Trudeau nomme la première femme leader parlementaire d’un gouvernement

Bardish Chagger conserve son ministère en plus de devenir la première femme leader parlementaire du gouvernement.
Photo: Fred Chartrand Archives La Presse canadienne Bardish Chagger conserve son ministère en plus de devenir la première femme leader parlementaire du gouvernement.

Ottawa — Les libéraux se félicitent d’avoir fait éclater un plafond de verre en nommant pour la première fois une femme au poste de leader parlementaire du gouvernement en Chambre.

Le premier ministre Justin Trudeau a choisi la députée ontarienne d’origine sikhe Bardish Chagger pour succéder à Dominic LeBlanc dans le cadre d’un mini-remaniement annoncé vendredi après-midi.

La députée, qui a été élue pour la première fois en octobre dernier dans la circonscription de Waterloo, s’est réjouie de cette « formidable occasion ».

Elle a assuré que malgré son manque d’expérience en politique fédérale, elle saurait être à la hauteur du défi qui lui a été confié.

« J’ai été impliquée en politique pratiquement toute ma vie. Je sais ce que devrait être la démocratie », a fait valoir Mme Chagger en point de presse dans le foyer des Communes.

Dans l’entourage du premier ministre, on insistait beaucoup sur l’arrivée d’une première femme dans le rôle de leader parlementaire du gouvernement ainsi que sur les origines ethniques de l’élue âgée de 36 ans seulement.

Ainsi, Gerald Butts, secrétaire principal de M. Trudeau, relayait des gazouillis, vendredi après-midi, où on disait de Mme Chagger qu’elle est, en 149 ans, « la première personne qui n’est pas un homme blanc à être leader parlementaire du gouvernement ».

Au bureau du premier ministre, on semblait cependant moins enthousiaste à l’idée de commenter le fait que Mme Chagger, qui occupe un poste crucial au sein du gouvernement, ne maîtrise pas les deux langues officielles.

« C’est un travail d’équipe », s’est contenté d’offrir l’attaché de presse Cameron Ahmad.

Il a préféré insister sur le fait que la ministre « comprend très bien le français », qu’elle « est en train de prendre des cours » et qu’« elle va s’améliorer ».

La principale intéressée, qui dit avoir fréquenté une école d’immersion française dès la première année du primaire, a pour sa part plaidé qu’elle n’avait pas encore suffisamment confiance en elle pour discourir dans la langue de Molière.

Bardish Chagger conserve le ministère de la Petite Entreprise et du Tourisme, qu’elle détenait avant ce petit jeu de chaises musicales.

Le premier ministre a dû rebrasser ses cartes au printemps, après la démission de son ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière, Hunter Tootoo. Il est parti du cabinet et du caucus libéral en raison d’une relation

Le ministre LeBlanc, qui avait hérité de ce portefeuille, le conservera de façon permanente. Il « obtiendra également d’autres responsabilités dans les jours à venir », est-il écrit dans un communiqué du bureau du premier ministre.

Pour l’élu du Nouveau-Brunswick, la perte du rôle de leader parlementaire est un recul. Sa gestion des affaires du gouvernement en Chambre avait été critiquée par les partis d’opposition, qui lui avaient reproché d’abuser des motions limitant les débats parlementaires.

Le leader parlementaire se doit de négocier avec ses homologues des partis de l’opposition pour le bon déroulement des débats aux Communes.

Or, l’opposition lui reprochait son intransigeance. Les choses ont véritablement tourné au vinaigre en mai, lorsque Dominic LeBlanc a déposé la motion 6, que l’opposition a qualifiée de véritable camisole de force.

De fil en aiguille, le climat s’est détérioré en Chambre, les tensions culminant avec l’incident du « elbowgate », lors duquel le premier ministre Trudeau a accidentellement assené un coup de coude à une députée néodémocrate en traversant la pièce.

