Le caucus se range derrière Mulcair

Les députés du NPD ont voté de façon «unanime» pour que Thomas Mulcair reste en poste jusqu’à l’automne 2017.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les députés du NPD ont voté de façon «unanime» pour que Thomas Mulcair reste en poste jusqu’à l’automne 2017.

Thomas Mulcair restera bel et bien chef du NPD jusqu’à la nomination de son successeur, à l’automne 2017 : tel est du moins ce que le caucus néodémocrate a décidé mercredi, au terme d’une réunion où la question du leadership du chef en sursis a été abordée de front.

Réunis à Montréal pour préparer la prochaine session, les 43 députés du Nouveau Parti démocratique se sont donc rangés en bloc derrière M. Mulcair — ils l’ont d’ailleurs fait littéralement, au bénéfice des caméras. Mais cela, seulement après avoir eu une « discussion de fond comme on peut rarement en avoir dans la vie politique », selon ce que le chef a lui-même dit lors d’un point de presse à la pause du dîner.

« Le soutien du caucus pour que l’on continue comme on l’avait prévu — c’est-à-dire que je sois là pour passer le flambeau à celui ou celle qui me succédera — était unanime,a soutenu M. Mulcair, visiblement ému. Je suis vraiment touché par ça. »

Ce soutien n’était de fait pas acquis d’avance. Depuis quelques semaines, des néodémocrates laissent entendre dans l’ombre (et l’anonymat) que Thomas Mulcair devrait quitter son poste dès maintenant.

En avril, 52 % des militants réunis en congrès à Edmonton ont montré la porte au chef en votant pour l’organisation d’une course à la chefferie. M. Mulcair avait indiqué dès ce moment qu’il entendait demeurer en poste jusqu’à la conclusion de la course, dont on ignorait toutefois la date d’organisation — qui sera octobre 2017. Or, le long intérim et les mauvais résultats enregistrés récemment par le NPD (sondages et financement difficiles) ont alimenté la grogne de certains, notamment d’ex-députés.

Selon le président du caucus national, Charlie Angus, « la question [du leadership de M. Mulcair] a été posée, à savoir s’il doit rester ou pas. Mais on n’a pas eu besoin d’un vote » pour conclure que oui. « C’était très clair que l’appui était unanime », a aussi dit le député Peter Julian, toujours en réflexion sur la possibilité de se lancer dans la course à la chefferie.

Nombreux défis

Son collègue Alexandre Boulerice — qui ne sera pas candidat — a indiqué que la discussion a porté plus largement sur les nombreux défis qui attendent le NPD que sur la seule question du chef. « On ne se cachera pas qu’un an après une élection où on aspirait au pouvoir, nous sommes dans une position difficile, a-t-il dit. Les sondages sont inquiétants [CBC compilait une moyenne de 13,7 % dans les sondages nationaux depuis un an], le renouvellement des cartes de membres est inquiétant, le financement est difficile [1,08 million amassé au second trimestre de 2016, contre près de 5 millions pour les conservateurs et les libéraux]. »

« Alors on fait quoi maintenant ? a-t-il demandé. Ça a été ça la discussion. Comment on fait pression sur les libéraux, et comment on fait contraste avec eux ? »

Plus tôt en journée, Thomas Mulcair avait lui aussi mis en lumière l’importance de « pousser de l’avant [la] vision progressiste [du NPD] pour le Canada » et de « demander des comptes au gouvernement libéral, qui tombe à court en matière d’environnement, en matière économique et en matière sociale. »

Souvent accusé d’être trop à droite pour le NPD, M. Mulcair a tenu à rappeler à ses troupes ce que sont les « valeurs profondes » du NPD : « environnement, féminisme, pacifisme et socialisme », a-t-il en appuyant sur ce dernier mot.

Le geste n’était pas anodin. Il y a trois ans, les militants du parti avaient voté pour rayer le mot « socialisme » du préambule de la Constitution du parti, se contentant de rappeler les traditions « socialistes démocratiques » de la formation. Cela avait été perçu comme une volonté de recentrage du parti, sous la férule de M. Mulcair.

Le caucus se poursuit jusqu’à jeudi après-midi, alors que la rentrée parlementaire se fera lundi.


Départ d’un pilier

Le NPD a perdu mercredi un de ses piliers de l’ombre : Karl Bélanger a annoncé en fin de journée qu’il quittait la vie politique après 19 ans de services. Né à Québec en 1975, M. Bélanger était depuis plusieurs années l’un des principaux conseillers et stratèges du parti, ayant notamment été le bras droit des chefs Alexa McDonough, Jack Layton et Thomas Mulcair. Il a occupé l’intérim à la direction nationale du parti dans les derniers mois.
 
1 commentaire
  • Gaston Bourdages - Inscrit 15 septembre 2016 05 h 59

    Pourquoi voter NPD ?

    De ma mémoire parfois défaillante, le NPD a été ce parti véhiculant des valeurs sociétales mélangées à de l'économie. Genre ? Une société juste dans un contexte de capitalisme contrôlé. Suis-je dans «l'champ» ?
    Le NPD: parti prônant l'équité.
    Je suis heureux de lire le mot «socialisme»....essentiel contrepoids à l'enrichissement du 1% aux dépends du 99% des «autres».
    Ma vision d'un vote: voter pour et non contre. Pour exemple, je ne voterais pas CONTRE les libéraux mais POUR le NPD dans la mesure où les gens de ce parti me fourniront un projet de société prônant des valeurs.
    Je rêve?
    Gaston Bourdages,
    Auteur,
    «Pousseux de crayon» en rédaction d'un ouvrage sur la conscience....en santé ou malade?