2017 19 h 19

    Répondre en anglais à une question en français en Ontario ne pose pas de problème mais répondre en français à une question en anglais au Québec ça ne passe pas. La situation nous démontre en premier lieu la conception pour le moins caricaturale du bilinguisme de Trudeau fils. Deuxièmement, comment se fait-il que des citoyens du Québec ne comprennent pas les réponses en français à leurs questions en anglais? Il n'y avait évidemment aucune "provocation" ni message politique dans toutes "ces questions"!
    Et pendant ce temps notre Philou national fait son petit St-Jean-Baptiste directement de Davos."Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse le Québec est pour toujours libre...(R.Bourasssa)

  • Gilles Delisle - Abonné 20 janvier 2017 09 h 42

    Bienvenue chez les angryphone du Québec!

    Il n'a pas vécu assez longtemps au Québec pour bien connaître la minorité anglophone d'ici! Nous, cà fait plus de 400 ans qu'ils nous font suer chez nous, en voilà un bel exemple.