Les intentions d’Ottawa se précisent

Des Casques bleus devant les cercueils de deux des leurs tués à Bamako en juillet dernier
Photo: Habibou Kouyate Agence France-Presse Des Casques bleus devant les cercueils de deux des leurs tués à Bamako en juillet dernier

À l’issue de sa tournée de collecte d’information en Afrique, le ministre de la Défense dit avoir une idée très claire du nombre de soldats qu’il déploiera dans des missions d’appui à la paix sur le continent.

« J’ai un chiffre que nous annoncerons bientôt et qui pourra être maintenu à long terme », a affirmé Harjit Sajjan, en conférence téléphonique depuis la République démocratique du Congo (RDC), lundi. Le ministre de la Défense n’a pas fourni davantage de précisions sur les pays et les régions où des Canadiens pourraient être déployés, disant ne pas disposer de toute l’information nécessaire à cette prise de décision.

L’analyse des besoins ne se fera pas nécessairement par pays, mais bien par région, a expliqué le ministre. « Si nous étudions les problèmes en nous fiant uniquement aux frontières des pays, nous n’aurons pas de véritable impact », a-t-il fait valoir à l’autre bout du fil.

Choisir ses mots

Pour décrire ces futures missions, M. Sajjan a préféré employer le terme « appui à la paix » plutôt que celui de « maintien de la paix ».

Car la terminologie remontant à l’époque de la création des Casques bleus, il y a plusieurs décennies, ne reflète plus la nature nettement plus complexe des conflits, a insisté le ministre, un lieutenant-colonel à la retraite qui a notamment servi à trois reprises en Afghanistan.

« Il n’y a pas d’entente en place qui puisse nous permettre de nous insérer entre deux parties et de maintenir la paix entre les deux côtés. Des groupes radicaux sont impliqués, le crime organisé [est impliqué] », a-t-il souligné.

Les Nations unies, qui chapeautent de nombreuses opérations de paix un peu partout sur la planète, se sont-elles ajustées à ce nouveau paradigme ? « Je dirais qu’elles sont en train de s’adapter », a répondu M. Sajjan.

À l’heure actuelle, un peu plus d’une centaine de policiers et de militaires canadiens contribuent à des missions sous l’égide des Nations unies. La vaste majorité d’entre eux (75 sur 106) étaient stationnés en Haïti, en date du 30 juin.