Le Parti libéral du Canada réfute les attaques sur son éthique

Justin Trudeau s’est montré ouvert, jeudi, à un resserrement draconien des règles concernant le financement politique.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Justin Trudeau s’est montré ouvert, jeudi, à un resserrement draconien des règles concernant le financement politique.

La directrice nationale du Parti libéral du Canada réfute les accusations de ses adversaires qui lui reprochent d’avoir utilisé des méthodes de financement douteuses, rappelant les longues démarches mises en oeuvre par la formation politique pour éviter tout conflit d’intérêts.

Christina Topp a affirmé que les listes d’invités des activités de financement auxquelles participent les ministres étaient scrutées à la loupe par le parti pour s’assurer qu’aucun lobbyiste enregistré ne soit présent. Le même processus est en place lorsqu’un secrétaire parlementaire assiste à un événement, selon Mme Topp.

La directrice nationale a fourni une liste détaillée de toutes les précautions qui sont prises par le parti dans une lettre envoyée vendredi à tous les ministres et les secrétaires parlementaires du gouvernement Trudeau. La Presse canadienne a pu consulter le document.

Mme Topp a écrit qu’elle communiquait avec eux pour énumérer « toutes les étapes et toutes les mesures » mises en place par le parti afin de respecter les principes du gouvernement ouvert et responsable, ainsi que tous les règlements d’Élections Canada et les règles sur les conflits d’intérêts.

Le document « Pour un gouvernement ouvert et responsable » a été instauré par le premier ministre Justin Trudeau lorsque le Parti libéral a pris le pouvoir il y un an. Il énonce notamment les normes de conduite pour les ministres libéraux.

Ce dernier souligne entre autres « qu’il ne doit y avoir aucun accès préférentiel au gouvernement, ou apparence d’accès préférentiel, accordé à des particuliers ou à des organismes en raison des contributions financières qu’ils auraient versées aux politiciens ou aux partis politiques. »

Les partis de l’opposition accusent le Parti libéral d’avoir enfreint cette directive en organisant des événements qui auraient donné un accès préférentiel à des ministres pour des invités qui avaient versé jusqu’à 1500 $ au parti — le montant maximum permis par la loi.


« Douteux »

La commissaire à l’éthique, Mary Dawson, a qualifié ces événements exclusifs de « douteux », bien qu’elle ne dispose actuellement d’aucune autorité pour les interdire.

La commissaire au lobbying, Karen Shepherd, a confirmé qu’elle examinait une plainte de l’organisme Démocratie en surveillance. Selon ces allégations, Barry Sherman, président du conseil d’administration de la société pharmaceutique Apotex, aurait pris part à la vente de billets pour une activité de financement libérale qui doit mettre en vedette le ministre des Finances Bill Morneau, la semaine prochaine.

Dans sa lettre, la directrice nationale du parti soutient que les ministres et les secrétaires parlementaires qui prennent part aux activités de financement ne sont pas impliqués dans leur organisation et n’interviennent pas en ce qui a trait à la liste d’invités.

Christina Topp ajoute que toutes les communications concernant ces événements précisent qu’ils sont de nature partisane pour marquer leur dissociation des affaires gouvernementales.

Elle avance par ailleurs que les ministres et les secrétaires parlementaires tiennent des « centaines » de consultations, d’assemblées et de discussions en ligne « ouvertes au public gratuitement ».

Justin Trudeau s’est néanmoins montré ouvert, jeudi, à un resserrement draconien des règles concernant le financement politique afin de contrer ces impressions d’accès privilégié à son cabinet et de réduire la nécessité pour les formations politiques d’amasser continuellement des fonds.

Le premier ministre n’a pas écarté la possibilité d’abaisser le plafond de 1500 $ pour les dons individuels, de réinstaurer le financement populaire selon le nombre de voix récoltées ou de fixer une limite aux dépenses des partis entre chaque élection.

3 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 5 novembre 2016 20 h 27

    Parlant d'éthique, monsieur le PM Trudeau,



    qu'attendez-vous pour demander à la CSC son avis sur C-14 portant sur l'aide médicale à mourir?

    Qu'attendez-vous pour envisager de retirer un article de cette Loi portant sur le suicide médicalement assisté, un article tant irresponsable que porteur de tant de drames, un article mettant en malaise et en danger tant les familles que les soignants? («de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu’elle se l’administre et cause ainsi sa mort ».)

    Qu'attendez-vous pour respecter pleinement son Avis, pour mieux respecter tant les mourants que les grands souffrants...?

    Monsieur le Premier Ministre, en ce mois de novembre mois des morts,osez avec votre Gouvernment demander cet avis sur C-14, maintenant. Votre éthique sera à sa hauteur et à sa noblesse. Merci.

    • Christian Debray - Abonné 6 novembre 2016 10 h 50

      Vous avez raison cet article est mal fait et irresponsable, mais le problème est plus profond, la loi C-14 au complet est à refaire. Il faut se baser sur l’esprit de la décision de la Cour Suprême du Canada. Elle n’a pas créé de droit à la mort, mais bien seulement l’abolition de la totale interdiction, ce qui n’est pas la même chose. C’était pour fournir un cadre à ce qui se passait déjà dans les hôpitaux, c’est raté.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 6 novembre 2016 05 h 43

    Les ministres doivent fuir les activités de financement

    Le fait de s'assurer qu’aucun lobbyiste enregistré ne soit présent à une activité de financement empêche seulement les lobbystes se conformant à la loi d'être présent à un événement donné. Il n'interdit pas aux rusés délinquants d'être présents ou encore de s'y faire officieusement représenter pour remercier le parti gouvernemental « pour faveurs obtenues ou à obtenir» et en ce sens diminue l'impact de cette loi, voire la contourne à dessein. Il peut également y avoir des erreurs et de l'aveuglement volontaire des « personnes passant le chapeau » (Cacher ce sein que je ne saurais voir)! L'accès à un ministre ou à un quelconque fonctionnaire ne devrait donc jamais être monnayé et surtout pas de façon significative, par exemple pour un montant de 100$. Tolérer le contraire favorise l'aveuglement politique volontaire et essaime la corruption politique. La Chambre des communes doit donc rapidement s'assurer que les parties reconnus aient suffisamment d'argent pour remplir leurs tâches parlementaires et représentatives et les ministres absolument fuir les activités de financement. N'agissent-ils pas à temps complet pour nous tous? N'ont-ils pas mieux à faire pendant leurs temps libres, par exemple s'occuper de leurs familles et de leur santé?