Le fédéral imposera l’adhésion au marché du carbone

La ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna

Les provinces qui n’ont toujours pas fait le saut dans le marché du carbone n’auront bientôt plus le choix, a fait savoir la ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna.

Dans une entrevue accordée à l’émission Question Period, diffusée sur les ondes de CTV, la ministre a déclaré qu’elle entendait imposer un prix minimum à toutes les provinces qui n’en établiraient pas un elles-mêmes, et ce, dès cet automne. « Ce sera obligatoire, a indiqué la députée fédérale au cours de la même entrevue. Tout le monde devra établir un prix sur le carbone. Si les provinces ne veulent pas le faire elles-mêmes, nous l’imposerons ! »

À l’heure actuelle, seuls les gouvernements du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ont mis sur pied soit une taxe sur le carbone, soit un système de plafonnement et d’échanges à la manière d’une bourse. À l’inverse, le premier ministre de la Saskatchewan a fait connaître son opposition à pareil système, stipulant que les provinces de l’Ouest étaient déjà suffisamment affectées par les bas prix du pétrole.

Mme McKenna n’a toutefois pas donné de détails sur la manière dont le gouvernement fédéral procéderait pour imposer pareil seuil. En ce sens, elle a d’ailleurs précisé qu’il était encore trop tôt pour savoir quelle forme prendrait ce seuil minimum imposé et qu’il restait encore à trouver une équivalence entre les bourses du carbone et les taxes. « Nous ne pourrons pas simplement imposer un prix puisqu’en ce moment, nous avons deux systèmes qui fonctionnent en parallèle, a reconnu la ministre. Par contre, nous voulons trouver une cohérence entre ces systèmes et si les provinces ne le font pas, nous voulons nous assurer qu’il y a un filet de sécurité. »

La ministre a ajouté qu’elle avait passé une partie de l’été à travailler avec ses homologues provinciaux dans le but d’établir un objectif national de réduction des gaz à effet de serre.

Objectif peu ambitieux

Au cours de la dernière campagne électorale, les libéraux ont promis de fixer des objectifs nationaux de réduction de gaz à effet de serre et d’établir un prix pancanadien sur le carbone, une promesse qu’a réitérée la ministre McKenna en mars dernier.

Rappelons qu’au printemps 2015, le Canada, alors toujours sous Stephen Harper, s’était engagé à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport au niveau de 2005. Les députés du Parti libéral du Canada avaient alors jugé cette cible insuffisante.

Lundi dernier, la ministre fédérale de l’Environnement est toutefois revenue sur la position de son gouvernement, affirmant qu’il faudrait d’abord atteindre les cibles existantes. Cette décision, largement décriée par les groupes environnementalistes, a été décrite comme peu ambitieuse.

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 19 septembre 2016 11 h 44

    Autre question

    Les quatre provinces qui ont mesure en ce sens ont chacune un mécanisme différent avec des règles et des normes différentes. Devront-elles toutes adopter un modèle défini par le fédéral?