Retrait des DOT-111: un «pétard mouillé», selon les Méganticois

Le ministre fédéral des Transports a confirmé, lundi, que les wagons-citernes DOT-111, comme ceux qui avaient explosé lors du déraillement à Lac-Mégantic, ne pourront plus transporter de pétrole brut dès le 1er novembre.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le ministre fédéral des Transports a confirmé, lundi, que les wagons-citernes DOT-111, comme ceux qui avaient explosé lors du déraillement à Lac-Mégantic, ne pourront plus transporter de pétrole brut dès le 1er novembre.

L’annonce par Ottawa du retrait anticipé des wagons-citernes DOT-111, mis en cause dans la tragédie de Lac-Mégantic, n’est qu’un « pétard mouillé », estime le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur.

« Tout ce que le ministre fait, c’est s’harmoniser avec les États-Unis », a lancé le Méganticois dans un entretien avec Le Devoir, lundi. Plus tôt dans la journée, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a confirmé le retrait des wagons DOT-111 destinés au transport du pétrole brut au 1er novembre 2016, plusieurs mois avant les échéanciers prévus.

Pour appuyer cette décision, le ministre Garneau a insisté sur l’importance de « protéger les Canadiens » et d’améliorer « la sécurité des communautés établies le long de nos lignes de chemin de fer ». Des justifications que Robert Bellefleur a prises avec un grain de sel. « Le ministre accélère le retrait des wagons parce que les Américains ont annoncé qu’ils allaient de l’avant un an avant le Canada », a-t-il réagi.

En juillet 2014, le département américain des Transports a bel et bien annoncé qu’il se donnait deux ans pour retirer les wagons-citernes DOT-111 transportant du pétrole brut ou de l’éthanol. L’annonce du gouvernement canadien arrive donc au terme de cette échéance.

Pas moins de 28 000 wagons transportant du pétrole brut circulent au Canada et aux États-Unis. Les nouvelles règles canadiennes s’appliqueront à l’ensemble de ceux-ci, même s’ils ne sont qu’en transit au Canada.

La réglementation canadienne concerne uniquement le pétrole brut. Elle n’affecte donc pas le transport d’autres substances dangereuses. Les compagnies ferroviaires qui seront prises en défaut devront payer des amendes, dont les montants n’ont pas été divulgués par le ministre.

Voie de contournement

 

Par ailleurs questionné sur la voie de contournement que réclament depuis trois ans les résidants de Lac-Mégantic, Marc Garneau a répété que l’échéancier pour les études en cours était le mois d’avril 2019. « Il reste encore deux phases. Il faut qu’il y ait une évaluation environnementale, que le gouvernement du Québec examine les terres agricoles à travers lesquelles passerait cette voie de contournement, qu’il y ait une détermination plus approfondie des coûts », a-t-il déclaré.

Là encore, la réponse a déplu à Robert Bellefleur, qui n’en peut plus de voir les trains circuler en plein coeur de sa ville. « On parle d’une voie de 12 kilomètres. Je m’excuse du mot, mais on nous niaise », a-t-il lâché.

Si le projet de voie de contournement est accepté, la construction de la voie de contournement ne commencerait pas avant 2021 ou 2022. « Imaginez, la Caisse de dépôt propose un SLR de 67 km en pleine zone urbaine qui serait fonctionnel en 2020 », a comparé M. Bellefleur. Selon lui, le processus devrait être accéléré afin de soulager les traumatismes qu’a laissés chez la population de Lac-Mégantic le déraillement d’un train qui a fait 47 morts, le 6 juillet 2013.

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