La BDC réitère sa confiance en son président

Michel Vennat, l'homme qui a participé à une vendetta contre François Beaudoin, jouit toujours de la pleine confiance du conseil d'administration de la Banque de développement du Canada (BDC).

Le conseil a «unanimement réitéré sa pleine confiance» en son président et chef de direction lors d'une réunion tenue hier matin. Malgré la sévère critique formulée à l'encontre de M. Vennat dans une récente décision du juge André Denis, la question de son leadership n'était même pas à l'ordre du jour. Et elle ne le sera jamais. Ce débat relève du politique, a dit Guy G. Beaudry, le premier vice-président des affaires institutionnelles à la BDC.

Dans un jugement favorable à l'ex-p.-d.g. de la Banque de développement du Canada, François Beaudoin, le juge Denis n'a accordé aucune crédibilité au témoignage de M. Vennat, qui «se contredit et est contredit par la preuve à de nombreuses reprises». Nommé à la BDC en 1998, cet ami personnel de Jean Chrétien a poussé François Beaudoin à prendre une retraite hâtive.

C'est Michel Vennat qui a orchestré une saisie jugée «vexatoire, mesquine et illégale» à la maison, au chalet et au bureau de François Beaudoin, sous la supervision de l'avocat Éric Simard, un ancien vice-président régional du Parti libéral du Canada.

C'est encore Michel Vennat qui a talonné les représentants du vérificateur général pour qu'ils enquêtent sur la gestion de la BDC sous Beaudoin, à un point tel que ceux-ci ne détenaient plus «l'autorité morale et la distance nécessaire» pour compléter leur travail en toute sérénité, a estimé le juge Denis.

C'est le même Michel Vennat qui a enfin déposé deux plaintes criminelles contre François Beaudoin sans que le substitut du procureur général y donne suite.

François Beaudoin est convaincu qu'il a fait l'objet d'une vendetta politique pour avoir refusé de consentir un prêt à l'Auberge Grand-Mère, qui était la propriété d'Yvon Duhaime, un autre ami de Jean Chrétien. «La férocité, voire la méchanceté avec laquelle il a été traité [...] lui permettent certainement de penser comme il le fait», tranchait le juge Denis dans sa décision du 6 février.

La Banque de développement du Canada a d'ailleurs choisi de ne pas porter en appel ce jugement qui accorde

220 000 $ en indemnité de départ à M. Beaudoin, de même qu'une pension annuelle, à vie, de 200 000 $ rétroactive au 27 janvier 2001.

Le conseil d'administration de la BDC se targue d'avoir reçu deux avis juridiques de l'ex-juge en chef de la Cour d'appel du Québec, Claude Bisson, et de l'avocat de la BDC, Reynold Langlois, indiquant que la décision du juge Denis est mal fondée en droit. Mais «dans l'intérêt des employés et des clients», la BDC a choisi de clore ce chapitre, a fait savoir par voie de communiqué le président du conseil, Cedric E. Ritchie. «On peut présumer que la mauvaise publicité fait partie des facteurs pris en considération dans cette décision», a dit M. Beaudry.