Des universitaires réclament la libération d’Homa Hoodfar

Homa Hoodfar en mai 2013
Photo: François Pesant Le Devoir Homa Hoodfar en mai 2013

Un groupe d’universitaires montréalais demande aux gouvernements d’agir pour qu’une professeure canado-iranienne emprisonnée en Iran puisse retrouver sa liberté.

Homa Hoodfar, qui a enseigné à l’Université Concordia, est détenue à la prison Evin, à Téhéran, et de récentes informations laissent croire que sa santé s’est détériorée.

Mme Hoodfar est soupçonnée d’avoir collaboré avec un gouvernement hostile et de propagande contre l’État, des accusations forgées, selon sa famille et ceux qui l’appuient.

Des professeurs de l’Université Concordia affirment que quelque 5000 universitaires à travers le monde ont signé une pétition en appui à Mme Hoodfar et que certains se sont rassemblés devant l’ambassade iranienne à Dublin mercredi.

Kimberley Manning, de l’Institut Simone de Beauvoir à Concordia, a déclaré en conférence de presse, mercredi, qu’il s’agit du premier d’une série de gestes visant à accroître la pression sur l’Iran.

Homa Hoodfar, une professeure d’anthropologie à la retraite de 65 ans, est née en Iran, mais réside à Montréal depuis 30 ans. Elle est connue pour ses recherches sur les femmes musulmanes dans différentes régions du monde. Sa famille affirme qu’elle s’est rendue en Iran en février dernier pour voir sa famille et faire des recherches universitaires.

Mme Hoodfar avait d’abord été arrêtée en mars, peu avant son retour prévu au Canada. Elle avait été libérée sous caution, puis arrêtée de nouveau le 6 juin.

Au ministère des Affaires mondiales du Canada, on affirme être « activement engagés dans cette affaire ». Mais on reconnaît du même souffle que l’absence d’ambassade en Iran, fermée par le précédent gouvernement conservateur, complique les choses.

« [Faute d’avoir] notre propre représentation diplomatique, nous travaillons étroitement avec notre puissance protectrice [l’Italie] afin d’examiner chaque option. Les défis posés par l’absence d’une présence diplomatique ne peuvent pas être sous-estimés. Rien ne remplace la représentation directe lorsqu’il est question de protéger et de plaider pour nos Canadiens à l’étranger », écrit le porte-parole Michael O’Shaughnessy.