Le sénateur Brazeau de retour en poste mardi

Patrick Brazeau devra faire face à la justice pour avoir refusé de se soumettre à un alcootest pour un incident survenu le 3 avril dernier. Il est également accusé de garde et contrôle d’un véhicule avec les capacités affaiblies pour un événement remontant à 2014.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Patrick Brazeau devra faire face à la justice pour avoir refusé de se soumettre à un alcootest pour un incident survenu le 3 avril dernier. Il est également accusé de garde et contrôle d’un véhicule avec les capacités affaiblies pour un événement remontant à 2014.

Fannie Olivier


à Ottawa


Le Sénat reprend ses travaux mardi et accueillera un membre qui n’y a pas mis les pieds depuis plus de trois ans : Patrick Brazeau. Le sénateur québécois, désormais indépendant, a annoncé sur Twitter son intention de se rendre à la Chambre haute.


En juillet dernier, au lendemain du retrait des accusations de fraude et d’abus de confiance qui pesaient contre lui, le sénateur Brazeau avait déclaré qu’il se sentait prêt mentalement et physiquement à reprendre son travail. Le sénateur de Maniwaki a eu de nombreux ennuis personnels, dont des problèmes de consommation, mais il a dit s’être soumis à une thérapie, affirmant qu’une réputation peut être rebâtie.


M. Brazeau avait été suspendu sans salaire en novembre 2013. Le Sénat lui reprochait d’avoir touché des allocations de logement et de déplacement auxquelles il n’avait pas droit puisqu’il affirmait que sa résidence principale était située à Maniwaki, alors qu’il louait une maison à Gatineau. Les sénateurs peuvent avoir droit à des allocations de logement et de déplacement s’ils habitent à plus de 100 kilomètres du parlement.


Cependant, en juillet dernier, la Couronne a conclu qu’il n’existait plus de perspective raisonnable de condamnation pour M. Brazeau et elle a abandonné les accusations de fraude et d’abus de confiance à son endroit. Il était ainsi le dernier sénateur impliqué dans le scandale des dépenses au Sénat à être blanchi, après Mike Duffy, Pamela Wallin et le libéral à la retraite Mac Harb.


Patrick Brazeau devra néanmoins faire face à la justice pour avoir refusé de se soumettre à un alcootest pour un incident survenu le 3 avril dernier. Il est également accusé de garde et contrôle d’un véhicule avec les capacités affaiblies pour un événement remontant à 2014. Il plaide non coupable dans les deux cas.


M. Brazeau fait partie d’un groupe de 15 sénateurs indépendants qui ont uni leurs forces afin de servir « la population » plutôt qu’un « parti politique ». Il s’agit de sénateurs qui ont été expulsés de leur caucus, comme M. Brazeau, mais aussi d’autres qui ont choisi de le quitter volontairement et de sénateurs dits « indépendants » récemment nommés par Justin Trudeau.


Ces sénateurs demandent désormais les mêmes ressources que les sénateurs affiliés à des formations politiques. Le regroupement aimerait notamment que la composition des comités sénatoriaux soit revue pour y refléter la répartition des sièges au Sénat.


Justin Trudeau doit nommer prochainement de nouveaux sénateurs « indépendants », alors que 20 des 105 sièges sont actuellement vacants.

3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 27 septembre 2016 11 h 04

    Il plaide non coupable dans les deux cas...

    Évidemment...!

  • Michel Lebel - Abonné 27 septembre 2016 15 h 27

    L'enfant prodigue!

    Le retour de l'enfant prodigue? On verra.

    M.L.

  • Patrick Daganaud - Abonné 29 septembre 2016 19 h 06

    Le 3 avril , c'est celui de 2016!

    « Patrick Brazeau devra faire face à la justice pour avoir refusé de se soumettre à un alcootest pour un incident survenu le 3 avril dernier. »

    Brazeau n’ a pas mis les pieds au Sénat depuis plus de trois ans : longue thérapie qui, en apparence, ne l'a pas délivré de tous ses maux.