Le PLC se défend d'entretenir une caisse occulte

Ottawa — Les ministres du gouvernement Martin ont défilé devant les journalistes, hier, afin de démentir avec véhémence les allégations de financement électoral «occulte» formulées par le Bloc québécois, dans la foulée du scandale des commandites.

Le leader du gouvernement aux Communes, Jacques Saada, a déploré que le Bloc ait confondu publiquement les fonds électoraux du Parti libéral — dont les montants sont déclarés à Élections Canada — et les fonds secrets créés par certains députés.

Ces fonds controversés existent depuis des années en politique fédérale. Ils sont établis par des «amis» de certains députés pour financer des activités caritatives et, à l'occasion, des événements partisans. Le plus connu est celui du député libéral ontarien Tony Ianno, qui contiendrait près d'un demi-million de dollars, selon le Bloc.

Juste avant l'entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur le financement politique, le 1er janvier, plusieurs députés ont transféré le contenu de leurs fonds secrets à leur parti, sans que les noms des donateurs n'aient été rendus publics.

Or, l'opposition se demande si des agences de publicité mêlées au scandale des commandites fédérales ont pu verser des contributions à ces fonds secrets et ainsi financer indirectement le Parti libéral.

Hier, M. Saada a plaidé l'ignorance quant à l'existence des fonds secrets de députés, dont les médias parlent depuis des mois.

«C'est en dehors du Parti libéral, a-t-il lancé à sa sortie des Communes. Je n'ai rien à voir avec ça. [...] Je ne sais même pas combien il y a de fonds [secrets] de députés, combien il y avait dans ces fonds-là et d'où viennent ces fonds-là. Il ne m'appartient pas d'aller chercher ça.»

Le ministre a refusé de contraindre les députés libéraux à dévoiler l'existence de ces fonds dans leurs comtés.

«Pourquoi est-ce que je serais obligé, moi, de faire enquête sur des choses qui n'ont absolument rien à voir avec moi?» a demandé M. Saada. Il a invité le juge John Gomery, qui mènera l'enquête publique sur les commandites, à faire la lumière sur les fonds secret