Santé Canada réitère les risques de l’acétaminophène

Des tablettes d’acétaminophène de la célèbre marque Tylenol
Photo: Scott Olson Getty Images Agence France-Presse Des tablettes d’acétaminophène de la célèbre marque Tylenol

Le Tylenol a beau être devenu un produit anodin présent dans presque tous les foyers, Santé Canada tient à rappeler aux Canadiens que l’acétaminophène présente néanmoins des risques importants. Et l’étiquetage devra désormais le souligner. Le fédéral imposera en outre une limite à la quantité d’acétaminophène pouvant se retrouver dans des médicaments combinés.

Les bouteilles de Tylenol et autres médicaments du genre devront indiquer en grosses lettres rouges qu’elles contiennent de l’acétaminophène. L’emballage devra souligner l’importance de prendre la dose efficace la plus faible et de ne pas dépasser les quantités maximales recommandées (soit 4000 milligrammes par jour par adulte, pour un maximum de cinq jours en cas douleur et de trois jours en cas de fièvre, sans consommer plus de deux verres d’alcool par jour).

L’acétaminophène « peut être utilisé de façon sécuritaire si les gens suivent les instructions d’utilisation. Mais en même temps, c’est un produit qui est responsable du plus grand nombre de cas d’insuffisance hépatique aiguë au Canada », a expliqué la Dr Supriya Sharma, conseillère médicale principale à Santé Canada.

L’agence fédérale a donc également imposé une limite à l’industrie pharmaceutique quant à la quantité d’acétaminophène qui pourra se retrouver dans les médicaments combinés sur ordonnance. Ces médicaments, qui pourraient mélanger acétaminophène et opiacés par exemple, ne pourront contenir plus de 325 milligrammes du premier produit. Car Santé Canada a constaté un nombre important de surdoses d’acétaminophène, dont bon nombre sont intentionnelles suite au mélange de différents médicaments.

Le Canada compte chaque année environ 4000 hospitalisations liées à des surdoses d’acétaminophène, a rapporté le Dr Marc Berthiaume, directeur du bureau des produits pharmaceutiques à Santé Canada. De ce nombre, quelque 250 cas impliquent « des réactions au niveau du foie qui sont plus sévères » et jusqu’à 50 cas d’insuffisance hépatique aiguë.

À l’heure actuelle, aucun médicament sur ordonnance ne comptait plus de 325 mg d’acétaminophène, mais il n’existait pas de règles fédérales pour l’empêcher. Face au risque que cela se produise, Santé Canada a préféré préciser sa réglementation. L’agence ne s’attaque qu’aux médicaments d’ordonnance car ils ont tendance à être consommés sur une plus longue période de temps, pour soigner des douleurs chroniques.

2 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 16 septembre 2016 11 h 39

    À chaque année?!

    À chaque année, 4 000 hospitalisations liées à de telles surdoses et ce n'est qu'aujourd'hui (hier) que l'on nous en informe?
    Que doit-on penser de Santé Canada alors?

    • Carmen Labelle - Abonnée 17 septembre 2016 00 h 16

      Quand les pharmas ont mis au point l'acétaminophène, pour lui faire une part de marché, on a sorti l'épouvantail de la maladie de Rye provoqué rarement par l'aspirine en fin de grippe,,,mais on s'était bien gardé de parler des effets secondaires de l'acétaminophène. Histoire qui se répète; quand les effets secondaires seront assez évidents et qu'il commencera à y avoir des poursuites, les pharmas auront eu le temps de faire des centaines de milliards de profit...alors qu'est-ce que quelques millions à payer suite aux poursuites.....système pourri, état complice.