Dion perdrait les Affaires étrangères

L’actuel ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, perdrait son poste, ce qui lui ouvrirait toutefois les portes de l’ambassade du Canada à Paris.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne L’actuel ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, perdrait son poste, ce qui lui ouvrirait toutefois les portes de l’ambassade du Canada à Paris.

Après seulement 14 mois au pouvoir, le premier ministre Justin Trudeau s’apprête à remanier son cabinet. Et le grand perdant de l’exercice pourrait bien être l’actuel ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, l’équipe politique de M. Dion est conviée mardi matin, à 8 h 30, pour prendre connaissance des changements qui toucheront leur patron. Tout indique que M. Dion ne sera pas déplacé à l’intérieur du cabinet, mais en sera tout simplement exclu. Cette rétrogradation pourrait toutefois ouvrir la porte à un poste enviable : celui d’ambassadeur du Canada à Paris, qui se libérera peu de temps après l’élection présidentielle de mai avec le départ de Lawrence Cannon, lui-même ancien ministre (conservateur) des Affaires étrangères.

« Il n’y a pas de poste plus prestigieux que celui de ministre des Affaires étrangères », rappelle une source. De fait, les précédents titulaires récents du poste l’ont perdu soit parce qu’ils ont perdu leur élection (Rob Nicholson, Lawrence Cannon, Pierre Pettigrew), soit parce qu’ils ont quitté la vie politique (John Baird, David Emerson). Toutefois, Maxime Bernier l’avait perdu en 2008 dans la foulée de l’affaire Julie Couillard. Il est revenu au cabinet trois ans plus tard. Peter MacKay a perdu ce poste tout en restant au cabinet dans d’autres fonctions.

Selon La Presse canadienne, qui a la première annoncé la tenue d’un remaniement ministériel pour mardi, la gestion par M. Dion du dossier de la vente d’armes à l’Arabie saoudite expliquerait en partie ce départ. En coulisses, néanmoins, certains doutent de cette analyse et se demandent si le rapport personnel entre M. Dion et Justin Trudeau n’est pas aussi en jeu. Rappelons que, lorsque M. Trudeau est entré en politique, c’est Stéphane Dion qui dirigeait le Parti libéral du Canada. En 2007, M. Trudeau voulait se présenter dans le bastion libéral d’Outremont libéré par Jean Lapierre, mais M. Dion avait refusé. Il l’avait plutôt envoyé gagner ses galons dans Papineau, représenté par la bloquiste Vivian Barbot, où il avait même dû se battre pour remporter l’investiture.

Toujours selon La Presse canadienne, c’est l’actuelle ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, qui le remplacerait. Ancienne journaliste économique, Mme Freeland a vécu à la fois à New York et à Moscou, et parle plusieurs langues. Elle a cependant écrit un livre, Plutocrats, sur les milliardaires de ce monde, ce qui la campe dans un rôle de « gauchiste » qui pourrait mal passer aux yeux du nouveau gouvernement américain de Donald Trump.

Selon La Presse canadienne, le remaniement impliquerait également la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, très critiquée pour sa gestion de la future réforme du mode de scrutin, et la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuck, qu’on a très peu vue. Patty Hajdu, à la Condition féminine, pourrait obtenir une promotion. François-Philippe Champagne, le député de Saint-Maurice–Champlain, ferait son entrée au cabinet. Quant au ministre de l’Immigration, John McCallum, il pourrait quitter la vie politique, et certaines sources suggèrent qu’il sera nommé ambassadeur en Chine. Le nom de Marc Garneau a également été évoqué.

13 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 10 janvier 2017 07 h 40

    Une perte

    Si "Stéphane Dion perdait les Affaires Étrangères", que gagnerait en retour les Affaires Étrangères?

  • Gilbert Turp - Abonné 10 janvier 2017 08 h 02

    Monsieur Dion aurait-il manqué...

    de clarté en gérant son trafic d'armes ?

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 10 janvier 2017 10 h 33

      L'obscurantisme : Comportement rétrograde qui entretient l'ignorance des masses afin d'empêcher l'évolution des connaissances dans un domaine particulier, et ce, malgré l'existence de preuves avérées.

      Si jamais Dion était nommé ambassadeur du Canada dans la ville Lumière, peut-être sortirait-il enfin de son obscurantisme.

  • Bernard Terreault - Abonné 10 janvier 2017 08 h 54

    Toute une débarque

    pour l'intellectuel de service au Parti Libéral. Mais en comparaison de prédécesseurs du calibre de Maxime Bernier il peut se considérer comme "pas pire".

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 10 janvier 2017 09 h 12

    ????????????

    Si jamais Stéphane Dion était nommé à Paris...ce serait le renard dans le poulailler.
    et je suis très polie dans le choix de mes mots...

    • André Joyal - Abonné 10 janvier 2017 20 h 35

      Allons Mme Sévigny! Attendez de voir qui Trump va nommer pour Paris. Votre renard va se transformer en enfant de choeur.

  • André Tremblay - Abonné 10 janvier 2017 09 h 40

    Une perte...

    Sûrement pas pour les affaires étrangères...