Trudeau a insisté sur les défis à venir en marge de la retraite du cabinet

Après avoir réitéré la promesse de son gouvernement d’établir de nouvelles bases dans les relations entre le gouvernement fédéral et les peuples autochtones du Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est prêté au jeu des photos avec des enfants en costumes traditionnels.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Après avoir réitéré la promesse de son gouvernement d’établir de nouvelles bases dans les relations entre le gouvernement fédéral et les peuples autochtones du Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est prêté au jeu des photos avec des enfants en costumes traditionnels.

Justin Trudeau a clos lundi la retraite de deux jours du Conseil des ministres en insistant sur les défis qui attendent son gouvernement en vue de l’atteinte des objectifs qu’il s’est fixés.

À l’occasion de cette retraite à Sudbury, en Ontario, le Conseil s’est concentré sur les événements à venir cet automne, qui devrait s’avérer chargé pour le gouvernement Trudeau.

Le premier ministre est revenu sur les réalisations de la précédente session parlementaire, mais a tout de même admis que la charge de travail qui attend son équipe et lui-même est plus grande que celle du passé.

M. Trudeau n’a pas manqué de mentionner l’une des ambitieuses promesses de son gouvernement : celle d’établir de nouvelles bases dans les relations entre le gouvernement fédéral et les peuples autochtones du Canada.

Il a toutefois souligné que certaines décisions ne seront pas faciles à prendre. Ces propos font écho à la mise en garde faite la veille par un conseiller des libéraux, Michael Barber.

Les ministres ont été avertis par ce Britannique — spécialiste de l’art pour un gouvernement de respecter ses engagements — qu’ils étaient sur le point d’amorcer une année difficile et qu’ils devront prendre des décisions qui ne plairont pas à tous.

La lune de miel entre la population canadienne et le gouvernement Trudeau s’est étirée sur les dix premiers mois de leur mandat.

Justin Trudeau a longuement parlé lundi des souffrances vécues pas les peuples des Premières Nations et insisté sur l’importance de prendre le pas vers la réconciliation. « Les Canadiens nous disent que les droits des Autochtones sont des droits au même titre que ceux de la femme, a-t-il dit. Sachez que notre gouvernement ne se reposera pas avant d’avoir fait en sorte que les conditions de vie des Autochtones de partout au pays soient meilleures. »

M. Trudeau a toutefois reconnu que le processus sera long et complexe. Il s’est par ailleurs dit touché par le soutien exprimé samedi soir par le chanteur du groupe Tragically Hip, Gord Downie, à l’occasion du dernier concert de la formation musicale.

Les 30 ministres libéraux ont séjourné à l’Université Laurentienne, dans une résidence pour étudiants de Sudbury.

Le premier ministre Justin Trudeau et les membres de son cabinet concluaient, lundi soir, leur retraite de deux jours avec un barbecue communautaire auquel 2000 personnes étaient attendues.


Transferts en santé: Gaétan Barrette critique le fédéral

Ottawa — Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, y va d’une nouvelle charge contre le gouvernement fédéral, qu’il accuse d’adopter une « stratégie d’évitement publique » dans le dossier des transferts en santé.

Il se dit « alarmé » par le fait que cet enjeu pourtant crucial pour les provinces n’ait pas semblé faire partie des priorités lors de la retraite du conseil des ministres fédéral, qui s’est conclu lundi après-midi à Sudbury en Ontario.

« Un budget, ça commence à se préparer en juin. Ça se concrétise maintenant, tant chez nous [au Québec] que chez eux [au fédéral] », a-t-il souligné en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne en début d’après-midi, lundi.

« Je peux vous assurer qu’en date d’aujourd’hui, il n’y a pas eu de travaux significatifs sur une négociation de transferts en santé au Canada. Il n’y en a pas. Il n’y en a juste pas », s’est-il insurgé, se disant « très pessimiste » face à la situation.

Car selon le ministre Barrette, les négociations piétinent à quelques mois de l’échéance de l’entente conclue en 2004, qui prévoyait des hausses automatiques annuelles des transferts en santé de 6 %.

L’ancien gouvernement conservateur avait prévu les abaisser à partir de 2017, et les arrimer à l’augmentation annuelle du PIB, avec un minimum garanti de 3 %.

Le nouveau gouvernement de Justin Trudeau doit cesser de se défiler : s’il ne compte pas ajuster les transferts, qu’il l’admette « ouvertement », a demandé Gaétan Barrette.

« Qu’il le dise ! Nous, on va prendre le relais et on va expliquer à la population que la conséquence, c’est une attaque, une atteinte, à la hauteur des services qu’on donne à la population », a-t-il martelé.

Le ministre assure que ses homologues provinciaux et territoriaux sont « unanimement déçus » de la façon dont ce dossier progresse, et qu’ils s’entendent tous sur le fait que le vieillissement de la population doit être pris en considération dans le calcul du montant du transfert.

Le gouvernement fédéral semble pour sa part privilégier l’idée de procéder par enveloppe ciblée, en allouant des sommes spécifiquement à certains domaines — les soins à domicile, par exemple.


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