Ottawa envoie une mission étudier le travail des Casques bleus au Mali

Cette «mission de reconnaissance» a pour objectif d'observer les pratiques de la MINUSMA, créée en avril 2013 pour appuyer le processus politique et rétablir la sécurité dans le pays.
Photo: Souleymane AG Anara Archives Agence France-Presse Cette «mission de reconnaissance» a pour objectif d'observer les pratiques de la MINUSMA, créée en avril 2013 pour appuyer le processus politique et rétablir la sécurité dans le pays.

Le gouvernement canadien envoie une « mission d’information » au Mali pour observer de plus près les opérations des Casques bleus des Nations unies dans ce pays.

Les hauts fonctionnaires préviennent que cette mission d’information, qui comprendra des diplomates, des militaires et des officiers de la Gendarmerie royale du Canada, ne signifie pas qu’Ottawa a arrêté sa décision concernant un déploiement de Casques bleus au Mali.

Par contre, cela démontre qu’Ottawa envisage sérieusement ce pays, même s’il s’agit d’une des plus dangereuses missions de maintien de la paix dans le monde. Depuis avril 2013, 105 Casques bleus ont été tués au Mali.

Un porte-parole du ministère de la Défense nationale, Daniel Le Bouthillier, n’a pas fourni les modalités de la mission canadienne au Mali, prétextant des raisons de sécurité.

Comprendre la MINUSMA

Il a toutefois indiqué que chaque membre de la délégation rencontrera un homologue malien. Une rencontre est aussi prévue avec les commandants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

« L’objectif de cette mission de reconnaissance est d’accroître nos connaissances et notre compréhension de la MINUSMA afin de conseiller le gouvernement, a souligné M. Le Bouthillier par courriel. La priorité est de fournir des conseils appropriés au gouvernement. »

Il a ajouté que les ministères et agences fédéraux travaillent de concert avec l’ONU afin de « déterminer l’endroit où le Canada pourra le mieux contribuer » à une mission de maintien de la paix.

Le gouvernement canadien a annoncé vendredi dernier que jusqu’à 600 soldats, dont des ingénieurs et des professionnels de la santé, se joindront à des opérations de maintien de la paix dans le monde, accompagnés d’équipement comme des aéronefs.

Ottawa n’a cependant pas précisé à quel endroit ces effectifs seront déployés ; ces décisions seront prises après consultations avec les Nations unies et d’autres capitales. Par ailleurs, une conférence sur les missions de paix de l’ONU se tiendra à Londres les 8 et 9 septembre, et le Canada doit y participer cette année.

Expertise canadienne

Le Mali semble constituer une candidature sérieuse pour un déploiement canadien en Afrique, avec la République centrafricaine, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.

Un haut responsable de l’ONU à New York a fait remarquer que les récentes expériences militaires du Canada sur des théâtres aussi complexes que l’Afghanistan, ainsi que ses capacités opérationnelles et technologiques, seraient fort utiles aux soldats canadiens participant à des missions comme celle de la MINUSMA.

De plus, les compétences des militaires canadiens de langue française seront très importantes dans des pays comme le Mali, a-t-il ajouté.