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Iran: l’anthropologue Homa Hoodfar hospitalisée

L’anthropologue irano-canadienne Homa Hoodfar a d’abord été arrêtée en mars dernier, puis de nouveau en juin.
Photo: Amanda Ghahremani / La Presse canadienne L’anthropologue irano-canadienne Homa Hoodfar a d’abord été arrêtée en mars dernier, puis de nouveau en juin.
La famille de la Canadienne Homa Hoodfar craint que celle-ci ne survive pas à la tristement célèbre prison d’Evin, en Iran, où elle croupit depuis maintenant près de trois mois.

L’état de santé de la professeure retraitée de l’Université Concordia, à Montréal, s’est sérieusement détérioré, si bien qu’elle a dû être hospitalisée il y a environ un mois, selon sa nièce Amanda Ghahremani.

Il y a donc urgence d’agir, « surtout maintenant, après l’hospitalisation », a-t-elle souligné mardi en entrevue avec Radio-Canada.

« Je ne pense pas que ma tante a beaucoup de temps, et j’ai peur qu’avec ses conditions médicales et avec sa faiblesse, elle ne va pas pouvoir survivre aux conditions dans la prison d’Evin », a dit Mme Ghahremani.

La professeure Hoodfar, sur qui pèseraient des soupçons d’activités à caractère féministe et d’activités qui auraient compromis la sécurité du pays, a été incarcérée dans la funeste prison d’Evin.

C’est là que la photojournaliste canadienne Zahra Kazemi aurait été torturée et violée avant d’être assassinée en 2003.

La Canadienne d’origine iranienne avait été arrêtée alors qu’elle effectuait un reportage sur des manifestations devant le sinistre établissement.

Affaires mondiales Canada assure que le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, son secrétaire parlementaire aux affaires consulaires, Omar Alghabra, et l’ensemble du gouvernement « sont très préoccupés par la santé, le bien-être et la détention de Mme Hoodfar ».

Son dossier est considéré comme « une priorité », et le Canada travaille avec ses alliés afin qu’elle « soit libérée et puisse retrouver ses proches », a indiqué le ministère par voie de communiqué.

L’absence de représentation diplomatique canadienne en Iran complique cependant sérieusement la donne, a-t-on fait valoir. « Rien ne remplace une représentation directe pour protéger et défendre les citoyens canadiens à l’étranger », a exposé Affaires mondiales Canada.

Ottawa a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en septembre 2012. Le gouvernement conservateur avait alors annoncé la fermeture immédiate de l’ambassade canadienne en Iran et l’expulsion du pays de tous les diplomates iraniens en poste au Canada.

Née en Iran, Mme Hoodfar est établie à Montréal depuis 30 ans, où elle a enseigné à l’Université Concordia. L’anthropologue de 65 ans a mené des recherches sur les femmes musulmanes dans diverses régions du monde.

Pour Amnistie internationale, Mme Hoodfar est sans l’ombre d’un doute une prisonnière d’opinion.

« Nous sommes très clairs sur le fait qu’elle doit être libérée immédiatement et sans conditions », a insisté mardi le secrétaire général de l’organisation au Canada, Alex Neve.

Il dit croire que le gouvernement canadien et le ministre Dion prennent effectivement l’affaire au sérieux et la traitent de façon prioritaire.

« Mais les nouvelles que nous apprenons aujourd’hui indiquent clairement que les efforts canadiens doivent s’intensifier », a déclaré M. Neve en marge d’une conférence de presse au parlement, mardi matin.

Hoda Hoodfar s’était rendue en Iran au début du mois de février pour visiter des proches et mener des recherches archivistiques à la bibliothèque parlementaire de Téhéran, d’après sa famille.

La professeure à la retraite avait été arrêtée une première fois en mars, peu avant de quitter l’Iran, et s’était vue interdire de sortir du pays.

Elle a été arrêtée à nouveau le 6 juin et incarcérée à la prison d’Evin, à Téhéran.
 
8 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 30 août 2016 11 h 57

    Le minimum...

    Le minimum est pour le Canada de ne pas laisser les choses se faire sans l'exercice pour lui d'une pression politique extrême sur l'Iran. Ce minimum doit s'accompagner de mesures fortes visant à contraindre ce pays à accepter les visites d'un(e) représentant canadien à cette dame.
    Le Canada est-il un pays qui compte à l'échelle de l'influence mondiale, ou bien n'est-il qu'une monarchie de bananes sans mordant ?
    Pour tout dire, la déclaration molle et sans force du ministre Dion qui est rapportée ici ne me donne pas l'impression d'une très grande motivation à agir de ce pays.
    La professeure Hoodfar ne serait-elle pour Ottawa que d'une demi-nationalité canadienne, celle-ci ne méritant que des voeux pieux, puisqu'elle est de deux nationalité ?
    Nous sommes en droit de nous en poser la question.

