Le filtre aux valeurs de Kellie Leitch est populaire

La députée ontarienne Kellie Leitch était relativement peu connue dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canda. Or, il n’est question que d’elle depuis presque trois semaines.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne La députée ontarienne Kellie Leitch était relativement peu connue dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canda. Or, il n’est question que d’elle depuis presque trois semaines.

La conservatrice Kellie Leitch semble marquer des points avec sa sortie sur la détection de valeurs « anticanadiennes » chez les nouveaux arrivants. Elle se hisse en tête d’un premier sondage sur la popularité des candidats à la chefferie du Parti conservateur. Son adversaire Maxime Bernier voit dans l’idée de Mme Leitch une sorte de réincarnation de la charte des valeurs péquiste qui pourrait nuire pendant une campagne électorale.

La députée ontarienne Kellie Leitch était relativement peu connue dans la course. Or, il n’est question que d’elle depuis presque trois semaines, lorsqu’elle a envoyé un questionnaire à ses militants leur demandant si le temps n’était pas venu de filtrer les immigrants et les réfugiés susceptibles de défendre des valeurs incompatibles avec celles de la majorité canadienne.

Depuis que ce questionnaire a fait les manchettes, Mme Leitch s’est attiré les critiques, mais elle n’a pas fléchi pour autant. Elle a réitéré qu’un tel filtre pour détecter « l’intolérance envers les autres religions, cultures ou orientations sexuelles, les comportements violents et/ou misogynes, ou encore le manque de respect envers notre tradition canadienne de libertés personnelles et économiques » lui « tient très à coeur ».

Mardi, la firme Mainstreet Research a publié pour le compte de Postmedia un sondage indiquant que Mme Leitch obtient 15 % des appuis des militants conservateurs. Certes, le chiffre est bas, mais seul Peter MacKay la dépasse, à 19 %. Or, M. MacKay a annoncé lundi qu’il ne serait pas de la course. Tony Clement arrive en troisième place avec 11 %. Michael Chong obtient 7 %, Maxime Bernier, 6 %, et Deepak Obhrai ferme la marche avec 1 %. Le pourcentage de gens disant connaître Mme Leitch a augmenté de 10 points, pour atteindre 34 % par rapport à avril dernier. M. Bernier est le seul candidat dont le pourcentage de répondants ayant une opinion favorable de lui (19 %) est inférieur à celui de gens ayant une opinion défavorable (23 %).

Le sondage a été effectué par téléphone, auprès de 5250 personnes, dont 1564 sympathisants conservateurs. Pour ce sous-ensemble, la marge d’erreur est de plus ou moins 2,48 %, 19 fois sur 20.

Le choix des membres

En entrevue avec La Presse canadienne alors qu’il se trouvait à Halifax pour la réunion de son caucus, M. Bernier a déploré le projet de Mme Leitch. « On a fait le débat au Québec sur la charte des valeurs, c’est un débat que [Pauline] Marois a fait, et on s’est aperçu du résultat électoral, a-t-il indiqué. Mme Leitch veut faire ce débat-là au Canada anglais. C’est parfait, qu’on le fasse, et on va le faire dans le cadre des débats du parti. On va voir ce que vont choisir les membres. »

De son côté, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, refuse de voir dans cette première place de Mme Leitch la preuve que les Canadiens sont moins tolérants qu’on ne le croit généralement. « Je soupçonne qu’elle a monté parce qu’elle est partie de très bas, analyse-t-il. Mais les sondages que moi j’ai vus en général, si on fait une comparaison sur le Canada et les autres pays, les Canadiens sont extrêmement accueillants envers les immigrants et envers les réfugiés en comparaison avec d’autres pays. »

Avec La Presse canadienne

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 13 septembre 2016 19 h 04

    Les valeurs conservatrices

    Mais où donc sont passées les valeurs canadiennes de tolérance, d'ouverture et de diversité?

  • Raynald Blais - Abonné 14 septembre 2016 06 h 35

    Celle qui croit

    Celle qui croit fermement que les peuples moins avancés sont responsables de leur propre recul. Elle disculpe ainsi l'État canadien de sa participation à de nombreuses menées putschistes à travers le monde pour établir des gouvernements fantoches favorables à l'exploration et l'exploitation économique de leur pays.

  • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 15 septembre 2016 10 h 06

    Le Canada, allié inattendu ?

    Je ne peux m'empêcher de remarquer que la même stratégie du "nous" versus "eux" est ci à l'oeuvre. Ça doit nous rappeler quelque chose. On la sauvera cette nation (ou ces nations) contre l'hétérodoxie !
    Note : j'échouerai le premier à ce test alors je suis clairement contre. Rien à faire du droit d'exploiter des riches, notamment.