Terrebonne et Mascouche attendent des réponses

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau

Comme Saint-Cuthbert dansLanaudière, les villes de Terrebonne et de Mascouche demandent à Ottawa d’empêcher la construction d’un aérodrome sur son territoire. En attente d’une décision de Transports Canada, elle espère avoir convaincu le ministre Marc Garneau que le projet pose des risques à la sécurité.

« C’est un projet inacceptable à tous les égards : sur le plan de la sécurité, de l’aménagement », plaide le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, dont la pétition contre le projet a récolté plus de 6000 signatures ces derniers mois.

« On va raser des boisés d’intérêt métropolitain. Ça vient tout annuler les efforts qu’on a faits pour les protéger. »

Le maire est tombé des nues à la fin 2015 quand il a su que l’aérodrome de Mascouche se préparait à déménager sur une partie de son territoire sans que la Ville ait son mot à dire. « Ils nous ont mis devant le fait accompli. »

Rappelons que les projets d’aérodromes relèvent des lois fédérales sur l’aéronautique et ne sont plus soumis aux lois provinciales ni municipales depuis un jugement de la Cour suprême en 2010. D’autres villes se sont ainsi fait imposer des projets ces dernières années à Neuville et plus récemment à Saint-Cuthbert.

En mars, le ministre fédéral des Transports Marc Garneau a fait un arrêté ministériel pour bloquer le projet en attendant que le promoteur (la Corporation de l’aéroport de Mascouche) tienne une consultation et que le ministère puisse l’évaluer.

Au ministère, on a répondu cette semaine que la Corporation avait transmis à Transports Canada un rapport des commentaires reçus lors de la consultation et que « Transports Canada est toujours à analyser l’ensemble des éléments de ce dossier ».

Selon le maire de Terrebonne, les échanges avec le ministre Garneau sont positifs. « On a rencontré le ministre il y a environ un mois pour faire le tour du dossier, et présentement, on est en attente d’une décision. Je dois dire qu’il a été d’une très bonne écoute à notre endroit. »

Terrebonne est particulièrement préoccupée par les enjeux de sécurité dans ce dossier. Le site choisi par les promoteurs est situé à proximité d’un site d’enfouissement où on fait de la captation de méthane. « Si un avion tombe là-dessus, il y a un danger d’explosion. » De plus, ajoute-t-il, on trouve de l’autre côté l’entreprise General Dynamics, qui fabrique des agents propulsifs et munitions.

« Dans le dossier du train de l’Est, le BAPE avait recommandé de construire un mur de protection à cause des opérations de General Dynamics. Si on prend ça en considération pour un train de banlieue, imaginez pour des avions ! »

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