En bref - Harper et le bilinguisme

Ottawa — La course au leadership du nouveau Parti conservateur bat son plein et les trois candidats rivalisent d'originalité pour se démarquer les uns des autres, particulièrement au Québec, dont les délégués des 75 comtés sont ardemment convoités.

Hier, l'entourage de l'ancien chef allianciste, Stephen Harper, n'était pas peu fier d'annoncer que la quasi-totalité des députés conservateurs «bilingues» l'appuyaient. On ne parle pourtant que d'une dizaine de parlementaires... «Dans le passé récent des anciens partis réformiste et progressiste-conservateur, on n'avait pas beaucoup de gens qui pouvaient parler français très bien», rappelle le député albertain Rahim Jaffer. «On a finalement quelqu'un dans la course qui peut s'exprimer très bien en français, qui peut communiquer avec les francophones et qui est très ouvert à la culture et à ce qui existe au Québec, ajoute-t-il. Alors, c'est très important pour notre nouveau parti de profiter de cette chance d'avoir un chef bilingue.» M. Harper est le plus bilingue des trois candidats au leadership conservateur. Sa principale rivale, Belinda Stronach, ne parle pas français, tandis que Tony Clement peut difficilement répondre à des questions dans la langue de Gilles Vigneault. Mme Stronach et M. Clement ont d'ailleurs exigé qu'il y ait un service d'interprétation simultanée lors du premier débat des candidats, ce week-end, ce à quoi Stephen Harper s'est opposé. Dans le camp Stronach, on rétorque que c'est une pratique courante en politique fédérale. L'unilinguisme de Mme Stronach est une faiblesse, reconnaît l'un de ses porte-parole, le sénateur Pierre Claude Nolin.