Grève prévue des juristes de l'État

Les 860 juristes de l'État ont l'intention de faire une grève de trois jours, ce qui aura pour effet de ralentir les activités du gouvernement, dans l'espoir d'obtenir au plus tôt un nouveau contrat de travail.

Réunis en assemblée cette semaine, les membres de l'Association des juristes de l'État ont voté en faveur d'un débrayage symbolique de trois jours dans une proportion de 92 %. La grève sera déclenchée en temps opportun, mais elle devra être signifiée dans un délai de sept jours, en conformité avec la loi.

Le président de l'association, Marc Lajoie, espère ainsi attirer l'attention du gouvernement Charest sur la lenteur avec laquelle le Conseil du trésor pilote leur dossier. La dernière séance de négociation remonte au 2 février. La convention collective des juristes de l'État est échue depuis le 30 juin 2002, et les syndiqués n'ont toujours pas reçu d'offres salariales de la part de leur employeur, déplore Me Lajoie.

Les juristes de l'État sont chargés, entre autres, de rédiger des projets de loi et des mémoires à l'intention des parlementaires, et de défendre les intérêts du gouvernement devant les tribunaux. Il s'agit d'un rouage important de l'appareil gouvernemental. Leur absence au travail ne passera pas inaperçue, même si les juristes ont l'obligation légale de livrer des services essentiels.

«Les trois jours de grève, c'est un coup de semonce. Avec un vote de 92 %, les gens n'hésiteront pas à aller plus loin», a averti M. Lajoie. «Les juristes sont rendus au bout du rouleau, et ils pensent que c'est maintenant le temps de régler leur dossier», a-t-il ajouté.

L'Association des juristes de l'État réclame la parité avec les substituts du procureur général, qui ont obtenu des augmentations salariales de 9,85 % sur trois ans et qui gagneront entre 40 800 et

93 000 $ par an. Les juristes de l'État touchent pour leur part des salaires annuels variant entre 35 400 $ et 80 900 $. «On veut le dépôt d'offres salariales à la table des négociations. On va prendre tous les moyens à notre disposition pour obtenir ce dépôt», a dit M. Lajoie.

Le Conseil du trésor veut pour sa part réaliser une étude de relativité salariale afin de déterminer qui fait quoi, et pour combien, au sein des juristes de l'État, avant de s'engager à déposer ses offres.