Des appels pour que la course à la chefferie soit retardée à 2018

Le député Xavier Barsalou-Duval, qui songe à briguer la chefferie de son parti, a toujours été d’avis que la course devrait se tenir plus tôt que tard.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le député Xavier Barsalou-Duval, qui songe à briguer la chefferie de son parti, a toujours été d’avis que la course devrait se tenir plus tôt que tard.

Des bloquistes réclament que la course à la chefferie de leur parti soit reportée d’un an, pour se tenir en 2018 plutôt que l’an prochain.

Des membres de la formation souverainiste ont confié au Devoir qu’ils en avaient discuté avec les instances du Bloc québécois. Pour l’instant, le bureau national du parti envisage de proposer à ses membres que leur prochain chef soit choisi au printemps 2017, selon nos informations. Mais d’autres ont plutôt suggéré, lors de discussions informelles, de retarder la course. Une idée qui aurait des appuis, selon nos sources.

Au bureau national, la vice-présidente, Kédina Fleury-Samson, indique qu’il n’y a « pas eu de demande de réviser la date ». Mais deux bloquistes ont affirmé au Devoir, dans les coulisses, que la question y avait bel et bien été discutée cet été. Et qu’elle le sera sûrement de nouveau lors de la prochaine rencontre du bureau national, prévue la fin de semaine prochaine.

L’hiver dernier, les bloquistes ont choisi de tenir leur course à la chefferie en 2017. Mais à cette époque, « la situation politique n’était pas la même du tout », note une source bloquiste en rappelant que Pierre Karl Péladeau n’avait pas encore abandonné les rênes du Parti québécois.

Les péquistes sont désormais en pleine course à la direction, en vue de choisir leur prochain chef le mois prochain. Suivra un important congrès pré-électoral en septembre 2017. Et les péquistes doivent en outre préparer les campagnes électorales qui se tiendront dans les quatre circonscriptions vacantes sur la scène provinciale.

« Tout ce qui grouille souverainiste et indépendantiste en ce moment ne pense pas au Bloc québécois », résume un bloquiste.

Certains craignent que les troupes souverainistes soient essoufflées. Et que leur porte-monnaie soit moins garni pour fournir des dons à une seconde course à la chefferie en deux ans.

S’ajoutent à toutes ces activités de la famille souverainiste celles des partis fédéraux. Les conservateurs se choisiront un chef au printemps 2017, les néodémocrates à l’automne suivant.

Une course à la direction du Bloc québécois plus tardive permettrait donc d’offrir un répit aux militants souverainistes et d’attendre d’avoir un peu plus de visibilité sur la scène politique, ont fait valoir au Devoir deux bloquistes.

Une source affirme aussi que les candidats ne se bousculent pas aux portes du Bloc pour briguer sa direction. Les finances du parti ne permettent d’offrir qu’un mince salaire à son chef — Pierre Paillé touchait 25 000 $ par année —, et le poste serait peut-être plus attirant si les aspirants-chefs qui ne sont pas députés s’exposaient à ce timide gagne-pain moins longtemps.

Mais le député Xavier Barsalou-Duval, qui songe à briguer la chefferie de son parti, a toujours été d’avis que la course devrait se tenir plus tôt que tard. « Il y a eu une position votée par le conseil général de tenir la course en 2017. Et j’entends défendre cette position, a-t-il réitéré au Devoir vendredi. Un nouveau chef a besoin de temps pour s’établir comme il faut, pour se faire connaître, pour s’habituer au fonctionnement de la culture organisationnelle. […] Ça prend du temps avant d’acquérir de nouveaux réflexes et il faut avoir le temps de s’installer. » Mario Beaulieu avait été élu chef de la formation en juin 2014, soit 14 mois avant que ne soit déclenchée la campagne électorale de l’an dernier, qu’a finalement dirigée Gilles Duceppe en revenant à la chefferie.

Si le bureau national décidait de changer d’avis lui aussi et d’entériner le report de la course à 2018, ce changement devrait ensuite être approuvé par les membres du Bloc au conseil général cet hiver .


Forces et Démocratie n’est plus

Le petit parti Forces et Démocratie, formé par l’ex-bloquiste Jean-François Fortin, n’existera plus. Le commissaire aux élections fédérales a annoncé vendredi avoir informé M. Fortin que la formation sera radiée à compter du 30 septembre.

Le commissaire, Marc Mayrand, reproche au parti d’avoir enfreint un article de la Loi électorale qui requiert la production d’un document confirmant que « l’un des objectifs essentiels du parti consiste à participer aux affaires publiques en soutenant la candidature et en appuyant l’élection d’un ou de plusieurs de ses membres ». Forces et Démocratie n’avait fait élire aucun de ses 17 candidats (dont 15 au Québec) lors de la dernière élection.

Jean-François Fortin avait créé Forces et Démocratie après avoir claqué la porte du Bloc québécois à la suite de l’élection du chef Mario Beaulieu en 2014, présentant sa nouvelle formation comme un parti voué aux intérêts des régions. Il avait annoncé son retrait de la vie politique en janvier.
1 commentaire
  • Pierre Schneider - Inscrit 10 septembre 2016 07 h 33

    Un chef à la fois

    Laissons d'abord au PQ le temps de se chosir un chef et de lui permettre de mettre en place sa nouvelle direction, ce qui peut prendre quelque temps.

    Les indépendantistes, sollicités financièremen de toutes parts, peuvent attendre 2018 pour le Bloc, d'autant plus que le chef actuel, Rhéal Fortin, accomplit un excellent travail et commence à être connu à travers le Québec et le Canada comme un combattant de l'indépendance qui n'a pas froid aux yeux.

    Faudra aussi que le prochain chef du Bloc soit en harmonie avec celui du Parti québécois.