Chefferie du PCC: Maxime Bernier, cible de choix au débat conservateur

Maxime Bernier (à l’extrême droite) a essuyé les attaques de plusieurs de ses adversaires, à commencer par l’autre Québécois dans cette course à la chefferie, Steven Blaney.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Maxime Bernier (à l’extrême droite) a essuyé les attaques de plusieurs de ses adversaires, à commencer par l’autre Québécois dans cette course à la chefferie, Steven Blaney.

Maxime Bernier a beau avoir été l’un des candidats à la chefferie conservatrice les plus chaudement applaudis à son arrivée au débat francophone, c’est néanmoins lui qui aura eu la soirée la plus difficile en étant la cible de toutes les attaques de ses rivaux. Des échanges musclés… mais parfois incompréhensibles en raison du faible — voire très faible — niveau de français de certains aspirants chefs conservateurs.

D’entrée de jeu, certains candidats à la chefferie du Parti conservateur ont délaissé le format rigide qui ne leur accordait qu’une réponse de 50 secondes par question, pour invoquer leur droit de réplique afin de s’en prendre au député beauceron. Kellie Leitch l’a critiqué sur une série de décisions passées lorsqu’il était ministre. Steven Blaney a de son côté ardemment défendu la gestion de l’offre, que promet d’abolir Maxime Bernier s’il est élu chef puis premier ministre du pays.

« Maxime, tu fais ta campagne sur le dos des fermiers de ta région. Tu fais campagne, Maxime, sur le dos de gens qui nous nourrissent ! » a scandé le député de Lévis dès le début du débat, organisé à Québec. M. Bernier n’a pas bronché. « Je vais continuer à me battre pour l’ensemble des Canadiens. Ces gens-là paient le double pour leur lait et les oeufs », a-t-il rétorqué. « Maxime nous chante des histoires à dormir debout ! a rétorqué plus tard M. Blaney en soirée. Maxime, ton plan, c’est de la foutaise sur la gestion de l’offre ! »

Le ton était lancé. Mais certains ont sommé les candidats plus animés de ne pas oublier que le véritable adversaire était Justin Trudeau. « SVP, arrêtez de vous chicaner », leur a lancé Erin O’Toole, faisant ainsi rigoler les quelque 450 conservateurs réunis dans la Vieille Capitale — la plus grosse foule réunie jusqu’à présent pour un débat à la chefferie du Parti conservateur.

Le sort de la gestion de l’offre a par ailleurs fait l’objet d’une question au débat. Tous les candidats, à la seule exception de Maxime Bernier, ont promis de la maintenir. Brad Trost miserait en outre sur l’exportation vers d’autres pays comme la Chine. Pierre Lemieux aussi ouvrirait d’autres marchés aux produits québécois, le porc par exemple.

Un français pénible

La foule francophone aura par ailleurs constaté, sans surprise, que plusieurs des 13 candidats qui briguent la succession de Stephen Harper ne savent pas converser en français. « Des efforts louables », a commenté en souriant un militant beauceron à l’issue du débat.

Deepak Obhrai était carrément incompréhensible, les militants ricanant dans la salle lors de ses réponses. Les propos de Kellie Leitch et Lisa Raitt, que les deux femmes lisaient sur leur lutrin, étaient également difficiles à déchiffrer. Erin O’Toole, Andrew Saxton et Brad Trost avaient un peu de mal, quoique étant plus à l’aise. Outre les francophones Maxime Bernier et Steven Blaney, les anglophones Chris Alexander, Michael Chong, Rick Peterson, Andrew Scheer et Pierre Lemieux dialoguaient assez aisément dans la langue de Molière.

Tensions sur l’immigration

Autre sujet de désaccord parmi les candidats conservateurs : l’immigration. Si Kellie Leitch et Steven Blaney estiment qu’il faudrait filtrer davantage les nouveaux arrivants au pays, Michael Chong estime que ce serait une grave erreur. « Si on est un parti anti-immigrants, ça va donner les prochaines élections au Parti libéral du Canada », s’est-il inquiété, en imputant à ce discours la défaite des conservateurs aux dernières élections.

Les 13 candidats sont cependant d’accord pour réinstaurer une loi conservatrice qui retirait la citoyenneté canadienne aux citoyens ayant deux nationalités et qui sont condamnés pour terrorisme. « Si on commet un acte de terrorisme, on a complètement annulé notre citoyenneté », a argué Chris Alexander, s’attirant de chauds applaudissements. La foule a apprécié aussi lorsqu’il a promis d’imposer des sanctions contre les États comme l’Iran ou d’autres du monde musulman qui financent le terrorisme « pour les punir contre ce comportement inacceptable ».

Les aspirants chefs sont en outre unanimes pour promettre de défendre le bois d’oeuvre, de réduire les impôts et de bonifier les ressources des agences de sécurité du pays. « Justin Trudeau prend la menace terroriste à la légère. Entre vous et moi, on dirait que Justin Trudeau vit dans un monde de calinours », a déploré Andrew Scheer.

Les militants conservateurs choisiront leur nouveau chef à la fin mai. Chaque circonscription aura un poids égal lors du vote — c’est donc dire que les 78 circonscriptions québécoises, sur les 338 à l’échelle du Canada, seront d’autant plus payantes pour les candidats qui sauront s’y assurer l’appui des membres.

3 commentaires
  • Gilles Delisle - Inscrit 18 janvier 2017 07 h 35

    Faire semblant d'être intéressant

    S'ils savaient à quel point les Québécois s'en balancent de leurs débats, et surtout de Maxime Bernier, qui semble croire encore, à cette grande mascarade qu'on appelle gentiment "la campagne à la chefferie du PC."

  • Colette Pagé - Inscrite 18 janvier 2017 12 h 31

    Désolant spectacle !

    Ces 11 candidats dont plus de la moitié nous ont démontré ce à quoi ressemble un Canada bilingue. Et s'il fallait que lors des prochains débats, les candidats francophones parlent si peu anglais ce serait la tollé. Heureusement que le ridicule ne tue pas !

    En organisant cette soirée plus qu'ennuyante au Québec le parti conservateur a démontré son peu de respect pour les francophones. Une occasion manquée qui en termes de votes pourrait leur coûter cher et leur faire perdre leur députation québécoise.

    • Pierre Asselin - Abonné 18 janvier 2017 17 h 04

      Pour moi , J'espère bien qu'is perdront leur députation québecoise