Le Bloc veut aider les nouvelles mères chômeuses

Le congé moyen pris par les nouvelles mères est de 48,5 semaines au Québec et de 43,6 semaines ailleurs au pays. Si elles perdent leur emploi dans les quelques semaines suivant leur retour au travail, elles n’auront donc pas accumulé assez d’heures pour se qualifier pour l'assurance-emploi.
Photo: iStock Le congé moyen pris par les nouvelles mères est de 48,5 semaines au Québec et de 43,6 semaines ailleurs au pays. Si elles perdent leur emploi dans les quelques semaines suivant leur retour au travail, elles n’auront donc pas accumulé assez d’heures pour se qualifier pour l'assurance-emploi.

Le Bloc québécois veut mettre un terme au fait que les travailleurs revenant d’un congé parental qui perdent leur emploi ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi. Une situation d’autant plus choquante, estime le Bloc, qu’elle affecte surtout les femmes.

Pour se qualifier à l’assurance-emploi, un chômeur doit avoir accumulé au cours des 52 semaines précédant sa mise à pied un certain nombre d’heures de travail, entre 420 et 700, soit l’équivalent de 10,5 à 17,5 semaines à temps plein. La règle est la même dans le cas d’un chômeur s’étant récemment absenté du travail pour s’occuper d’un nouveau-né. Le problème, c’est que les heures passées avec son bébé ne sont pas considérées comme des heures travaillées.

Selon Statistique Canada, le congé moyen pris par les nouvelles mères est de 48,5 semaines au Québec et de 43,6 semaines ailleurs au pays. Si elles perdent leur emploi dans les quelques semaines suivant leur retour au travail, elles n’auront donc pas accumulé assez d’heures pour se qualifier.

« Les femmes québécoises sont plus nombreuses à jouir d’un congé de maternité payé. Il dure en moyenne six semaines de plus. […] Les femmes québécoises se trouvent plus nombreuses à être exclues de l’assurance-emploi », a déploré la députée bloquiste Monique Pauzé en conférence de presse. Le parti ignore quelle est l’ampleur du phénomène, les statistiques n’existant pas à ce sujet. Chose certaine, le phénomène se conjugue au féminin. Car si les hommes peuvent prendre eux aussi un congé (de paternité ou parental), ils ne s’absentent en moyenne pas beaucoup du travail. Toujours selon Statistique Canada, le congé moyen du nouveau papa est de 5,6 semaines au Québec et de 2,4 semaines dans le reste du Canada.

« En effet, 87 % des demandes de congés parentaux proviennent encore des femmes », rappelle Katia Atif, la coordonnatrice d’Action Travail des femmes. « Alors, même si la problématique peut toucher aussi les hommes, la proportion est explicitement féminine. »

Le Bloc québécois a donc déposé un projet de loi qui referme cette faille dans la loi. Il permettrait que la période pendant laquelle les heures travaillées sont comptabilisées soit prolongée du même nombre de semaines qu’a duré le congé, jusqu’à concurrence de 52 semaines supplémentaires. Ainsi, dans le cas d’une mère ayant pris 40 semaines de congé parental, on pourrait retourner jusqu’à 92 semaines en arrière pour voir si elle se qualifie.

Cette exemption n’est pas une nouveauté. La Loi sur l’assurance-emploi en prévoit déjà une pour les personnes ayant arrêté de travailler « par suite d’une maladie, d’une blessure, d’une mise en quarantaine ». Même les personnes ayant été incarcérées en attente d’un procès, et qui sont finalement acquittées, peuvent aussi s’en prévaloir. Dans tous ces cas, les 52 semaines sont prolongées d’un nombre équivalent de semaines pendant lesquellesla personne n’a pas pu travailler pour des raisons indépendantes de sa volonté.

Au bureau du ministre responsable de ce dossier, Jean-Yves Duclos, on refuse de se dire ouvert ou non à ce changement spécifique. On rappelle plutôt que le gouvernement mène des consultations sur la réforme de l’assurance-emploi et qu’il revient aux personnes participant à la consultation de soulever cette question.

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