Un pas de plus vers un NPD québécois

Le chef intérimaire du NPDQ, Pierre Ducasse<br />
 
Photo: Facebook Le chef intérimaire du NPDQ, Pierre Ducasse
 

La création d’un NPD provincial au Québec, qui est dans l’air depuis quelques années déjà, passe en seconde vitesse. Des rencontres d’organisation se tiendront cette fin de semaine pour familiariser les éventuels militants aux lois électorales québécoises.

Une première rencontre pour « jeter les assises locales et régionales du NPD Québec » se tiendra samedi à Québec et une seconde dimanche, à Montréal, peut-on lire dans un courriel envoyé aux sympathisants et dont Le Devoir a obtenu copie. Une troisième activité est prévue à la fin novembre.

En entrevue, le chef intérimaire du NPDQ, Pierre Ducasse, explique que ces réunions se veulent la suite logique de rassemblements tenus au printemps ayant servi à mesurer l’intérêt des électeurs pour une nouvelle option provinciale.

« Les rencontres du printemps portaient plus sur le contexte politique, si le moment [de lancer un nouveau parti] est propice, dit M. Ducasse. Là, on se concentre plus sur des questions organisationnelles. » Comme il n’y a pas encore eu de congrès de fondation du NPDQ, il préfère présenter ces rencontres comme des « assises régionales ». « C’est pour voir qui est intéressé et qui est prêt à être des leaders locaux. Mais on a besoin de faire de la formation et de fournir de l’information sur la Loi électorale québécoise : comment ça fonctionne, comment le financement fonctionne, etc. »

Le Québec est la seule province à ne pas avoir son chapitre du NPD. Ceux qui militent pour sa création font valoir que les électeurs progressistes fédéralistes sont orphelins.

Bien qu’enregistré auprès du Directeur général des élections, le NPDQ n’a pas de bases solides pour l’instant : il compte environ 300 membres et n’a récolté que « quelques milliers de dollars », soit assez pour payer des déplacements et des locations de salles. M. Ducasse insiste pour dire qu’il ne faut pas lire dans ces chiffres la preuve d’un manque d’intérêt. « On n’a pas encore commencé de vraie campagne de recrutement. […] Ce n’est pas comme si on était un parti actif. La réflexion se poursuit. »

Il souligne aussi que le NPDQ est distinct du grand frère fédéral. « Si on crée le parti, ce sera à cause de notre évaluation de la scène politique québécoise. » Aussi, la chute brutale du nombre de membres du NPD fédéral au Québec, rapportée cette semaine par Le Devoir, n’entre pas en ligne de compte, assure Pierre Ducasse.

Chose certaine, si le parti est créé, ce sera à temps pour la prochaine élection de 2018. « On embarque tranquillement dans une autre étape tout en étant conscient que les échéanciers sont courts. »

11 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 22 septembre 2016 06 h 54

    Très bonne chose

    Dans le clivage et la malsaine polarisation politique sur le seul axe "fédéralisme-souverainisme", la création d’un NPD provincial au Québec m'apparait une très bonne chose.

    Il est plus que temps qu'un parti progressiste fédéraliste vienne concurencer le Parti libéral au Québec.

    Ça n'a aucun sens que les fédéralistes mordicus soient éternellement contraints de voter pour un parti aussi toxique, nocif et corrompu pour les représenter au Québec.

    Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 22 septembre 2016 10 h 02

      Ce qui est offert actuellement aux fédéralistes de gauche au niveau provincial: le PLQ, la CAQ ou QS "stratégique", (pour voter, mais impossible d'y militer, le parti étant souverainiste).

      QS présente un programme très élaboré et généralement bon pour la gouvernance de la juridiction actuelle. Il diminue ses chances de prendre le pouvoir en s'accrochant à l'option souverainiste - dommage...

      Il découvre avec le temps et ses rapports avec le PQ la face noire du nationalisme, mais s'entête quand même, mais bon... peut-être qu'avec le temps, finira-t-il par comprendre comment l'aspiration à l'indépendance se fonde sur l'ethnicisme, malgré les déguisements divers de celui-ci. Mais il n'y est pas encore.