La ministre Chagger a offert peu de détails sur le style qu’elle compte adopter, affirmant être « très fière » du travail qui a déjà été accompli et disant vouloir « continuer à relever la barre » pour que le Parlement soit plus ouvert et transparent.

Son prédécesseur, qui avait laissé entendre en juin que le ministère des Pêches lui plaisait particulièrement, n’était pas à Ottawa vendredi.

« Je veux féliciter Bardish Chagger pour son nouveau poste. Elle sera fantastique et j’ai hâte de travailler avec elle dans son nouveau rôle », a écrit M. LeBlanc sur son compte Twitter.

Le premier ministre Trudeau ne s’est pas non plus rendu disponible aux médias, vendredi, pour expliquer ses choix.

Lui aussi s’est tourné vers Twitter pour féliciter la nouvelle leader parlementaire.

« Notre gouvernement travaille dans l’ouverture et la transparence pour les Canadiens. Je sais que Bardish Chagger collaborera avec tous les partis », a-t-il écrit.

Des chambres pour étudiants

Ottawa — Les 30 ministres du gouvernement de Justin Trudeau séjourneront ce week-end dans une résidence pour étudiants.

Après que les deux dernières retraites du cabinet eurent coûté près d’un demi-million de dollars, ce recueillement sera nettement plus modeste.

Les ministres libéraux séjourneront pendant deux jours dans les résidences de l’Université Laurentienne de Sudbury, en Ontario.

La directrice des communications de la Chambre des communes, Kate Purchase, souligne que les ministres ont été jumelés de manière à ce que le tout se déroule dans la bonne entente.

En janvier dernier, c’est dans une chic station balnéaire du Nouveau-Brunswick qu’étaient hébergés les politiciens, pour un débours total de 174 321 $, indique le bureau du Conseil privé.

La première retraite ministérielle des libéraux avait entraîné des dépenses de 248 934 $. Cet exercice de cohésion d’équipe avait été organisé dans un établissement de luxe, dans les montagnes albertaines.

Le but premier du séjour à l’Université Laurentienne ne serait toutefois pas de réaliser des économies, mais bien d’assurer que les élus demeurent sur le plancher des vaches.


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4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 20 août 2016 07 h 07

    2016

    Nous sommes en 2016,pardi!

  • Pierre Robineault - Abonné 20 août 2016 10 h 14

    Parfois

    Parfois je me demande si Justin Trudeau est chef d'un parti ou organisateur d'un party.

  • François Beaulne - Abonné 20 août 2016 10 h 28

    Pas bilingue?

    Vraiment je n'arrive pas à suivre Justin Trudeau! Récemment il faisait tout un plat en annonçant que les prochains juges de la Cour Suprême devraient être bilingues, en faisant siennes les demandes du NPD que les postes séniors de la Fonction Publique fédérale soient bilingues. Voeux pieux ou intentions réelles? On peut commencer à en douter. S'il est un poste parlementaire qui exige le bilinguisme c'est bien celui de Leader Parlementaire. Cette fonction est essentiellement responsable de la coordination des travaux entre les différentes formations politiques représentées à Ottawa et du bon fonctionnement du processus législatif, ce qui implique, par nature, des communications régulières avec les principaux intervements en Chambre. Or, est-ce dire que la nomination de cette unilingue anglophone à ce poste névralgique obligera les députés du Bloc Québécois ou de toute autre formation politique à ne s'adresser à elle qu'en anglais? Il commence de plus en plus en plus à paraître sous le jupon que le gouvernement Trudeau c'est surtout et avant tout le gouvernement de l'Ontario multiculturel.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 août 2016 07 h 08

      Je vous donnerai raison là-dessus M. Baulne.

      Le site de Bardish Chagger n'est qu'en anglais, et il est même présenté comme tel :


      " L’honorable Bardish Chagger ":

      http://www.parl.gc.ca/Parliamentarians/fr/members/

      .