Un bilinguisme essentiel... mais quasi-absent

Le Québécois Maxime Bernier compte un site entièrement bilingue.
Photo: Eduardo Lima La Presse canadienne Le Québécois Maxime Bernier compte un site entièrement bilingue.

Si les candidats à la succession de Stephen Harper s’entendent pour dire qu’ils doivent être bilingues pour convaincre l’électorat, leur niveau de français est plus qu’inégal. Et seuls trois d’entre eux font campagne en présentant un site Internet offrant une version française compréhensible.

La course à la chefferie conservatrice compte cinq candidats officiels et trois candidats pressentis. Du lot, quatre sont bilingues — Maxime Bernier, Michael Chong, Tony Clement et Andrew Scheer. Kellie Leitch et Deepak Obhrai parlent respectivement très peu ou pas français. Brad Trost et Lisa Raitt ne savent pas s’exprimer dans la langue de Molière non plus.

L’offre n’est pas plus bilingue par écrit, a constaté Le Devoir en épluchant les sites Internet des aspirants-chefs du Parti conservateur.

Le Québécois Maxime Bernier compte un site entièrement bilingue. Son rival Michael Chong aussi, mais son site Internet ne compte pour l’instant qu’une longue biographie du candidat. Sa page de député rassemble divers communiqués de presse, dans les deux langues.

Traductions

L’ex-ministre Tony Clement, qui s’exprime aisément en français, présente en revanche un site Web au français boiteux. « Tony travaille à habiliter les conservateurs à travers le Canada à bâtir un parti qui pourra se faire élire en 2019 à travers l’expérience, l’innovation et des efforts », stipule son site de campagne. « Mes amis, je me présente sur mon bilan comme le bon sens économique conservateur qui ignore aucun électeur, qui respecte tous les Canadiens et Canadiennes, qui se concentre sur les questions d’argent dont les Canadiens et Canadiennes se soucient le plus. »

L’ancien président des Communes Andrew Scheer n’a pas encore de site puisque sa candidature à la chefferie n’a pas été officialisée. Sa page de député n’est qu’en anglais, outre un communiqué qui annonçait cette semaine qu’il renonçait à son rôle de leader des conservateurs aux Communes pour « continuer d’explorer la possibilité » de se porter candidat.

Parmi les aspirants-chefs, Kellie Leitch est la troisième à offrir un site bilingue, bien qu’elle ne parle qu’un français laborieux. Une précédente version de son site de campagne en français se trouve cependant toujours sur le Web et cette dernière semble afficher une traduction automatisée. On y lit que Mme Leitch « a passé une grande partie de sa jeunesse qui grandit en Alberta » et qu’elle a « été un activiste travailleur au sein du Parti conservateur depuis qu’elle était 14 ». Son coprésident de campagne, le Québécois Dany Renauld, explique qu’une version de travail du site Web a accidentellement été mise en ligne lors de l’annonce de sa candidature en avril en même temps que la seconde bien écrite en français.

Cours de français

Deepak Obhrai parle quant à lui cinq langues, mais pas le français. Il prenait des cours cet été, tout comme Mme Leitch. Son site de campagne annonce sa candidature dans un français approximatif. « Deepak est largement crédité pour s’être engagé auprès les communautés ethniques », est-il inscrit en présentant le « député de l’opposition et du gouvernement ».

Brad Trost, qui a promis qu’il serait candidat, et Lisa Raitt, dont la candidature est fortement pressentie, n’ont pour l’instant que leurs sites de députés, qui sont tous deux unilingues anglophones.

Réunis en caucus à Halifax cette semaine, les conservateurs étaient unanimes pour dire que le bilinguisme était un critère essentiel quant au choix de leur prochain chef.

2 commentaires
  • Robert Morin - Abonné 15 septembre 2016 07 h 10

    L'hiver sans neige...

    Entendu hier le commentaire suivant de Chantal Hébert qui comparait la question «Le chef du parti conservateur pourrait-il ne pas être bilingue?» à la question «L'hiver pourrait-il être sans neige?»... Je trouve la comparaison très révélatrice d'une certaine attitude et même d'une mentalité très présente chez certains Canadians et selon laquelle, le bilinguisme n'est «qu'un mal nécessaire» ou même une «fatalité malheureusement inévitable», comme si la notion des deux peuples fondateurs n'avait jamais existé! Révisionisme historique, quand tu nous tiens!

  • François Dugal - Inscrit 15 septembre 2016 07 h 56

    Bilinguisme canadien

    "What did he say"?