      Pour la protection de la culture québécoise, on peut avoir de fortes mesures de francisation dans la juridiction actuelle et mieux utiliser nos politiques d'immigration, et mieux intégrer les immigrants, ce que même le PQ au pouvoir n'a pas fait, alors, s'accrocher à la souveraineté parce que (...)? Parce que c’est plus le « fun » que notre ethnie soit majoritaire dans un pays ayant pleine souveraineté?

      On ne peut pas considérer le PQ comme un parti de gauche, ni vert (après Anticosti, la cession des redevances minières, la proposition de coupes à l'aide sociale, le jeu dangereux avec la démagogie xénophobe, l'obsession du déficit zéro, et j'en passe et des meilleures).

      Ce qui serait encore mieux qu'un NPDQ, c'est que QS lâche l'option souverainiste - sans nécessairement devenir fédéraliste militant, mais en refusant que la question nationale ne continue de contaminer, comme elle le fait encore, la politique québécoise.

      Cette situation est d'autant plus absurde que l'indépendance n'arrivera probablement jamais.

  • Christian Montmarquette - Abonné 22 septembre 2016 06 h 54

    Très bonne chose

    Dans le clivage et la malsaine polarisation politique sur le seul axe "fédéralisme-souverainisme", la création d’un NPD provincial au Québec m'apparait une très bonne chose.

    Il est plus que temps qu'un parti progressiste fédéraliste vienne concurencer le Parti libéral au Québec.

    Ça n'a aucun sens que les fédéralistes mordicus soient éternellement contraints de voter pour un parti aussi toxique, nocif et corrompu pour les représenter au Québec.

    Christian Montmarquette

  • Bernard Terreault - Abonné 22 septembre 2016 09 h 01

    Oh là là

    On aura toute la gamme des nuances gauche-droite et Québec d'abord contre Canada d'abord. Avec le PLQ partant dans la course avec 20% du vote sans même se forcer, ils sont là pour longtemps!

    • Jacques Morissette - Abonné 22 septembre 2016 12 h 50

      Vous avez malheureusement raison. Les Libéraux vont probablement applaudir à la démarche, à court terme. On verra ce qui se produira à long terme. Je me permets de souhaiter que ça aidera la population à se réveiller, dans un sens ou dans l'autre.

    • Raymond Labelle - Abonné 22 septembre 2016 14 h 20

      Voilà où mène la contamination de la vie politique québécoise par la question nationale.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 septembre 2016 15 h 35

      Au contraire. Si le parti est clairement fédéraliste, il permettra aux fédéralistes de gauche de ne pas voter libéral.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 24 septembre 2016 20 h 17

      Sylvain Auclair Et cela donnera l'occasion aux nombreux QS fédéralistes de se joindre à ce nouveau parti. On verra alors le nombre de membres QS rapetisser à vue d'oeil.

  • Hélène Bruderlein - Abonnée 22 septembre 2016 09 h 17

    Hélène Bruderlein, abonnée

    Tout-à-fait d'accord avec Monsieur Monmarquette. Il me semble que ce serait un souffle de fraîcheur qui nous libérerais de l'air vicié que l'on respire au Québec. En effet ce manque d'option qu'ont les fédéralistes québécois nous condamne à tolérer l'intolérable.

  • David Huggins Daines - Abonné 22 septembre 2016 10 h 16

    Le paradoxe

    Le défi d'un tel parti est qu'il faut qu'il soit aussi fédéraliste (je dirais plutôt "nationaliste canadien" ou "trudeauiste") que le PLQ tout en entretenant un pacte électorale avec QS, pour ne pas diviser ce qui reste du vote progressiste déjà très divisé!

    De toute façon, un NPDQ serait essentiellement un parti régional de l'ouest de Montréal et de l'Outaouais, ce qui serait quand même une bonne chose... parce qu'il briserait les châteaux forts du PLQ qui nous font actuellement passer des Martin Coiteux avec des scores soviétiques.