Des journalistes demandent à Ottawa d’agir pour protéger la liberté de la presse

Les journalistes Patrick Lagacé, Mohamed Fahmy, Ben Makuch et Tom Henheffer ont demandé la tenue d’une commission d’enquête pour savoir si les autorités fédérales ont déjà dans le passé mis sous surveillance des journalistes.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Les journalistes Patrick Lagacé, Mohamed Fahmy, Ben Makuch et Tom Henheffer ont demandé la tenue d’une commission d’enquête pour savoir si les autorités fédérales ont déjà dans le passé mis sous surveillance des journalistes.

Le gouvernement fédéral est à son tour invité à agir pour endiguer les filatures policières visant des reporters. Quatre journalistes ont convergé vers Ottawa mercredi pour exiger de l’administration Trudeau qu’elle adopte trois mesures pour rendre plus difficile l’obtention de mandats visant un des leurs. Ils demandent aussi la tenue d’une enquête publique pour faire la lumière sur les potentiels cas passés de surveillance.

Le quatuor était composé de Mohamed Fahmy, le journaliste emprisonné pendant presque deux ans en Égypte ; Ben Makuch, un journaliste de Vice Media qui fait face à la prison parce qu’il refuse de fournir à la police les textos échangés avec un Canadien parti se battre aux côtés du groupe État islamique ; le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé ; et Tom Henheffer, le directeur général de Canadian Journalists for Free Expression.

M. Henheffer demande à Ottawa dans un premier temps d’adopter une « loi bouclier » qui empêcherait les autorités d’exiger d’un journaliste qu’il divulgue ses sources. Ensuite, il veut que soit rehaussé le niveau de preuve nécessaire pour qu’un mandat d’interception de communications — visant un journaliste ou qui que ce soit d’autre — soit délivré. Enfin, il propose que les demandes de mandats (d’écoute ou autre) visant des journalistes soient désormais entendues par des juges et non des juges de paix et que ces demandes soient présentées par un procureur de la Couronne plutôt qu’un agent des forces de l’ordre.

Selon M. Henheffer, les procureurs de la Couronne sont plus susceptibles de prendre en compte les intérêts d’une presse libre. « Cela ne prolonge pas vraiment le processus, mais crée un garde-fou de plus », a expliqué M. Henheffer en conférence de presse.

Les quatre journalistes ont demandé la tenue d’une commission d’enquête pour savoir si les autorités fédérales ont déjà dans le passé mis sous surveillance des journalistes. Le gouvernement libéral se contente de dire qu’aucune surveillance de ce type n’est effectuée en ce moment, mais refuse de dire si cela s’est produit dans le passé.

Interrogé à la Chambre des communes, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, s’est borné à répéter que son gouvernement « est en train de revoir tous les garde-fous fédéraux en place, incluant les directives ministérielles ».
 

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