L’Ontario devient membre de l'OIF

La première ministre Kathleen Wynne
Photo: Chris Young La Presse canadienne La première ministre Kathleen Wynne

Le parcours menant à l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) aura été sinueux, mais il est enfin terminé. La province a obtenu le statut d’observateur qu’elle demandait, samedi, au XVIe sommet de l’Organisation, à Madagascar.

Les États membres de l’OIF ont accordé samedi le statut d’observateur à cette province, qui compte la plus importante population francophone au pays en dehors du Québec.

Cette dernière et le Nouveau-Brunswick sont déjà membres à part entière de l’Organisation depuis les années 1970.

Ce statut d’observateur ne serait que la première étape pour l’Ontario, qui souhaiterait « y obtenir par la suite le statut de membre de plein droit », révélaient des échanges entre les premiers ministres Kathleen Wynne et Justin Trudeau, dont Le Devoir avait obtenu copie en octobre.

En l’absence de la première ministre de l’Ontario, c’est la ministre ontarienne déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, qui a prononcé un discours visant à convaincre les représentants des divers États et gouvernements d’avaliser la demande d’admission de l’Ontario.

« Le statut d’observateur de l’Ontario reflète le rôle prépondérant de la communauté franco-ontarienne dans l’histoire, le présent et l’avenir de la province ainsi que l’engagement du gouvernement à protéger et à promouvoir la langue française et l’identité francophone », a fait savoir le gouvernement libéral provincial, dans un communiqué de presse.

L’Ontario s’engage à appuyer les initiatives de l’organisation en ce qui a trait à la diversité culturelle, le développement durable et l’éducation ainsi que l’avancement de la démocratie et des droits de la personne.

« Le gouvernement du Canada se réjouit que l’Ontario ait obtenu le statut d’observateur, a déclaré le premier ministre Trudeau. Les Franco-Ontariens ont joué un rôle de premier plan dans l’édification du Canada, et nous sommes enthousiastes à l’idée de travailler ensemble pour faire rayonner notre langue, notre culture et nos valeurs. »

Contrairement à son prédécesseur, le gouvernement Trudeau avait appuyé « sans réserve » cette démarche, s’engageant l’été dernier à « préparer une campagne efficace visant à convaincre et rallier les autres membres de l’OIF ». En coulisse, à Ottawa, on soulignait à l’automne que la demande ontarienne avait reçu un « accueil très favorable » chez les États membres.

Cette démarche a toutefois été occultée au cours des derniers jours par une autre demande d’adhésion, de l’Arabie saoudite, celle-là.

Les représentants des 80 États et gouvernements qui participent à cette grande messe francophone ne s’entendaient pas sur l’admission potentielle de l’État du golfe à titre de membre observateur.

7 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 26 novembre 2016 11 h 48

    Madame Winne est sans doute bien sympathique.

    Mais tout cela est un vaudeville sans nom. C'est une farce.

    Avec Michaëlle jean ala tête de l'OIF, cette arriviste sans talent sinon la couleur de sa peau, ça aide en Afrique hein. Madame jean ne casse pas de sucre c'est le moins qu'on puisse dire.

    La dernière fois qu'on a entendu parler d'elle, c'était à propos de ses dépenses que dans certains milieux on jugeait somptuaires. C'est toute la marque qu'elle laissera de son passage à la tête de l'OIF.


    Avec Trudeau qui est un anglophone. Dès cour de fraçais lui feraient du bien. Mais il est trop tard pou ça.

    Couillard qui en profitera pour s'insérer dans la délégation canadienne. Ben oui on est maintenant trois, donc le fédéral pourra établir son hégémonie. il en profitera dailleurs pour faire entrer ses ami saoudien... Qui parlent arabe et anglais!

    Quant à François Hollande il ne sait pas très bien où il s'en va, et la francophonie, bof! C'est le cadet de ses soucis on s'entend.

    Je prévois que la francophonie va devenir un club social bilingue anglo fraçais à dominance anglaise d'ici une dizaine d'années tout au plus.

    • Hélène Gervais - Abonnée 27 novembre 2016 07 h 48

      Je suis en partie d'accord avec vous. J'ai entendu un début de discours la semaine dernière en anglais concernant la francophonie. Ça m'a fait sourire. Pour l'Ontario, tant que le ou la premier(ère) ministre parle français ça va, mais quand il y aura un unilingue anglais à la tête de la province, qu'arrivera-t-il? Oui bien sûr, un(e) représentant(e) parlant français pourra toujours représenter la province. Et pour l'Arabie Saoudite, je me questionne, je ne pensais pas qu'ils fréquentaient la langue française. Je suis donc surprise. Mais peut-être ais-je tort.

  • Denis Paquette - Abonné 26 novembre 2016 13 h 40

    félécitation

    Bravo quand on connait l'Ontario ca leur revient de droit, je ne connais pas le pourcentage de francais, mais je sais que beaucoup de gens parlent francais et en sont fiers et peut etre plus que beaucoup de québécois

  • Yves Côté - Abonné 28 novembre 2016 03 h 02

    L'idée canadienne est...

    L'idée canadienne est de non seulement continuer à diluer l'intention québécoise historique à faire de la langue française la langue commune du Québec, mais d'en finir avec le peu de pouvoir politique des Québécois au Canada et les sympathies internationales qu'ils ont su tisser depuis maintenant soixante ans.
    La présence de Madame Jean à l'OIF n'est que le résultat des tractations et pressions que le Canada a exercées à l'international pour arriver à anéantir les chances de toute personalité africaine d'accéder au poste de Secrétaire Général.
    Cela réflétant en tout ce que le Canada défini comme le sens véritable pour lui du droit de représentation international des nations libres de ce monde.
    Nous ne devons pas participer à cette duperie politique.
    Ni par le silence, ni par l'indifférence qui fait fermer les yeux sur ce qui nous déplait, pour ne pas le voir.

    Merci de m'avoir lu.

  • A/s De: M. Beaudoin Bergeron Rhr Expert - Abonné 28 novembre 2016 04 h 29

    Canadiens-français vs OIF

    Les canadiens-français forment un seul peuple. Nous vivons dans différentes provinces canadiennes et en grand nombre aux États-Unis. Au Québec nous formons 80% de la population.
    Le Québec devrait faire reconnaître ce fait et lorsque des provinces demandent leur adhésion à l'OIF, comme l'Ontario, ce serait les canadiens-français de l'Ontario dont nous parlerions et non des franco-ontariens.

  • Sylvain Bolduc - Abonné 28 novembre 2016 08 h 17

    Pourquoi?

    La France et la Suisse ont 1 représentant chacun.

    Pourquoi le Canada en a maintenant 4??? En plus du représentant du Québec, le Canada a son propre représentant pour l'ensemble du pays déjà !

    Est-ce pour diluer le pouvoir du Québec à l'international? Ça ne sent pas bon pour le Québec et je me demande bien si ce n'est exactement le motif derrière tout ça.

    Ahh ces fédéralistes pensent à tout...