Il faudra, à terme, cesser d’extraire les sables bitumineux, affirme Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau lors de son passage à Peterborough, en Ontario, vendredi
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau lors de son passage à Peterborough, en Ontario, vendredi

Ottawa — Le Canada, sixième producteur mondial de pétrole, doit « mettre un terme progressivement » à l’exploitation des sables bitumineux d’Alberta et cesser sa « dépendance » aux hydrocarbures, a plaidé vendredi son premier ministre Justin Trudeau.

« On ne peut pas fermer [les mines] de sables bitumineux demain. On doit y mettre un terme progressivement », a déclaré le dirigeant libéral lors d’une rencontre en Ontario avec des citoyens.

« Nous devons préparer la transition pour rompre notre dépendance aux énergies fossiles », a-t-il ajouté, tout en soulignant que « cela prendra du temps ».

Il répondait à une question portant sur sa décision, fin novembre, d’autoriser l’augmentation de la capacité de deux oléoducs dans l’ouest du pays. Leur modernisation va accroître de près d’un million de barils par jour la capacité à l’export du pays.

« On ne peut pas choisir entre l’environnement et l’économie », a affirmé en outre M. Trudeau, convaincu de pouvoir concilier la lutte contre le réchauffement climatique et la croissance économique.

Engagé à réduire les émissions canadiennes de gaz à effet de serre conformément à l’accord de Paris, ratifié par le Canada, M. Trudeau a ainsi annoncé cet automne une taxe nationale sur le carbone en vigueur en 2018, avec l’appui de l’Alberta, province où est concentrée l’industrie pétrolière.

Les conservateurs s’opposent

L’opposition conservatrice a immédiatement condamné les propos du premier ministre. « Si M. Trudeau veut fermer les sables bitumineux d’Alberta, et ma ville d’origine, qu’il soit averti : il devra d’abord me passer dessus et sur les quatre millions d’habitants de l’Alberta », a lancé dans un communiqué Brian Jean, député conservateur de Fort McMurray, capitale pétrolière du pays.

Les sables bitumineux sont décriés pour le coût économique et environnemental de leur extraction. Présent sous forme sablonneuse dans le sous-sol de la forêt boréale, le pétrole est produit au terme d’un long processus polluant et énergivore.

Ce pétrole n’est rentable que si le cours mondial du baril est élevé. En octobre et en décembre, deux géants des hydrocarbures, Shell puis Statoil, ont d’ailleurs décidé de se désengager des sables bitumineux canadiens.

13 commentaires
  • André Tremblay - Abonné 13 janvier 2017 22 h 15

    Il est dur à suivre....

    Pourtant il a permis un pipeline pour exporter plus de pétrole vers l'Asie, pétrole qui provient des sables bitumineux.... Il faudrait qu'il se branche et arrêter de mentir à la population.
    Mais il a peut-être fait cette déclaration à la suite d'un "égoportrait" pris avec un anonyme électeur(trice) lors de ses rencontres "supposément" populiste , entre deux réceptions avec de riches hommes d'affaires et l'Agha Kan dans son île privée. Merci Justin d'être si contradictoire.

    • Pierre Lalongé - Abonné 13 janvier 2017 22 h 52

      J'aurais pas pu mieux dire!

  • Serge Morin - Inscrit 13 janvier 2017 22 h 39

    Quand il n'est restera plus , bien sûr

    • Jean Richard - Abonné 14 janvier 2017 09 h 53

      On nous annonce depuis les années 70 que les sources de pétroles seront bientôt taries et on dirait qu'aujourd'hui, elles n'ont jamais été aussi abondantes.

      Ce n'est donc pas demain la veille que l'Alberta et le Canada vont sortir de l'économie du pétrole. « À terme », c'est une date très vague...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 janvier 2017 12 h 58

      La cause est simplement l’effet de la monté des prix provoquée par la plus grande rareté, ce qui a débouché sur une stimulation de la recherche de solutions. Et dans la dernière décennie le résultat de cette recherche c’est la découverte de la technique de fracturation qui donne accès à des sources jusqu’ici impossible a exploitées. A cela s’ajoute évidemment les méthodes connues mais coûteuses qui deviennent rentables : l’offshore et le bitumineux. Et bien sûr l’accélération de l’extraction des réserves faciles connues. Mais ce n’est que partie remise, les ressources terrestres ne sont pas indéfinies.

      Ce qui est incontournable c’est que les réserves faciles à extraire se tarissent sans retour possible. Et comme la demande ne fait que s’accroître et qu'une ressource comme les sables bitumineux ne peut pas ne pas faire partie de l’offre.

      Et c’est encore plus vrai pour un pays ou les politiciens construisent leur popularité en distribuant les dollars et cumulent ainsi les déficits…

      Les prévisions pour la part du pétrole dans la consommation d’énergie globale ressemble à ceci, baisse de sa proportion, mais sur un plus grand volume.
      http://www.connaissancedesenergies.org/sites/defau

      Extrait d’ici,
      http://www.connaissancedesenergies.org/vers-une-ha

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 janvier 2017 13 h 01

      suite,

      Découvertes et production mondiale passées et prévues, excluant la ressente production par fracturation aux É-U,
      http://img110.xooimage.com/files/5/4/9/annual-worl

      Prévision de production répartie comme ceci,
      http://img110.xooimage.com/files/2/8/e/components-

      Et la place du Canada, troisième réserve au monde, comme fournisseur de l’offre de l’Amérique du Nord,
      http://img110.xooimage.com/files/9/6/5/actual-and-

      Et la composition de cette offre
      http://img110.xooimage.com/files/a/1/b/components-

      Ces 4 derniers graphiques proviennent d’une étude du gouvernement Australien faite en 2009, et donc excluant comme dit plus haut l’importante production américaine par fracturation (importante la venue de l’extraction par fracturation mais n’ajoute que quelques 60 Gb sur des réserves mondiale évaluées à 1,500Gb).

      Ce document donne un portrait fort détaillé de toutes les régions et pays producteurs dans le monde.
      http://tinyurl.com/j84vbwe

  • Réal Nadeau - Abonné 13 janvier 2017 23 h 27

    Discours et attitudes ambigus de Trudeau

    Pour qui lit superficiellement le discours de Trudeau,ce dernier paraît très ouvert à l'environnement.Les faits contredisent cette impression. L'automne dernier,son gouvernement a adopté les cibles conservatrices tant décriées de toutes parts,y compris par Trudeau lui-même en campagne électorale.Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

    Ainsi s'applique l'adage pein de sagesse:
    "Ce que tu fais parle si fort que je n'entends rien de ce que tu dis!"

  • Alain Lavallée - Inscrit 14 janvier 2017 05 h 09

    Quand en 3018 ???

    C'est le côté TRUMP eur de Trudeau. Il soutient à fond l'industrie pétrolière et ses pipelines, mais tient un discours quasi-écolo que le bon peuple veut entendre (même s'il est contraire à ses actions).

  • François Laflamme - Abonné 14 janvier 2017 08 h 54

    « On ne peut pas choisir entre l’environnement et l’économie »

    Ainsi parlent ceux qui choisissent l'économie au détriment de l'environnement...