    Merci de m'avoir lu.

  • Johanne Fontaine - Inscrite 30 août 2016 13 h 24

    Qu'attend donc Stéphane Dion?

    Qu'attend donc notre ministre des affaires internationales,
    Stéphane Dion,
    pour dépêcher une mission diplomatique
    afin de ramener cette éminente universitaire?

    • Johanne Fontaine - Inscrite 30 août 2016 14 h 20

      @Stéphane Dion
      J'ai contacté l'ex-diplomate
      Gilles H. Duguay
      (Le Triangle Québec-Ottawa-Paris ed. Septentrion)
      afin d'obtenir des lumières
      au sujet de la stratégie à adopter,
      vu que, d'ici, rien ne bouge depuis trois mois
      et que Homa H. semble aux dernières extrémités...
      Chose certaine:je ne voudrais pas être à sa place,
      dans le pays des ayatollahs.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 30 août 2016 18 h 30

      Il pourrait en profiter pour vendre des armes aux Iraniens,lui la clarté personnifiée.Pour ce qui est de proitéger les citoyens,c'est une autre paire de manche. L'expression "monarchie de bananes sans mordant" deviendra-t-elle consacrée?

    • Cécile Comeau - Inscrite 30 août 2016 23 h 54

      Dion pourrait peut-être envoyer son secrétaire parlementaire. En effet, Justin Trudeau a nommé en décembre 2015 Omar Alghabra au poste de secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères. Alghabra est en faveur de l'implantation de tribunaux de la charia au Canada et il a siégé comme président de la Canadian Arab Foundation, un organisme déclaré « radical et antisémite » par le gouvernement canadien.

  • Colette Pagé - Inscrite 30 août 2016 18 h 57

    Laxisme du Canada

    Depuis des lustres le Canada se traîne les pieds en regard de leurs citoyens emprisonnés à l'étranger. À cet égard la France dont le Canada pourrait s'inspirer a une longueur d'avance.

    On tergiverse puis pendant ce temps cette universitaire risque sa vie.

  • Cécile Comeau - Inscrite 30 août 2016 23 h 45

    Comme Zahra Kazemi

    Malheureusement, madame Hoodfar va être sacrifiée sur l'autel de l'islamisme. Chiite ou sunnite, c'est le même. Qui va se décarcasser pour elle au gouvernement du Canada ou du Québec? Nos premiers ministres? Les droits de la personne ne sont pas pour ceux et celles qui combattent l'obscurantisme, mais pour ceux qui le promeuvent. Pas d'amalgame, pas d'islamophobie, pas de xénophobie. Nos premières ministres se voilent en Alberta et en Ontario, tandis que Trudeau et Couillard vivent ensemble, se complaisent et s’encensent dans leur mutuelle adoration. Et cette pauvre femme sacrilège de la religion du multiculturalisme au nom duquel on tolère tout? Bof! Les libéraux du Canada ou ceux du Québec sont bien de la même engeance qui n’inspire que mépris.

  • Cécile Comeau - Inscrite 31 août 2016 00 h 09

    Justin et son grand ami Omar.

    Vous souvenez-vous quand Justin Trudeau avait réduit l'attentat de Nice à un "acte insensé" et il a offert mièvrement "toute la collaboration du Canada pour lutter contre le terrorisme." Plutôt mou comme réaction. Cette mollesse ne changera pas plus en ce qui a trait à madame Hoodfar. Elle pourrait s’expliquer par le fait suivant relaté dans un article du Huffington Post Québec du 01-07-2016; article rédigé par François Doyon et intitulé L'islamisme au Canada: sortons-nous la tête du sable, et duquel je cite un court paragraphe où il est écrit textuellement ceci : « Justin Trudeau a nommé en décembre 2015 Omar Alghabra au poste de secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères. Alghabra est en faveur de l'implantation de tribunaux de la charia au Canada et il a siégé comme président de la Canadian Arab Foundation, un organisme déclaré « radical et antisémite » par le gouvernement canadien. ». Fin de la citation.
    Source : http://quebec.huffingtonpost.ca/francois-doyon/isl