Mulcair restera… Mulcair

Le chef du NPD, Thomas Mulcair
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du NPD, Thomas Mulcair

Malgré les sondages décevants, les problèmes de financement du NPD et une grogne diffuse contre son leadership, Thomas Mulcair n’entend pas changer quoi que ce soit à sa manière de diriger le parti. Le chef en sursis souhaite plutôt mettre l’accent sur les manquements des libéraux au cours des prochaines semaines.

« Les gens qui ont voulu du changement [en votant libéral] sont en train de déchanter », a soutenu M. Mulcair à la fin du caucus de deux jours du Nouveau parti démocratique à Montréal.

Une affirmation qui contredit ce qu’indiquent les sondages. Car loin du désenchantement, la population canadienne semble plutôt au diapason des libéraux. Jeudi, un coup de sonde d’Angus Reid accordait au gouvernement un taux de satisfaction de 65 %, le plus élevé depuis leur entrée en fonction.

Mais selon M. Mulcair, tout cela est davantage lié à la forme qu’au fond. « Il faut aller au-delà de l’image, répond-il. [Justin Trudeau] maîtrise l’art de contrôler l’image. Mais la question est de savoir, par exemple en matière de changements climatiques, ce que le gouvernement fait réellement. M. Trudeau a les mêmes cibles [de réduction des gaz à effet de serre] que Stephen Harper. Même chose pour les transferts en santé. »

M. Mulcair ne veut pas « être rabat-joie » face au phénomène Trudeau. « On est tous contents que M. Harper ne soit plus là », dit-il. « Mais nous allons demander des comptes au gouvernement sur le fond, pas seulement sur la forme. […] Il faut s’armer de patience et d’un bâton de pèlerin. Mais on est prêts. »

Pas de changement

Quant à M. Mulcair lui-même, pas question de modifier quoi que ce soit à son approche de la chefferie. Questionné à plusieurs reprises sur les leçons qu’il a tirées des deux derniers jours — alors que les députés lui ont transmis les doléances de certains néodémocrates inconfortables avec le fait que le chef demeurera en place jusqu’en octobre 2017, même s’il n’a plus l’appui des militants —, M. Mulcair a esquivé.

« Je vais continuer de travailler en étroite collaboration avec les instances du parti et avec le caucus. On a du pain sur la planche, on ne s’en cache pas. […] Je vais continuer à diriger une opposition exigeante pour le gouvernement. »

« Dans un an, je vais passer le flambeau, a-t-il ajouté. J’attends avec impatience une course au leadership qui, je le sais, va être enlevante, avec des candidats de grande qualité. » Pour l’instant, personne ne s’est encore manifesté.