Justin Trudeau n'assistera pas aux funérailles de Castro

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ne se rendra pas à Cuba pour les funérailles de Fidel Castro. Le Gouverneur général, David Johnston, fera toutefois le déplacement jusqu'à La Havane pour assister aux commémorations, mardi soir, à la Place de la révolution.

La réaction de Justin Trudeau, à la suite du décès de l'ex-président cubain, a été vivement critiquée ces derniers jours. Plusieurs députés de l’opposition conservatrice ainsi que des élus républicains aux États-Unis lui ont reproché d’avoir passé sous silence les abus des droits de la personne, commis par le régime castriste pendant des décennies.

Samedi, le premier ministre avait affirmé avoir appris la nouvelle « avec une profonde tristesse », qualifiant même Fidel Castro d'« ami de longue date » du Canada. C'était un « leader plus grand que nature » ayant « consacré près d’un demi-siècle au service du peuple cubain », avait-il ajouté. 

Rappelons que la famille Trudeau entretenait des liens proches avec Fidel Castro. Ce dernier s’était même déplacé jusqu’à Montréal pour assister aux funérailles de Pierre Elliott Trudeau, le 2 octobre 2000.

Devant la controverse, le premier ministre a finalement changé de discours dimanche, en reconnaissant, à demi-mot, que Fidel Castro était un dictateur. 

À Madagascar dans le cadre du Sommet de la Francophonie, une journaliste lui a directement demandé si il considérait que Fidel Castro était un dictateur. Il a répondu en anglais « Oui ». « Il a eu un impact profond et durable sur le peuple cubain. Il était certainement une figure polarisante et il y avait certainement de grandes craintes quant à son bilan en matière de droits humains », a-t-il ajouté. 

Philippe Couillard ne s'envolera pas pour Cuba

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui s’était porté à la défense de son vis-à-vis fédéral, ne sera pas non plus à Cuba pour les obsèques de Fidel Castro, selon ce qu’a indiqué lundi à La Presse canadienne son attaché de presse.

Les cendres de l’homme qui aura dirigé Cuba d’une main de fer pendant près de cinq décennies doivent être enterrées le dimanche 4 décembre à Santiago de Cuba, dans l’est de l’île.

18 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 28 novembre 2016 13 h 35

    C'est dommage que M. Trudeau ait trahi une amitié historique!

    Je suis très triste que M. Trudeau ait cédé aux critiques de ses adversaires. Il a trahi l'amitié historique entre sa famille et celui de Fidel Castro. C'est vraiment dommage. L'amitié devrait triompher sur toutes les autres considérations machiavéliques.

    • André Joyal - Inscrit 28 novembre 2016 21 h 29

      En effet! Mais, j'imagine qu'il ne faille pas trop déplaire au nouveau «dictateur» élu par une minorité d'électeurs. Le pouvoir est à Washington, on a dû le rappler à Justin Trudeau ce qu'a toujours refusé d'admettre et de reconnaitre celui qui vient de nous quitter.

  • Pierre Lalongé - Abonné 28 novembre 2016 13 h 50

    Je suis très déçu de notre PM!

    Justin Trudeau n'assistera pas aux funérailles d'un ami du Canada et de sa famille pour ne pas déplaire à Donald Trump.
    Je suis très déçu de notre de notre premier ministre!

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 novembre 2016 12 h 23

      Votre déception et la mienne représentent une victoire de la Droite américaine (et son perroquet canadien).

      Les condoléances de Justin Trudeau n’ont outragé que ceux déjà hostiles à son égard.

      Mais en n’osant pas assister aux funérailles par crainte de susciter la controverse, il déçoit une partie de sa base électorale, celle qui sait très bien ce que son père aurait fait à sa place.

      Mais voilà, on est en 2016…

  • Richard Lupien - Abonné 28 novembre 2016 15 h 04

    Au mépris des droits de l'homme, notre premier ministre fait commerce avec l'Arabie Saoudite, question gros sous dans l'armement avec un un pays rétrograde sur tous les plans. Pays qui emprisonne , lapide, coupe mains, fouette. Traitent les femmes comme étant inférieures Par peur et par faiblesse et petitesse, il n'ose aller commémorer à Cuba la victoire de Fidel Castro sur le dictateur corrompu Batista, marionnette des U.S.A. abuseur, envahisseur d,un pays pour les seuls bénéfices des riches Yankiies. justin Trideau déshonore la mémoire de son père qui lui avait plus de cran vis-à-vis de Cuba, sans se laisser mener par le bout du nez par les qu'en dira-t-on.

  • François Beaulne - Abonné 28 novembre 2016 16 h 07

    C'est dommage

    Le premier ministre Trudeau a émis un message digne suite au décès de Fidel Castro et c'est dommage qu'il se laisse intimider par les remarques désobligeantes et teintées d'opportunisme de conservateurs influencés davantage par leur course à la chefferie que par une vision à long terme de l'intéret du Canada et du Québec. Que ce soient Bernier, Deltel ou les autres, il est désolant de constater l'ignorance de ces gens qui oublient que ce ne sont pas les libéraux, mais le gouvernement conservateur de John Diefenbaker qui a reconnu le gouvernement révolutionnaire de Fidel en dépit des pressions américaines et du blocus américain.
    Et dire que depuis le voyage du président Obama a Cuba les tribunes publiques ne dérougissaient pas sur comment protéger nos acquis dans ce pays au point où les premier ministres Couillard et Trudeau s'y étaient précipités au cours des dernières semaines!
    Il aura suffit d'un tweet de Trump et de quelques conservateurs désespérés d'attention pour influencer nos premiers ministres. De quoi alimenter le cynisme face aux politiciens et surtout face aux conservateurs.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 28 novembre 2016 16 h 33

    Les entrepreneurs québécois à Cuba seront déçus

    Justin Trudeau avait plus d'audace en tant que candidat libéral.

    Son père aurait certainement eu le courage de tenir tête à la Droite américaine.

    C'est dommage. Bien des entrepreneurs québécois à Cuba auraient sans doute bénéficié de l'indulgence du régime si Justin Trudeau s'était déplacé pour les funérailles de Castro. Les vrais perdants de ce refus, ce sont eux.