Mulroney salue Trump le «gentleman»

Brian Mulroney a reçu mardi l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur française.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Brian Mulroney a reçu mardi l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur française.

Le caractère mal dégrossi du prochain président américain, Donald Trump, ne déplaît pas à tous. L’ancien premier ministre Brian Mulroney le qualifie plutôt de « gentleman » qui tout au plus a versé dans l’hyperbole en campagne électorale par stratégie pour se démarquer de ses adversaires.

« Je ne le connais pas intimement, mais je le connais depuis au-delà de 20 ans », a relaté Brian Mulroney lors d’une rencontre de presse mardi soir à l’ambassade de France où il recevait l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur française. « Pour moi, ça a toujours été un gentleman. Le père de cinq enfants. Il n’y en a pas un là-dedans qui fume, qui boit ou qui prend de la drogue. Ce sont des enfants merveilleux. Pour moi, si quelqu’un est en mesure de faire 10 milliards de dollars et d’élever cinq enfants comme cela, il y a du bien là-dedans. »

Quand on lui fait remarquer que le qualificatif de gentleman n’est pas nécessairement celui qui vient en tête des gens à l’évocation de Donald Trump, M. Mulroney reconnaît « qu’il y a des phrases dont on aurait pu se passer ». Mais il enjoint aux gens de ne pas se laisser duper par le théâtre électoral. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’en veut pas davantage à la candidate à la chefferie conservatrice Kellie Leitch de tenir des propos sur les immigrants que certains associent à ceux de M. Trump. « Moi, ça ne me dérange pas. Dans les courses à la direction, les gens cherchent à se distinguer des autres. Les conservateurs ont une quinzaine de candidats à ce que je sache, alors Mme Leitch, je n’ai pas suivi la campagne, mais je présume qu’elle veut se démarquer pour qu’on puisse parler d’elle et de son programme. »

Du « locker-room talk »

Mais que pense-t-il des commentaires de M. Trump sur les femmes, qui ont été filmés à son insu bien avant qu’il ne se lance en politique ? L’ancien premier ministre prend une longue pause, réfléchit, puis lance : « Ce sont des commentaires qui ont été mentionnés dans un climat de détente où les deux rigolaient. Du locker-room talk. Ce n’est pas pour pardonner, mais le Donald Trump que j’ai connu, et sa femme, est un gentleman qui se comporte avec dignité et respect. »

Par ailleurs, M. Mulroney a indiqué que jusqu’à présent, il trouvait que Justin Trudeau s’est bien acquitté de sa tâche. « À date, à part quelques exceptions, des bagatelles, il n’a pas fait de coche mal taillée. Il a l’air de bien nous représenter au niveau international. »

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