Chefferie du PCC: quatre Québécois se rallient à Andrew Scheer

Andrew Scheer
Photo: Liam Richards La Presse canadienne Andrew Scheer

Les carottes sont-elles cuites pour Maxime Bernier au Québec ? Alors qu’il n’a pour l’instant l’appui que d’un seul député québécois, son adversaire dans la course à la chefferie Andrew Scheer en a rallié quatre jeudi. Si certains calculent que cette apparente incapacité à faire l’unanimité dans sa propre province nuira à M. Bernier ailleurs au pays, d’autres font valoir que sur le terrain, les militants sont majoritairement partisans du Beauceron.

L’ancien président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, était de passage à Québec pour annoncer qu’il avait obtenu l’appui de quatre députés : Sylvie Boucher, Pierre Paul-Hus, Alain Rayes et Luc Berthold. « L’appui de quatre députés du Québec est un signal très fort que mon message résonne partout au pays. Le Québec est la seule province où nous avons fait des gains lors de la dernière élection et nous devons poursuivre sur cette lancée », a indiqué M. Scheer par communiqué de presse.

En entrevue, M. Paul-Hus explique son appui par le fait que M. Scheer parle français et est rassembleur. « Il est comme une force tranquille. Il ne fait pas de vagues, mais il est rassembleur. Les gens vont vers lui et il met en confiance. »

La question de la gestion de l’offre — que veut abolir Maxime Bernier — n’a pas pesé dans la balance de M. Paul-Hus, qui ne compte pas d’agriculteurs dans sa circonscription de Charlesbourg. Mais elle a pesé lourd dans celle de MM. Berthold et Rayes, assure-t-il. « Ça a été un des facteurs qui pour eux disqualifiaient Maxime. »

En coulisse, il s’en trouve pour dire que ce ralliement donne un coup dur à Maxime Bernier puisqu’il envoie le message dans le reste du pays qu’il ne peut pas gagner le Québec. Son directeur de campagne au Québec, le député Jacques Gourde, ne partage pas cet avis. Les élus, soutient-il, ne sont pas un indicateur des appuis réels d’un candidat dans la province.

« On fait des sondages auprès des membres conservateurs, et 80 % d’entre eux voteront pour un candidat québécois, donc soit Maxime ou Steven [Blaney]. Les 20 % restants vont aux 11 autres candidats », dit M. Gourde.

Le choix des membres

Ce sont les membres du Parti conservateur qui éliront le chef. Chacune des 338 circonscriptions a un poids égal dans le décompte final, qu’elle compte 100 ou 10 000 membres. Même avec seulement 5000 membres en règles, les conservateurs québécois représenteront donc 23 % du score final. Maxime Bernier n’était pas disponible pour commenter à cause d’un problème de santé survenu dans sa famille.

Le Québec compte 12 députés conservateurs, dont 2 se portent candidats à la chefferie. Denis Lebel ne peut prendre parti parce qu’il est chef adjoint. Il reste donc quatre députés ne s’étant pas ralliés à l’un ou l’autre des 13 candidats à la succession de Stephen Harper.

Joël Godin (Portneuf–Jacques-Cartier) est l’un d’eux. « Je me permets d’attendre jusqu’à la fin de la période permise pour déposer sa candidature, soit le 24 février prochain », explique-t-il en entrevue. Il insiste cependant pour dire que ce n’est pas parce qu’il attend la candidature de l’homme d’affaires Kevin O’Leary. « Je ne l’appuierai jamais parce qu’il ne respecte pas les Canadiens français », dit-il, une référence au fait que M. O’Leary a déjà dit qu’il n’avait pas besoin de parler français parce que les jeunes Québécois sont presque tous bilingues.

Il n’est ni pour ni contre M. Scheer pour l’instant, mais il insiste : « C’est beaucoup de dire que le Québec est derrière lui. Ce [les quatre députés] n’est que le tiers du caucus. Ils ne parlent pas au nom du Québec ou de tous les militants québécois. Si tous les députés étaient derrière lui, ce serait une claque au visage de M. Bernier ou M. Blaney, mais ce n’est pas le cas. » Il fait remarquer que M. Scheer, qui vient de la Saskatchewan, n’a pas davantage la totalité du caucus de sa province derrière lui. Cette province compte 10 députés, dont 2 sont dans la course. Quatre appuient M. Scheer, un appui Erin O’Toole et les trois autres ne se sont pas prononcés.


Kevin O’Leary invité à se lancer

L’homme d’affaires et personnalité de téléréalité Kevin O’Leary est invité à se lancer dans la course à la succession de Stephen Harper. En décembre, il avait constitué un « comité exploratoire », composé notamment de l’ancien premier ministre ontarien Mike Harris et de l’ex-sénatrice Marjory LeBreton, devant vérifier s’il y avait de l’appétit pour sa candidature. La réponse est arrivée jeudi : oui. Le comité prétend que 35 000 personnes l’ont contacté à cette fin. « M. O’Leary délibérera au cours des prochains jours sur ces conclusions et par conséquent, ne participera pas au débat en français à venir », dit le communiqué de presse. Il a été supputé que M. O’Leary reportait son lancement dans la course pour s’éviter l’humiliation de ne pouvoir participer pleinement au débat en français de mardi. « J’ai grandi à Montréal et je suis un fier Canadien, écrit-il dans le communiqué. Je m’engage à apprendre à nouveau le français. Par respect pour le Québec et les Canadiens français, je sens que je dois m’abstenir du débat en français jusqu’à ce que je sois plus compétent. Inutile de dire que je regarderai comment les autres s’en sortent », conclut-il.


Qui sont les candidats et les potentiels aspirants-chefs ?

2 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 janvier 2017 14 h 07

    Ça me désole énormément...

    ... que 4 députés conservateurs québécois ne se rangent pas derriere Maxime Bernier. Tellement que ça m'empêche même de dormir.

  • Patrick Daganaud - Abonné 14 janvier 2017 22 h 08

    Les lapins resteront sur leur faim...

    Les carottes de Maxime étaient cuites avant même de pousser!

    Cours toujours, mon Maxime!