Mulcair pourfend Trudeau pour avoir rompu ses promesses

Thomas Muylcair critique notamment Justin Trudeau pour ne pas avoir rétabli la livraison du courrier à domicile et pour avoir reculé sur son intention de réformer le système électoral.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Thomas Muylcair critique notamment Justin Trudeau pour ne pas avoir rétabli la livraison du courrier à domicile et pour avoir reculé sur son intention de réformer le système électoral.

Même s’il ne lui reste qu’un an à la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair s’est montré combatif lors du discours qu’il a prononcé au congrès de la section québécoise du parti, accusant les libéraux d’avoir rompu « une promesse après l’autre ».
 

« Justin Trudeau, Paul Martin, Jean Chrétien: même combat. Pour celle ou celui à qui je vais passer le flambeau dans un an, cette personne sera en mesure de dresser la liste complète de tout ce que les libéraux avaient dit qu’ils allaient faire et qu’ils n’avaient aucune intention faire », a-t-il tonné devant une centaine de délégués réunis samedi dans le centre-ville de Montréal.
 

M. Mulcair a énuméré toutes les promesses qu’a brisées, selon lui, le gouvernement Trudeau et tenté de démontrer que le NPD est la seule voix progressiste à Ottawa. Le chef sortant critique Justin Trudeau qui n’a pas rétabli la livraison du courrier à domicile, qui semble avoir fait marche arrière sur la réforme du scrutin et qui est allé de l’avant avec la vente de véhicules blindés à l’Arabie saoudite, a-t-il déploré.
 

« Ce n’est pas un parti qui croit à la paix. C’est un parti qui renonce à ses propres principes, qui n’en a pas de principe et nous, on va le dénoncer haut et fort à chaque fois », a-t-il lancé.
 

M. Mulcair n’a pas manqué d’écorcher les principaux ministres du gouvernement libéral, dont le ministre des Finances, Bill Morneau, « ce multimillionnaire dont le nom est sorti lorsqu’on a publié les Panama Papers » et le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, à qui il reproche de dire des « sottises » sur le dossier de Bombardier.

M. Mulcair a même qualifié les 40 députés libéraux québécois de « pantins soi-disant québécois ».
 

« Quand je les regarde et que je les entends surtout parler en anglais... C’est ça, le Parti libéral. C’est un scandale, qu’il n’y ait pas une place plus importante pour la langue française dans ce gouvernement », a-t-il soutenu.
 

En mêlée de presse après son discours, Thomas Mulcair a réitéré qu’il avait l’intention de rester chef jusqu’à ce que le parti lui choisisse un successeur en octobre 2017. Il a expliqué que son rôle consistait en ce moment à mettre en ordre le NPD et à défendre ses idées pour que le parti soit en bonne posture lorsqu’il passera le flambeau.
 

Mis à part les députés québécois, les députés Peter Julian et Charlie Angus, qui sont pressentis pour se présenter dans la course à la direction, étaient présents à Montréal. La jeune députée manitobaine Niki Ashton, qui pourrait elle aussi se lancer, s’était adressée à l’aile jeunesse du NPD lors de son congrès annuel, qui se tenait vendredi à l’Université McGill. Le nom du député québécois Guy Caron circule également parmi les potentiels candidats à la direction.
 

Quant à son avenir dans un an, M. Mulcair a dit qu’il était toujours en réflexion, rappelant qu’il avait déjà enseigné à l’université et qu’il était toujours avocat. « Il y a plein de choses que je suis en train de regarder avec les gens qui m’en parlent. Je vais faire une chose, c’est certain: je vais être là pour passer le flambeau et je vais continuer de militer pour un Canada et un Québec plus juste », a-t-il conclu.
 

Le congrès de la section Québec du NPD qui s’est ouvert samedi se poursuit jusqu’à dimanche à Montréal. Cet événement permet aux délégués québécois d’adopter des résolutions sur une variété d’enjeux qui seront mises de l’avant à l’ocasion des congrès fédéraux du parti.

2 commentaires
  • François Beaulne - Abonné 29 octobre 2016 17 h 05

    Une erreur monumentale

    Dans leur bilan de fin d'année 2015, plusieurs observateurs et commentateurs de la scène politique fédérale ont qualifié de plus grande erreur politique de l'année le renvoi cavalier de son chef par le NPD à son congrès d'Edmonton, après la défaite électorale.
    A en juger par le comportement, malgré tout combattif et motivé de Monsieur Mulcair dans l'adversité, force est de constater qu'il demeure sans contredit le meilleur atout de son parti pour se maintenir à flot et jouer un rôle de véritable opposition dans un contexte où les conservateurs ne font pas le poids.
    La manière dont une poignée de délégues ont montré la porte à Monsieur Mulcair porte à réfléchir sur la nécessité de revoir en profondeur les statuts de ce parti. et des autres partis, qui prévoient l'élection du chef au suffrage universel des membres alors qu'une poignée de délégués, souvent choisis par paquetage de salles, peuvent en disposer. Si un chef est élu au suffrage de tous les membres, il appartient démocratiquement à tous les membres de décider de son sort.
    Si c'eût été le cas au NPD, je demenre convaincu que M. Mlucair en serait encore le chef aujourd'hui.

  • Patrick Boulanger - Abonné 30 octobre 2016 09 h 56

    Tom a-t-il peur de Thomas?

    « Quand je les regarde et que je les entends surtout parler en anglais... C’est ça, le Parti libéral. C’est un scandale, qu’il n’y ait pas une place plus importante pour la langue française dans ce gouvernement », a-t-il soutenu.

    Ce n'est pas ce M. Mulcair qui a déjà travaillé pour Alliance Québec; un organisme qui a combattu la loi 101?