Le ministre Jim Carr tient à l’indépendance et à la neutralité de l’ONE

Le ministre Jim Carr a rappelé, jeudi, que son gouvernement est en train de moderniser l’ONE afin de «rétablir la confiance du public envers l’organisme».
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le ministre Jim Carr a rappelé, jeudi, que son gouvernement est en train de moderniser l’ONE afin de «rétablir la confiance du public envers l’organisme».

Le ministre fédéral des Ressources naturelles réclame indépendance et neutralité à l’Office national de l’énergie (ONE). À mots couverts, Jim Carr semble se ranger dans le camp de ceux qui exigent de nouveaux commissaires à l’ONE pour mener les audiences sur le projet de pipeline Énergie Est.

« L’indépendance et la neutralité sont des principes fondamentaux pour l’ensemble des organismes réglementaires du Canada, y compris ceux responsables de l’évaluation de grands projets tels que l’Office national de l’énergie, écrivait le ministre dans un communiqué diffusé jeudi après-midi. Les Canadiens s’attendent à ce que l’ensemble des organismes réglementaires évalue avec grand sérieux toute allégation de manquement aux principes et normes d’indépendance et de neutralité », a-t-il ajouté.

« Rétablir la confiance »

C’est l’impartialité de deux commissaires — Lyne Mercier et Jacques Gauthier — qui est en jeu. On leur reproche d’avoir rencontré Jean Charest alors que l’ancien premier ministre travaillait comme consultant pour le compte de TransCanada, l’entreprise qui veut faire approuver son projet d’oléoduc évalué à 15,7 milliards.

Sans attaquer l’ONE aussi ouvertement que le maire Coderre, le ministre Carr insiste, dans son communiqué, pour rappeler que son gouvernement est en train de moderniser l’ONE afin de « rétablir la confiance du public envers l’organisme ».

Les audiences sur le projet Énergie Est, qui devaient se tenir à Montréal cette semaine, ont été suspendues indéfiniment. Des manifestants ont réussi à empêcher la tenue de la première réunion lundi. Le lendemain, l’ONE renonçait à reprendre l’exercice tant que la question de la destitution des commissaires n’était pas tranchée.

4 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 1 septembre 2016 19 h 02

    État de choc!

    L'ONE doit être en état de choc!.... Après toutes ces années avec le gouvernement Harper et le copinage avec l'industrie pétrolière et leurs mépris envers les citoyens!... Ils doivent être en train de se pincer!...

  • Claude Bariteau - Abonné 2 septembre 2016 07 h 07

    Le comble du mépris est transparent

    Du ministre responsable de l'ONÉ, nous apprenons que ce « gouvernement est en train de moderniser l’ONE afin de [rétablir la confiance du public envers l’organisme].

    Si c'est le cas, pourquoi n'a-t-il pas suspendu ses activités concernant le projet d'Énergie Est et tous les autres ? Puis, qu'est-ce qui est en train d'être modernisé pour rétablir la confiance envers l'organisme ? Est-ce le processus d'évaluation en y intégrant des directives renforçant la dimension dite scientifique promise par le PM Trudeau ?

    Si c'est ça, l'ONÉ ne correspond pas aux objectifs visés de ce gouvernement, ce qui le disqualifie et rend ses décisions antérieures favorables aux divers projets analysés ces dernières années.

    Il en découle que les décisions prises n'étaient que des décisions politiques et que le cadrage du processus d'évaluation du projet Énergie Est doit être repensé et réactivé seulement lorsque la « modernisation » sera parachevée.

    D'ici là, le processus en cours doit être arrêté. Si ce ministre ne procède pas ainsi, sa déclaration paraîtra le comble du mépris envers le peuple québécois puisqu'il reconnaît implicitement que l'ONÉ n'est ni habilité ni crédible pour le travail qui lui est demandé.

  • Patrick Daganaud - Abonné 2 septembre 2016 09 h 35

    La confiance est définitivement perdue

    La confiance, si confiance il y a jamais eu, est définitivement perdue.

    Chacun sait que, modernisation ou pas, la corruption et les magouilles ont raison de la neutralité et de l'objectivité.

    Quant au bien collectif, les ploutocrates et leurs complices politiques s'en tapent!

  • Patrick Daganaud - Abonné 2 septembre 2016 22 h 55

    Correction

    La confiance, si confiance il y a jamais eue, est définitivement perdue.

    Merci!